La première fois que j'ai consulté quelqu'un pour les problèmes de sommeil de ma fille, elle m'a donné un très bon conseil : celui de me concentrer sur le "Ici et maintenant"et de ne pas psychoter sur ce qui se passera potentiellement le lendemain ou le surlendemain. J'essaye au quotidien d'appliquer ce conseil du mieux que je peux et de me dire qu'à chaque jour suffit sa peine, mais souvent quelquefois c'est vraiment difficile. A la base j'ai déjà un tempérament stressé / anxieux à l'extrême / confiance en moi à zéro / hypocondriaque / catastrophiste, mais depuis que je suis maman c'est encore pire. Quand on est maman on a peur tout le temps. Là par exemple on est en août, donc je devrais me dire "youpi je suis en vacances ; trois semaines sans être au boulot profitons-en". Ca, c'est la théorie.

En pratique, je vois poindre le mois de septembre, et dans mes tripes c'est Verdun... Septembre, c'est le mois de ce putain de séminaire de merde de 4 jours loin de chez moi, avec des gens que je ne connais pas, et qui plus est, on y va en cercueil volant (mais honnêtement là tout de suite ce n'est même pas de prendre l'avion qui me pose problème). Je n'ai pas envie de partir 4 jours. Je n'ai pas envie que ma fille soit triste / perturbée parce que je ne suis pas à la maison. Je n'ai pas envie qu'elle me fasse payer mon absence quand je reviendrai si je reviens. Je n'ai pas envie de me taper des conférences de merde qui ne m'intéressent pas. Je n'ai pas envie de stresser chaque matin avant le petit déjeuner à l'idée que mes collègues y aillent sans moi et que je doive me rendre toute seule à la salle de petit déj. Je préfère encore ne pas déjeuner. Je n'ai pas envie de bouffer au resto midi et soir et de prendre douze kilos ; j'ai déjà bien assez de mal à perdre mes kilos de grossesse. Je n'ai pas envie d'aller à leur soirée de gala à la con, surtout si c'est pour qu'on me dise "allez viens danser !". Je ne veux pas danser, j'ai l'air con quand je danse. J'ai un manche à balai dans le cul et aucun sens du rythme. Puis j'aime pas ça, merde. Je n'ai pas envie d'entendre la femme de mon patron (qui est accessoirement mon ancienne patronne) appeler son assistante "OHRORE". Elle peut pas prononcer "Aurore" comme tout le monde ; non il faut qu'elle dise Ohrore. C'est insupportable. Je n'ai pas envie de faire la bise à des gens que je ne connais pas et qui n'en ont rien à branler de ma gueule, comme je n'ai rien à branler de la leur d'ailleurs. Je n'ai pas envie de me retrouver toute seule. A chaque fois que je suis dans un groupe, je finis toujours par me retrouver toute seule. Toujours. Ca a toujours été comme ça, depuis l'école maternelle. La dernière fois, c'était lors du dernier séminaire en 2017; deux de mes collègues étaient tout le temps fourrées ensemble à parler du lycée (elles étaient dans la même classe en terminale mais elle ne traînaient pas ensemble). Bref elles ont passé les 3 heures et demi de route à parler du lycée, puis ensuite 4 jours à parler du lycée. Il devait s'en passer des choses passionnantes au Lycée du Père Trouduc pendant l'année 2004-2005. Du coup je me retrouvais plus ou moins avec ma troisième collègue, qui elle, aime bien aller traîner avec des assistantes de Toulon, ou de La Rochelle ou je ne sais plus où d'ailleurs car je m'en branle complètement.

Bref toujours est-il qu'après l'activité char à voile (où j'ai été confondante de ridicule), on est remontées en même temps pour enlever nos tenues dans le hangar à bateaux, et là... bah elle s'est barrée. Comme ça, sans me dire un seul mot. Elles s'est juste barrée sur la plage rejoindre les deux autres (qui devaient parler du lycée sans doute). Pourtant on ne s'était pas du tout pris la tête ni rien. Je me suis retrouvée comme une conne avec les autres groupes de filles que je ne connaissais pas, et là putain je vous jure j'ai eu envie de pleurer comme une gamine. J'avais l'impression de revenir 20 ans en arrière, je me sentais ridicule (surtout que mon ancienne patronne était là). J'ai eu envie de me tirer de là et d'aller chialer dans ma chambre d'hôtel ; sauf que je ne pouvais pas car on était à quinze bornes de l'hôtel. Quand je les ai retrouvées toutes les trois dans le car, l'une d'elles a arrêté un moment de parler du lycée et m'a demandé : "Je peux me mettre à côté de toi ou tu veux rester toute seule ?" Je n'ai pas compris sa question... Je n'avais absolument pas demandé à rester toute seule ; c'était l'autre qui s'était barrée !

Bref c'est vraiment sur ce point que je veux travailler avec les spécialistes de l'autisme, car je pense que je dois inconsciemment faire quelque chose pour toujours me retrouver toute seule ; et de toute façon le fait que je fasse des crises d'angoisse à l'idée de me retrouver dans ce séminaire n'est pas normal. J'en suis limite à me dire que si on me trouve un truc grave à la thyroïde (j'ai rendez-vous pour ponctionner les nodules le 13/09), je serai hopitalisée et je n'irai pas à son truc de merde. C'est grave quand même d'en être rendue là :-(((( J'espère pouvoir voir la psychologue avant de mourir partir, même si on n'aura pas le temps de résoudre grand chose en une seule séance. Je vous referai un point sur mon dossier TSA quand je l'aurai vue, mais là je dois attendre le 3 septembre pour l'appeler car elle a eu la bonne idée d'enchaîner des vacances juste après son congé maternité il y en a quand même qui calculent bien leur coup pour pondre au bon moment je trouve. Donc bref ce n'est pas demain la veille. A suivre !