Le blog de Dawn Girl

02 février 2019

Bilan provisoire (enfin j'espère ^^)

Photo

La photo dont je parlais dans ce post

 

J'ai donc eu le compte-rendu de la psychologue concernant les tests visant à rechercher un TSA. Comme elle n'est pas médecin, ce compte-rendu devra être validé par un psychiatre, mais cela me déblaye déjà le terrain et me confirme ce que je pensais.

Le document fait 16 pages donc je ne vais pas vous ennuyer avec les détails techniques, mais en substance :

 -Elle a résumé mon profil, mon mode de vie, ma situation familiale actuelle et passée, mes attitudes, ma façon de me tenir et de m'exprimer, ma façon de manipuler les objets, mes tics physiques (ça fait un peu bizarre de se faire décrypter ainsi) ; elle a énoncé les symptômes que moi et ma mère lui avons indiqués. Puis elle est passée aux résultats des tests :

 

-1er test : j'ai un résultat égal à 34 (TSA probable à partir de 32)

-Test d'empathie : j'ai un résultat égal à 17 (TSA probable en-dessous de 30)

-Echelle de stress très haute

-Il est également ressorti des difficultés de mentalisation, une anxiété sociale très importante et une hypersensibilité sensorielle 

-Je suis à la limite du Haut Potentiel pour la compréhension verbale (j'ai 129 et le HP est à partir de 130)

-Pour les autres tests je suis dans la moyenne (entre 92 et 108), avec des difficultés dans la coordination, ainsi que pour me représenter les choses dans l'espace.

En conclusion, elle souligne des « spécificités » dans plusieurs domaines, et indique que « l'ensemble des caractéristiques va dans le sens d'un Trouble du Spectre de l'Autisme sans déficience intellectuelle ». Elle pense également que j'ai une légère dyspraxie (la dyspraxie accompagne souvent le TSA), ce qui pourrait expliquer mon incapacité totale à dessiner quoi que ce soit, mon écriture en pattes de mouche, ma difficulté pour manoeuvrer en voiture et ma nullité en EPS à l'école. Elle m'a invitée à contacter un ergothérapeute. Niveau psy, elle m'a conseillé de travailler en priorité sur cette anxiété qui me pourrit la vie au quotidien.

Bref encore un pas de fait ; maintenant il faut que j'arrive à obtenir un rendez-vous avec le fameux psy parisien et (surtout) que mon patron me file une journée pour y aller (je pense que ce sera le point le plus difficile). En fait je ne peux pas aller chez n'importe quel psychiatre, car il en faut un qui connaisse bien l'autisme, et plus précisément l'autisme féminin. En effet, les femmes ayant un TSA ont tendance à compenser et à imiter pour paraître normales, et c'est exactement ce que j'ai fait. Elle m'a dit que chez moi cela ne se voyait qu'en creusant un peu ; que j'étais en mode caméléon. Je pense également me diriger vers une thérapie cognitive pour l'anxiété, mais j'ai peur de devoir faire des mises en situation qui me mettent très mal à l'aise.

 

A suivre, je vous tiendrai au courant :-)

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18 janvier 2019

Vive l'informatique

Chers lecteurs, je vais vous raconter une galère qui m'est arrivée hier matin, le genre d'histoire dont personne n'a rien à foutre mais maintenant que je n'ai plus Facebook pour raconter ma vie, je suis bien obligée de le faire ici :p

 

Alors voilà : ce matin j'ai emmené ma fille chez la kiné ; le cabinet est situé en plein centre ville de Rennes. Comme dans n'importe quel centre ville de France et de Navarre c'est mission impossible pour se garer (bon quelquefois je fraude et je pique la carte handicapé de ma mère, bouh). Bref toujours est-il que quand on va là-bas, je me gare toujours dans le parking souterrain d'un centre commercial (payant avec barrière), car je suis sûre d'y trouver une place.

 

Vers 11h15 ce matin donc, nous sortons de chez la kiné, nous regagnons le parking et je me rends à la caisse pour payer. Je mets ma carte bleue dans la machine, et là : paiement refusé. Je recommence deux fois : paiement refusé. Le truc qui ne m'est jamais arrivé, et qui ne devrait pas m'arriver étant donné que j'ai des économies sur mon compte. Je regarde dans mon porte monnaie : 80 centimes. Voilà voilà...

 

Je vais à un distributeur pour retirer des espèces : à peine ai-je fait mon code que ce connard de DAB me dit "Opération annulée récupérez votre carte". Je me résume la situation mentalement : ma voiture est donc bloquée dans un parking souterrain, j'ai 80 centimes en tout et pour tout ; ma fille est patiente pour l'instant, mais ça pourrait changer très rapidement. En soi il n'y a rien de grave mais ça fait bien chier quand même. Je téléphone à ma banque : tous les conseillers sont occupés. Je téléphone à ma mère : pas de réponse. Inutile d'appeler B. puisqu'il est au boulot.

 

Il y a une agence bancaire à quelques dizaines de mètres : je décide de m'y rendre tout en finissant par réussir à joindre ma banque par téléphone. Ma conseillère me dit qu'il doit y avoir une panne générale car une autre cliente vient de l'appeler en lui exposant le même souci que moi. Elle me dit que si je me rends à l'agence Trucmuche à l'autre bout du centre ville, ils me dépanneront sans problème. Pendant ce temps-là, ma fille ne veut plus avancer et commence à chouiner. Je bénis le ciel de ne pas avoir trois gamins sur les bras.

 

Arrivée à l'agence, la banquière m'informe qu'elle n'a plus internet et qu'elle a dû tout redémarrer. Il y a donc bien une panne générale. Elle parle à ma fille, me dit qu'elle en a une du même âge. Ma fille balance son doudou par terre parce que je ne veux pas la prendre dans les bras, et dit : "maman ramasse". Je lui demande si elle m'a bien regardée et je précise que je ne suis pas sa bonniche. La banquière rigole : "J'ai l'impression d'être à la maison". Ca me rassure de ne pas être la seule à avoir une petite casse-couilles; bien que je pense que je possède tout de même un spécimen exceptionnel (j'ai une copine qui a un fils du même âge que ma fille et un autre de 18 mois. Ses garçons ne lui ont jamais fait de coucher conflictuel. JAMAIS. La mienne vient encore de me faire une colère ce soir et de pleurer au coucher ; on a acheté un lit sans barreaux et j'ai envie de me tirer une balle à l'idée de ce que vont être les couchers dans les prochaines semaines). Bref, internet ou pas internet, la banquière me donne une carte de dépannage pour retirer 60 euros. Sauvée.

J'achète un mini pain au chocolat pour faire patienter ma fille qui a faim : 50 centimes le machin dégueulasse à moitié congelé ; une honte. On se demande comment les franchises du style Mie Câline ou Brioche Dorée vendent encore leurs cochonneries industrielles.

Je retourne chercher ma voiture... entretemps le prix du parking a doublé. Nié.

 

Bilan : toujours avoir du liquide sur soi, parce qu'en cas de panne informatique et bien tu es coincée.

 

Sans transition :

 

J'ai eu des nouvelles d'une ancienne collègue. Celle avec qui je bossais quand la psychopathe m'a pourri la vie et a failli me faire rater mon diplôme d'assistante dentaire. Celle qui avait retourné sa veste et s'était acoquinée avec ladite psychopathe quand j'étais en arrêt maladie (elle m'avait dit : "Non mais bon tu es fatiguée, tu prends les choses à coeur" comme si le problème venait de moi, et ça, c'était pire que tout :'-((((  ). Celle à qui j'avais tout de même pardonné, car je l'appréciais et j'avais envie de croire qu'elle n'avait pas mauvais fond et avait agi par faiblesse.

Bref, j'ai appris que depuis que j'ai quitté ce cabinet (en septembre 2015), mon ancien patron passe son temps à prendre des filles en formation et à les dégager au bout des 18 mois de professionnalisation. Exactement comme il a fait avec moi. En me comptant, on arrive à 4 stagiaires congédiées. Ca ne lui coûte pas cher en main-d'oeuvre vous comprenez.

Mon ancienne collègue m'a également expliqué que depuis 2 mois, le boss est infect. Il en fait de moins en moins ; il achète du nouveau matériel et demande à ses assistantes de tout gérer en râlant parce que ce n'est pas prêt 5 minutes plus tard. "Ce matin je suis partie bosser à l'accueil sinon je lui rentrais dans la gueule" m'a-t-elle dit.

Ce soir elle m'a envoyé un sms en me demandant si j'avais vu une psy quand j'avais subi le harcèlement de la psychopathe. Je lui ai dit que non ; elle m'a indiqué que elle, elle en avait vu une. Le boss a donc bien changé depuis mon départ ; maintenant il en est carrément au harcèlement moral :-( Ben putain, moi qui étais dégoûtée de partir à l'époque et qui ai mis un bon moment avant d'accepter la situation, je ne regrette pas de ne plus bosser là-bas. Alors ok je bosse pour un patron con et j'ai de plus en plus de mal à encaisser l'hypocrisie et les sous-entendus de l'une de mes collègues, mais au moins je fais mon truc dans mon coin et je ne vais pas (encore ?) bosser avec la boule au ventre.

 

Sans transition :

 

Je me suis remise au sport. Au moins 2 mois que je n'avais pas mis les pieds à la salle de sport ; je sais ce n'est pas bien, mais je suis dans une période de stress +++ avec le boulot d'une part et ma fille d'autre part ; pendant 1 mois on était deux assistantes au lieu de quatre au cabinet et je finissais vraiment tard le soir. Du coup, ce manque d'assiduité + le boulottage de barres chocolatées-caramélisées diverses et variées + le foie gras à Noël + la galette des rois, je n'avais plus le choix il fallait faire quelque chose surtout que c'est bientôt la Chandeleur. Je m'y suis donc remise et j'espère reperdre les 5 kilos que j'avais réussi à perdre et ENFIN dégommer mes kilos de grossesse. Marre du yoyo.

 

Sans transition :

 

Lundi, j'ai profité d'une après-midi sans enfant pour ressortir mon GTA Vice City. C'était comme retrouver un ancien sex friend, trop bon :-) (je n'ai jamais eu de sex friend mais j'imagine). Quelle joie de retrouver les musiques, l'ambiance, les voix des personnages... Par contre mon jeu est catastrophique ; je perds désespérement mes neurones de gameuse et j'en suis à penser que je ne retrouverai jamais le niveau que j'avais il y a 10 ou 20 ans. J'espère que ma fille ne jouera jamais aux jeux vidéos sinon je serai vraiment humiliée... Pourtant j'étais vraiment bonne quand j'étais jeune ; je savais réflechir et trouver toute seule la solution sans aller sur YouTube.

Bref j'ai fait les premières missions en mode "mémère ressort ses manettes et joue comme une patate" ; j'y rejouerai sûrement pendant ma semaine de vacances (bien que je serai bien occupée cette semaine-là, je vais notamment avoir mes résultats pour les tests psycho-techniques concernant ma démarche de recherche de TSA).

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08 janvier 2019

Il y a quelque chose qui me turlupine, et je ne sais pas comment en parler à B. sans lui faire de la peine. 

Je vous explique : la volonté du père de B. est de lui transmettre sa maison à son décès, pour qu'ensuite B. la transmette à son fils, etc. B., sans me demander mon avis, a donc décrété qu'après la mort de son père on ferait des travaux et qu'on irait vivre dans la maison de ses parents. Au début je n'étais pas contre, mais en y réfléchissant je n'en ai plus envie. Plusieurs raisons : 

-Son père y vit depuis plus de cinquante ans. B. et ses frères y ont grandi. Leur mère est morte dans cette maison. L'ex de B. y est venue. Son frère et sa belle-soeur faux-culs que je n'aime pas y viennent encore. Ses parents s'y sont engueulés pour des histoires de religion. Bref, cette maison contient des milliers de souvenirs qui ne m'appartiennent pas.

-D'un point de vue juridique, cette maison ne m'appartiendra jamais non plus. D'une parce que je ne suis pas mariée avec B., et même si on était marié il s'agit d'un bien acquis par héritage, donc le conjoint n'en hérite pas en cas de décès.

-Même si la famille de B. semble m'avoir acceptée, je serai toujours la numéro 2, la maîtresse avec qui il est parti. Ils ont connu l'autre pendant 20 ans. Elle était mariée avec lui. Moi non, et je ne suis là que depuis 1 an (je ne les ai rencontrés qu'à l'enterrement de la mère de B.). Quand on s'inscrit dans un lieu "ancien", ça compte.

------> Bilan : pour toutes ces raisons, même après travaux, je ne m'y sentirai jamais chez moi.

-D'autre part : on habite depuis presque 3 ans dans un village où je me sens très bien. C'est petit mais vivant ; il y a un super site à côté où on va se promener tous les étés. Je n'ai pas envie de partir de ce village.

-Le bled où se trouve la maison par contre, est mort de chez mort. Il n'y a rien. Qui plus est, il est situé à dix bornes de l'ex de Benoit et de ses deux lombrics ; et près d'une ville où son père habite et où elle doit probablement faire ses courses. Je n'ai ni envie de marcher dans ses traces, ni envie de la croiser à la boulangerie.

-La maison se situe à 40 kilomètres de là où nous habitons. Déménager là-bas signifiera donc changer notre fille d'école ; je sais que ça ne va pas la tuer mais bon c'est moyen quand même.

-La maison n'est pas du tout sécurisée ; le père de B. a tout le temps des gens bizarres qui viennent traîner dans le jardin ou sonner à la porte. Pas plus tard qu'hier, B. a carrément vu une voiture rentrer et les gens repartir quand ils l'ont vu... On entre comme dans un moulin là-dedans ; il n'y a ni haie ni portail et un champ juste à côté. B. ne voit pas où est le problème... Moi je ne me vois pas vivre avec un couteau sur moi ou me faire des films d'horreurs si ma fille rentre seule du collège :-S

-Le jour où B. décèdera (le plus tard possible j'espère), son ex et ses deux aînés se feront une joie de venir nous foutre à la porte ma fille et moi. B en est conscient et m'a dit qu'il ferait un testament pour que je ne sois pas obligée de dégager dans la minute, mais il faudra de toute façon partir. Donc se déraciner d'un endroit pour au final y retourner quelques années après, à quoi bon ?

-Bref le seul avantage à en tirer, c'est qu'on va économiser un loyer. Je sais que ce n'est pas négligeable, mais à côté de tous les inconvénients...

En conclusion, d'une part je n'ai pas envie d'aller là-bas, et d'autre part je n'y serai pas chez moi, aussi bien d'un point de vue symbolique que d'un point de vue légal. J'aurais préféré qu'il garde les sous de son héritage pour qu'on achète quelque chose tous les deux, là où on habite actuellement. Un logement qui serait vraiment à nous, et pas une maison chargée d'histoire. Mais B. est un bon petit catholique pour qui la volonté est sacrée, et je sais que je vais le blesser si je lui dis tout ça. Je pense lui suggérer de mettre plutôt la maison à louer mais il ne voudra jamais...

Sans transition :

J'ai vu hier une photo récente de la fille aînée de B. Une photo prise dans le cadre scolaire, qui fait très yearbook, très fac américaine. Je ne l'avais jamais vue sourire comme ça. Elle est radieuse la pétasse

Je pensais qu'elle était vampirisée par sa mère, surtout au vu de l'échange de sms avec B. la veille de la mort de sa mère. Je pensais qu'elle était manipulée et ne raisonnait pas par elle-même. Je pensais que sa mère se vengeait de B. en utilisant leur fille. Je l'imaginais malheureuse, vivant dans une atmosphère lourde conditionnée par la colère de sa mère. Quand j'ai fait part de mon opinion à B., il m'a répondu : "Elle est assez grande pour se faire sa propre opinion".

Ayant été moi-même manipulée par mon père, je pense que je me suis mise à sa place et je lui ai cherché des excuses. Mais je pense qu'en fait : B. a raison : elle a agi par elle-même. 

Quand on est malheureux, on ne sourit pas comme ça. Quand on est vampirisé par sa mère, on ne sourit pas comme ça. On est trop angoissé pour ça. Je ne souriais pas comme ça à 20 ans. Elle est heureuse, ça se voit.

C'est donc par elle-même qu'elle a décidé de rayer son père de sa vie. C'est par elle-même qu'elle a décidé qu'elle n'avait pas de soeur. C'est par elle-même qu'elle a décidé de ne pas se rendre à l'enterrement de sa grand-mère.

Damn... :-S

 

 

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05 janvier 2019

Joyland de Stephen King

joyland

Je partage ici la critique j'ai postée sur Babelio. 

Grande lectrice (et fan) de Stephen King, j'avoue être assez mitigée en refermant ce livre... Premièrement, je me suis prodigieusement ennuyée durant les 200 premières pages : King nous décrit la vie d'un parc d'attractions avec moult détails, les stands de tir, les auto-tamponneuses avec des noms certainement connus aux Etats-Unis, mais qui n'évoquent rien du tout à la Française que je suis... Je me suis dit qu'il avait dû se faire plaisir en se glissant dans la peau d'un narrateur qui arrive là-dedans comme un gamin et s'éclate. le narrateur justement : Devin, gentil garçon à qui Wendy a brisé le coeur, aime les enfants, il excelle dans la peau de Howie le Chien, il sauve la vie d'une petite fille puis celle de son collègue... Il joue au Scrabble, lit des livres, écoute de la musique dans sa chambre... bref il est chiant comme la pluie, et ses amis Tom et Erin, le gentil petit couple, sont tout aussi barbants de gentillesse.

On commence ENFIN à palpiter un peu au moment où Erin fait part à Devin de ce qu'elle a trouvé sur l'assassin de Linda Gray... et puis Devin emmène le petit Mike, son voisin mourant, passer une journée au parc d'attractions, et là on retombe dans la mièvrerie : les manèges allumés pour l'occasion dans la fête foraine déserte, les yeux qui brillent de la mère et du fils, le gérant qui serre la patte du chien, Devin qui danse autour du fauteuil roulant... au secours. 
Le dénouement fait un peu frissonner (cinquante pasges avant la fin, il est temps !!!), mais le final est tellement banal et attendu... Bref trop de bons sentiments ; ça ne ressemble pas du tout à King. J'espère que ses romans récents ne sont pas tous du même acabit...

La quatrième de couverture de ce livre est vraiment trompeuse... A refourguer sur Ebay sans remords.

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01 janvier 2019

Les choses que j'aime (post honteusement pompé sur l'Averse)

1-Les spaghetti
2-GTA Vice City. GTA San Andreas. GTA 3. GTA ❤❤❤
3-Le Toblerone
4-Les éclats de rire de ma fille. Ses câlins. Ses cheveux. Ses bisous. Ses longs cils. Ma fille.
5- Le son du vent dans les arbres
6-Docteur House
7-La gentillesse de mon médecin traitant. Quoi qu'il se passe à l'avenir, elle m'a tendu la main un jour et je ne l'oublierai jamais
8-Les gens qui disent des horreurs avec une voix de bourge prout prout
9-Le foie gras
10-Les Langoliers de Stephen King
11-Stephen King tout court
12-Bohemian Rhapsody de Queen
13-Entendre une vieille chanson à la radio qui me replonge dans les années 90
14-Le centre ville de Rennes tôt le matin.
15-Le quartier de mon enfance, élargi jusqu'à mon ancien collège. Bien évidemment je parle de ce quartier tel qu'il était il y a 20 ans, parce que quand je vois à quoi il ressemble aujourd'hui j'ai envie de pleurer.
16-Entendre le bourdon de la cathédrale de Rennes
17-Entendre des enfants dans une cour de récréation
18-L'odeur des brûleries
19-New York Unité Spéciale à l'époque de Stabler et Benson
20-Être happée par un livre et attendre avec impatience le moment où je vais pouvoir me replonger dedans
21-Réussir un gâteau
22-Le klaxon de nuit des trains, de loin, dans les films américains (je pense qu'ils utilisent tous la même bande son)
23-Le son des mâts des bateaux dans un port
24-Le jeu Limbo
25-Découvrir une ville française ou un pays loin de chez moi
26-Finir un jeu vidéo
27-Me blottir contre mon homme le matin au réveil
28-Entendre ma fille parler de mieux en mieux
29-L'album Homework de Daft Punk
30-Le film "La Ligne Verte"
31-Regarder (et écouter) quelqu'un jouer très vite du piano ou du violon
32-Me lisser les cheveux et être contente du résultat
33-Pac Man
34-Les Kango à la fraise (qui ne sont plus commercialisés depuis au moins vingt ans, une HONTE)
35-Les gens qui ont une excellente élocution et parlent lentement en trouvant le bon mot au bon moment (tout le contraire de moi quoi)
36-La série Un Dos Tres
37-Avoir un fou rire
38-Les galettes de blé noir
39-Publier un post sur mon blog
40-Être dans une forêt
41-Repenser à tous les souvenirs d'enfance avec ma cousine
42-Dark Cloud
43-Regarder de belles photos de voyage sur Instagram
44-Entendre un avion dans le ciel, le regarder et imaginer où il va
45-Entendre une tondeuse à gazon dans un jardin, un après midi d'été
46- Le chemin de halage près de chez moi
47- Plusieurs prénoms féminins. Lina. Charlotte. Marion. Sarah. Caroline. Maella. Pauline. Manon. Estelle. Alice. Louise. Chloé. Clara. Hélène. Laurence. Laura. Aurélie. Jade. Julie. Marina.
48- Un seul prénom masculin : Marin. J'aime beaucoup Thomas aussi mais ma synesthésie l'associe avec de la tomate cuite
49-Alice Madness Returns
50-Le linge impeccablement repassé. Ça me fascine. Je suis incapable de repasser du linge.
51- Aller au cinéma. J'y vais une fois par décennie mais j'adore
52-Le printemps
53- L'été
54-Le ronronnement d'un chat
55-Faire des to-do list : livres à lire, courses à faire, tâches en attente au boulot, choses à faire en général
56-Barrer un truc d'une to-do list
57-Le sundae caramel de chez Mc Do
58-Un pain au chocolat encore chaud avec le chocolat qui fond à l'intérieur
59-L'album "La Folie" des Stranglers
60-Certaines musiques de jeu vidéo. La B de Tetris, la B de Columns. Celles des trois premiers Mario sur Game Boy. Celle de Kirby. Celles d'Astérix et de Mario Bros sur Super Nes, de Dark Cloud sur PS2. Celle de Zelda, le tout premier de 1986. Celle de Mickey sur Game Gear. Celle du Roi Lion sur PC. J'en ai eu plusieurs dans mon lecteur MP3.
61-La sirène des voitures de police américaines
62-Le jeu Batman Begins
63-Le film American Beauty
64-Le croque mc do
65-Ce qu'on appelait "la promenade des oursons" avec ma cousine ; il s'agit en réalité d'une toute petite partie du sentier des douaniers entre Dinard et Saint Malo, qui se terminait en passant devant une fontaine éclairée, puis devant une maison décorée avec des nounours.
66-Les gâteaux fourrés à la cerise de la marque U. Les meilleurs du monde ❤
67-Les jeux de gestion du temps
68-Repenser aux balades dans la vallée de Saint Brieuc et à Saint Brieuc tout court. J'ai gardé de très bons souvenirs de cette ville même si mon père était un gros con. J'espère avoir l'occasion de me faire un petit pèlerinage en solo là bas, un jour.
69-Fort Boyard
70-Le ciel plein d'étoiles
71-Avoir les ongles longs
72-Le film "Les Visiteurs"
73-Le son de l'orgue dans GTA Vice City avec la fontaine en fond sonore.
74-Aller à Paris et voir la copine de ma mère qui habite dans le 94. Elle m'héberge très gentiment à chacune de mes virées dans la capitale et j'aime beaucoup discuter avec elle
75- Dinan

76-La petite maison dans la prairie (interdit de se moquer ^^)
77-Quand on me dit que j'ai une mémoire phénoménale. Me rappeler de trucs dont je suis la seule sur Terre à me souvenir. Par exemple : un boys band nommé KSM (Kevin, Mike, Stevens). Ou Just 4 You. Ou Twin. Ou RME. Il n'y avait que ça dans OK Podium en 1997 😉

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26 décembre 2018

Ecoulage de PAL, on continue :)

alice ecosse

 

Quand j'avais une dizaine d'années, ma grand-mère s'est fait refourguer pas mal de livres de la Bibliothèque Verte, dont plusieurs "Alice détective". J'en avais lu plusieurs ; je ne les avais pas tous appréciés de la même manière. Il y en a même un que je soupçonnais d'avoir été écrit par quelqu'un d'autre. Quelle clairvoyance ! (sans vouloir me lancer des fleurs hein ^^). En effet, j'ai appris récemment qu'en fait, "Caroline Quine", désignée comme l'auteur de la série des Alice, est en fait un nom fictif qui regroupe plusieurs écrivains. Les trente premiers livres (et les meilleurs selon moi même si je ne les ai pas tous lus) ont été écrits par une certaine Mildred Wirt Benson. C'est donc le cas, je suppose, de celui-ci que j'ai lu en 24 heures à peine.

J'ai retrouvé les petits détails que j'avais déjà repérés à l'époque : Alice est la petite princesse à papa qui roule en cabriolet, ne travaille pas, n'étudie pas mais voyage gratos avec papa et ne se déplace qu'en taxi ; Bess et Marion ne bossent pas non plus (c'est cool la vie à River City !). Bess ne pense qu'à bouffer (sérieux l'auteur insiste tellement sur sa gourmandise que c'en est limite dérangeant) et Marion ne dit pas grand-chose, elle ne sert à rien en fait.

Par contre ce qui est agréable dans cette enquête c'est qu'il y a quelques données historiques sur l'Ecosse ; sur les rois qui régnaient sur le Royaume-Uni à une certaine époque, sur les instruments de musique traditionnels... j'ai également apprécié de retrouver des endroits que j'ai moi-même visités en Ecosse (le château d'Edimbourg et Holyrood).

En conclusion, même si les personnages sont agaçants, ces livres sont tout à fait plaisants à lire et à recommander pour les jeunes lecteurs.

la voix

Juste avant de partir en Ecosse, j'étais allée faire un petit tour en Islande avec ce polar que j'ai dégotté au fond d'un carton. L'histoire : dans un hôtel de Reykjavik, à quelques jours de Noël, le portier est retrouvé poignardé au sous-sol, dans le cagibi où il était hébergé, en tenue de Père Noël et un préservatif sur le sexe. C'est le commissaire Erlendur qui est chargé de l'enquête. C'est un personnage assez torturé ; sa fille est une junkie et il a été marqué par la disparition de son frère quand il était enfant. Pour une raison inconnue, il refuse de rentrer chez lui et reste à l'hôtel tout le temps de l'enquête. Du coup le roman est plus ou moins un huis-clos à l'intérieur de l'établissement. On apprend que la victime a été un enfant-star dans le passé ; les enquêteurs retracent son histoire personnelle pour découvrir comment un choriste de génie a pu finir au fond d'un réduit dans un hôtel.

J'ai eu un peu de mal avec les prénoms islandais ; ils finissent tous par "dur" ou "sur" ; de plus les prénoms féminins ne font pas féminins justement. J'ai mis un bon moment avant de savoir qui était qui. Ce petit désagrément passé, j'ai finalement apprécié cette enquête même si, il faut bien le dire, ça ne casse pas trois pattes à un canard. Il y a eu tellement de livres avec tellement d'enquêtes policières que la plupart des ficelles du genre sont usées et qu'il faut un scénario bien tordu pour se démarquer. Arnaldur Indridason n'a pas réussi à se démarquer je trouve ; seule l'histoire de Eva Lind, la fille de Erlendur, est un peu intéressante mais j'imagine qu'elle est traitée sur plusieurs volets. Bref pas mal, mais sans plus.

Je viens de repartir en Italie avec la deuxième partie de "L'Amie Prodigieuse" :)

 

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30 novembre 2018

Mon coming out autistique - phase 2

Petit récap pour ceux qui n'auraient pas tout suivi :

 

Mars 2018 : le CRA (centre ressource autisme) de Brest m'envoie un dossier pour une demande de diagnostic d'un éventuel TSA. Ils me préviennent que le délai d'attente est de 3 ans :-S....... De mon côté je fais des tests sur internet (Baron-Cohen, Aspie quiz...) et mes résultats crèvent le plafond.

Juin 2018 : j'en parle à mon médecin qui m'envoie faire un bilan orthophonique

Juillet 2018 : le hasard a voulu que je tombe sur une orthophoniste qui connaît bien l'autisme (vive Doctolib). Je suis heureuse (et déjà un tout petit peu soulagée) de trouver une oreille attentive. L'orthophoniste me dit qu'en effet, je présente des signes pouvant faire penser à un TSA. 

Dans un second temps, mon médecin me fait le courrier pour le CRA et m'envoie vers un cabinet de psychologues spécialisé dans l'autisme.

Septembre 2018 : l'une des psychologues me rappelle après que j'ai fortement insisté ; tout ça pour me dire de contacter sa collègue o_O. Je n'ai pas trop apprécié ce bref contact avec cette personne qui m'a paru assez hautaine. 

4 octobre 2018 : j'ai eu rendez-vous avec la fameuse collègue.L'entretien a duré une heure et quart ; elle m'a demandé de lui parler de moi, de mes symptômes... Elle a noirci trois pages de notes. Elle m'a expliqué qu'elle allait me faire une batterie complète de tests psycho-techniques sur deux demi-journées de 3 heures, (TSA et Haut Potentiel car elle le fait systématiquement). Tout ça pour la modique somme de 450 euros, non remboursés of course. Je vous avoue que j'ai eu un peu mal à l'anus quand elle m'a sorti le montant ; d'autant plus que je vais bientôt faire un chèque de 2000 euros pour un implant dentaire et une couronne (ma mutuelle ne rembourse quasiment rien). Heureusement que j'ai emprunté de l'argent à ma banque l'année dernière...

Je suis sortie du rendez-vous en me disant que c'est quand même cool de pouvoir dire à quelqu'un que je répète des mots à voix haute, que je compte les syllabes et que j'associe le mot "automatique" avec de la sauce tomate, sans avoir peur de passer pour une timbrée. 

22 novembre 2018 : première série de tests. J'ai dû, pêle-mêle : reconstituer des figures avec des cubes rouges et blancs (pour certaines j'ai vraiment galéré), mémoriser des séries de chiffres, donner le point commun entre deux mots ayant un sens contraire (pas toujours facile), donner la définition de mots tels que "réprimander" (je lui ai sorti le mot "villipender" de derrière les fagots) ; choisir parmi plusieurs dessins pour reconstituer une suite logique ; retrouver des symboles dans une ligne le plus vite possible, résoudre des problèmes de maths (et là j'ai eu une grosse pensée pour l'Averse  tellement j'étais larguée au bout de la deuxième phrase ; j'ai ressenti les mêmes angoisses qu'à l'école, c'était assez horrible). Ensuite elle m'a lu des textes de mise en situation et m'a demandé plusieurs façons de formuler une demande ; du style si notre enfant est malade comment demander gentiment aux invités de rentrer chez eux ; par moments j'ai avoué que je n'en savais rien et que j'espérais bien ne jamais être confrontée à ce genre de situation. Elle s'est marrée. Je me suis sentie con...

29 novembre 2018 : deuxième séance ; elle m'a montré une partie de mes résultats. Apparemment au niveau verbal je suis à la limite du haut potentiel ; pour les maths je pensais que j'allais être niveau débilos mais non, contre toute attente je suis "juste" dans la moyenne basse.

Elle a regardé mon carnet de santé et quelques photos d'enfance qu'elle m'avait demandé d'apporter, pour voir si j'avais des troubles expressifs (ce n'est pas le cas). Ensuite elle m'a posé des questions pendant 3 heures sur mon enfance, sur ma façon de me comporter dans des situations sociales, sur mes centres d'intérêt, etc etc... Honnêtement 3 heures de blabla j'ai un peu oublié ^^

Elle me donnera le compte-rendu complet fin janvier ; elle m'a conseillé de le faire valider par un psychiatre... LE seul spécialiste en France, une pointure, qui consulte à Paris et qui bien sûr, est complètement débordé. Je suis allée voir sur Doctolib et on ne peut même pas réserver de rendez-vous. Mais si j'y parviens (par miracle), ça m'évitera d'aller au CRA de Brest où il faut attendre 4 ans :(

La suite au prochain numéro :)

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21 novembre 2018

Défi 67 - arrêter de vapoter

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J'ai arrêté de fumer début 2015, et c'est grâce à la cigarette électronique que j'ai réussi (ma mère vient également d'arrêter après 40 ans de tabagisme ; comme quoi ce truc marche super bien).

J'ai démarré à 18 mg de nicotine ; quand je suis tombée enceinte 6 mois plus tard j'étais à 12 mg. Je n'ai plus rien fumé ni vapoté pendant ma grossesse, puis après mon accouchement j'ai repris la vape, mais cette fois sans nicotine. Mais, depuis, je n'ai pas réussi à arrêter (bon je n'ai pas vraiment essayé non plus) ; je suis accro au geste. 

Déjà, la vape n'a pas le goût dégueulasse de la cigarette : j'alterne parfum orange et parfum menthe ; il m'est arrivé de tester des arômes originaux du style yaourt aux fruits des bois ; B., lui est abonné à la piña colada et aux fruits rouges. 

Sauf que. Je ne suis pas soigneuse. Autant B. prend soin de sa vaporette ; il astique le pas de vis, nettoie le réservoir et j'en passe ; autant moi elle s'est allègrement baladée dans mon sac (et a donc ramassé un tas de cochonneries) ; et surtout elle tombe tout le temps : dans mon salon, dans ma voiture, voire même sur le trottoir. Résultat : ça fait des mois qu'elle n'a plus de bec (j'en ai racheté mais ils ne tiennent jamais), et surtout le truc qui commence à me gonfler : elle fuit. Genre incontinence totale, voyez. L'autre jour j'en ai foutu plein mon levier de vitesses et mon volant ; je n'avais rien pour m'essuyer les doigts ; j'ai dû changer de pantalon et mon siège conducteur est taché comme si j'avais pissé dessus.

Bref ça me gonfle, je me suis dit que j'allais racheter un réservoir mais je me dis que c'est peut-être un signe pour me dire d'arrêter. J'ai donc comme projet de ne plus l'emmener au travail et de ne tirer dessus que quand je suis chez moi. A suivre :)

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27 octobre 2018

Brume de Stephen King

brume

C'est un sacré pavé que je viens de terminer (867 pages je crois) ; il m'a fallu un peu de temps. Du grand King si je puis dire ; bien que je trouve toujours les recueils de nouvelles moins bons que les romans.

Stephen King, je le lis depuis que j'ai 16 ans (je dois être rendue environ au trentième livre de cet auteur) ; je sais qu'il a ses détracteurs mais c'est pour moi un très bon écrivain. D'ailleurs, dans ma liste de défis j'ai prévu de lire toute son oeuvre. King a une imagination hallucinante, un sens du détail très travaillé et un réel talent pour faire frissonner le lecteur et le tenir en haleine. Bien évidemment, il y a des livres que j'aime plus que d'autres (je n'ai pas aimé "Carrie" ; j'ai été frustrée et quelque peu en colère après avoir terminé "Colorado Kid" ; par contre je considère que "Shining" et "CA" sont des chefs d'oeuvre). 

Comme je disais précédemment, j'aime moins les recueils de nouvelles (chez King comme chez les autres auteurs d'ailleurs), car elles sont souvent inégales. Celui d'Anna Gavalda, par exemple, que j'ai lu il y a très longtemps et dont j'ai oublié le nom, contenait deux très bonnes nouvelles et d'autres qui ne servaient vraiment à rien :-(

J'avais déjà lu deux recueils de nouvelles de Stephen King, "Différentes saisons" et "Danse macabre". J'en ai oublié une grande majorité, mais une excellente m'est restée en mémoire ; une histoire de rats mutants dans le sous-sol d'une blanchisserie, absolument horrible.

Concernant ce recueil, je dirais que 4 nouvelles se détachent du lot : "Brume", la plus longue du livre et qui lui donne son titre ; "Le raccourci de Madame Todd" (bien que le côté surnaturel n'ait pas été assez exploité à mon sens), "Le Singe" (elle est bien horrible celle-là), et "Le Radeau". Je les trouve bonnes et bien "terminées". J'ai appris qu'un film avait été tiré de "Brume" avec une fin différente ; je ne l'ai pas vu mais je ne suis pas fan du choix du réalisateur... 

Par contre "Livraisons matinales", qui est divisée en deux parties, je n'ai franchement pas compris où l'auteur voulait en venir...

Je continue d'écouler ma PAL et j'ai commencé Madame Bovary de Flaubert. Sans transition aucune ^^

 

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09 octobre 2018

Parce qu'elle mérite bien un post à elle toute seule

Il existe des personnes qu'on croise dans notre vie et qui nous marquent à jamais. Des personnes qui ont une telle personnalité, un tel charisme qu'on ne peut pas ne pas les aimer. Des personnes dont on se rappelle encore le sourire et les mimiques plus de 16 ans après. Martine fait partie de celles-là.

Martine était ma prof de chinois au lycée. En terme de langue chinoise, elle était l'équivalent de Jodie Foster en français : elle le parlait d'une manière absolument impeccable. Elle parlait chinois, vivait chinois, respirait chinois. Elle aurait pu doubler des films chinois en VO. Elle en était devenue chinoise physiquement (pas les yeux bridés, mais petite et assez menue). Même son mari et sa fille faisaient asiatiques. La Chine était son pays d'adoption au sens propre du terme.

Le jour de la rentrée, elle nous a expliqué que sa première passion était l'allemand ; que quand elle entendait parler allemand elle était émue (j'avoue, j'ai gloussé ^^). Après le bac elle a failli apprendre le japonais, puis finalement elle a fait du chinois et ça a changé sa vie. Elle parle donc quatre langues couramment. A propos de la langue chinoise, elle a employé une expression que je n'ai jamais oublié : "Au niveau où je suis, j'ai encore l'impression d'être devant une montagne". L'humilité asiatique. Quand je vous dis qu'elle est habitée ^^

Elle avait beau faire 1,60 m, elle avait une autorité de dingue. Mais juste ce qu'il fallait : elle élevait la voix façon crécelle quand on bavardait trop, mais elle savait aussi plaisanter quand la situation s'y prêtait. Elle était charismatique. Personne n'aurait osé être insolent avec elle, jamais. Jamais elle ne perdait pied. Jamais elle n'était stressée. Jamais elle n'était ridicule. Même la fois où elle nous a dit "Allez-y, posez-moi des questions sur moi !" ou encore : "Moi d'habitude je dors sans culotte, mais là vu la gueule de la chambre et des draps, j'en ai mis une". S'il fallait dire à un grand gaillard de 19 ans de se taire, elle le faisait. Et il ne mouftait pas.

Elle savait comment me prendre. Pourtant à l'époque, entre mon adolescence, mon contexte familial très difficile et mon probable TSA, c'était compliqué de me prendre. Elle a accueilli mes saillies insolentes à la chinoise : elle n'a pas relevé. Elle m'a traitée comme quelqu'un de normal. Quand j'avais mal appris ma leçon parce que ça me soûlait et que je passais des soirées angoissantes, elle m'encourageait. Elle savait à quel moment il fallait m'engueuler et à quel moment il ne fallait pas. Un jour, elle m'a demandé de venir devant toute la classe pour lui décrire à l'oral la carte de Chine (c'était une leçon du livre). J'étais stressée, j'avais mal préparé ma prestation et mes yeux étaient scotchés sur ma feuille. Quand j'ai eu fini mon laïus (ou plutôt ma purée indigeste), elle m'a demandé très calmement : "Donne-moi ta feuille. Et maintenant recommence" . Mes yeux ont dû s'agrandir de stupeur ; j'ai senti la noyade arriver, mais jamais je n'aurais osé contester un ordre de Martine la Chinoise, alors je l'ai fait sans mes notes. Et je ne me suis pas noyée.

Elle m'a fait pleurer au bac blanc, mais elle a été très gentille. Après coup, j'ai appris que des filles qui l'avaient comme examinatrice au bac sortaient de la salle en larmes. Forcément, quand on ne la connaît pas elle n'a pas l'air commode. Ceci ajouté à son accent parfait digne d'un diplomate chinois, pas étonnant que des candidats aient paniqué face à elle. Moi par contre, j'étais au taquet pour l'oral du bac ; je suis tombée sur un examinateur avec un accent français à couper au couteau donc j'ai passé mon oral fingers in the nose. Je me suis rendue compte à quel point elle mettait la barre très très haut. Mais c'était pour notre bien. Elle faisait partie de ces profs qui vous tirent vers le haut, toujours. 

 Elle nous a expliqué que quand elle était petite, elle était très timide. Elle vivait aux États Unis, et dans son école chaque enfant devait se mettre debout chaque matin et s'exprimer devant tout le monde. C'est grâce à cela qu'elle a surmonté sa timidité. Au lycée on n'a pas envie de s'exprimer en public ; on a juste envie de se cacher derrière ses cheveux, tout au fond de la classe. Mais quand on est adulte, on comprend que c'est l'oral qui nous sert dans la vie professionnelle et non l'écrit. Quand on est face à un recruteur, c'est l'oral qui compte. Quand on bosse en équipe, c'est l'oral qui compte. Quand on répond au téléphone ou qu'on accueille du public, c'est l'oral qui compte. On devrait mettre les enfants à l'oral dès le plus jeune âge, à l'école ; j'en suis convaincue.

Quelques mois après que j'ai passé le bac et quitté le lycée, Martine a demandé du feu à quelqu'un dans un café. Ce quelqu'un, c'était ma mère. Bien évidemment celle-ci est partie dans un élan lyrique : "Vous avez réussi à canaliser Dawn Girl. Elle vous appréciait beaucoup". Martine lui a répondu : "Si Dawn Girl le souhaite, elle peut me téléphoner". Je lui ai laissé un message sur son répondeur, mais elle ne m'a jamais rappelée. Quelques semaines après, je suis allée au lycée pour récupérer mon diplôme du bac. J'ai croisé Martine dans le couloir, elle m'a fait la bise et m'a demandé ce que je faisais comme études. Elle n'a pas fait allusion à mon message téléphonique. 

Des années plus tard, j'ai appris que Martine avait pris du galon et était devenue inspectrice sur tout le Grand Ouest. Elle parcourait les régions pour promouvoir le chinois, inaugurer des classes bilingues, rencontrer des gens. Elle posait dans les journaux, toujours avec ses foulards en soie chinoise, ses pantalons colorés et son grand sourire d'asiatique d'adoption. Quand Facebook est arrivé, je lui ai envoyé un mail. Elle ne m'a jamais répondu.

J'ai été très déçue qu'elle ne réponde ni à mon message téléphonique ni à mon mail (dix ans les séparaient donc on était loin du harcèlement ^^). Cela ne cadrait pas avec son personnage. Mais je reste admirative de ce qu'elle est, de son talent et de son parcours. Je pense qu'elle ne va pas tarder à partir à la retraite ; ce sera une immense perte pour l'Education Nationale. Dommage que je n'ai pas pu garder de lien avec elle ; elle qui va en Chine tous les quatre matins ; elle aurait sûrement trouvé les mots pour me rassurer avant de prendre l'avion. Je suis persuadée qu'elle a marqué positivement tous les élèves qu'elle a eus. C'est normal de la redouter, mais c'est impossible de ne pas l'apprécier, et encore moins de l'oublier.

Xie xie, Martine !

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