Le blog de Dawn Girl

12 octobre 2017

Le séminaire

le seminairea

Il y a presque 1 an maintenant, j'ai trouvé un boulot stable. Un CDI, enfin, depuis le temps que je l'attendais.

 

Ce n'est pas vraiment le cabinet de mes rêves : mon patron est très caractériel, refuse de recevoir les parents, nous parle comme à des chiens (enfin avec moi ça va, mais avec mes collègues), ne dit jamais les choses en face et nous fait sans arrêt décaler des rendez-vous (pour des raisons très importantes, du style sa cousine qui arrive des Etats-Unis)... Bref pas le job idyllique, mais grâce à ce CDI j'ai pu emprunter un peu d'argent à la banque pour m'acheter une nouvelle voiture (toujours pas fait d'ailleurs), couvrir des frais dentaires, acquérir un Mac parce que Windows 8 c'est vraiment pourri (enfin pour l'instant je garde mon Asus tant qu'il marche, mais après je me tire chez Apple)... bref des choses bassement matérielles mais au final c'est pour ça qu'on va bosser, non ?

 

En tant qu'employée « durable », j'ai eu le « privilège » cette année de participer au séminaire organisé chaque année par mon patron et ses confrères. Le genre de truc que je déteste. En tant qu'asociale patentée et handicapée profonde des relations humaines, je vous laisse imaginer à quel point j'étais mal à l'aise au milieu de tous ces praticiens et assistantes (dont certaines ont 20 ans et pèsent soixante kilos ; je me sentais comme un éléphant ridé à côté d'elles. M'en fous un jour elles aussi deviendront mamans et auront des hémorroïdes et des vergetures) Il a fallu se taper des conférences chiantes et des repas deux fois par jour au resto (c'est sympa le resto, mais quand c'est TOUS les jours, entrée plat et dessert midi et soir, on sature et on ne savoure même plus la nourriture). Sans compter mon expérience catastrophique avec le char à voile. Bref j'aurais préféré rester chez moi.

 

Je pense que ces séminaires servent surtout à faire mousser mon patron ; les praticiens se lèchent la figure par devant alors qu'ils se tirent dans les pattes par derrière ; les assistantes sont juste là pour faire potiche et en réalité ça fait chier tout le monde d'y aller. Moi j'étais vraiment triste de laisser ma fille pendant 4 jours :-( Je cherche déjà très activement une excuse valable pour ne pas y aller l'année prochaine. Si vous avez des idées, je suis preneuse !

Posté par Dawn Girl à 15:37 - - Commentaires [1] - Permalien [#]

09 août 2017

La gameuse, le retour

 

J'avais mis les jeux vidéo de côté depuis quelques temps (pendant ma grossesse il suffisait de 5 minutes de snowboard pour que je vomisse, et après, avec un nourrisson c'est compliqué).

Ma fille a 16 mois à présent et fait de vraies siestes ; j'en ai donc profité pour réinvestir dans une Super Nintendo et les bons vieux Mario Bros auxquels je n'avais pas joué depuis 15 ans ; pour les moments où Mademoiselle Princesse veut bien faire dodo.

 

Sans surprise, Mario Bros 1 et 3 torchés assez facilement ; j'avais juste oublié à quel point le Monde 8 du troisième opus était difficile. Par contre le donjon final et le dernier boss sont super simples comparés au reste. Seule la course 5 du monde 6 restera non-faite : il faudra m'expliquer comment on peut voler avec une carapace de tortue dans la main :-S Moi je n'ai pas réussi et je dois avouer que je n'avais pas envie de me prendre la tête pour une connerie pareille. Pour ceux que ça intéresse, voir la vidéo ci-dessous :

 

 

Je me suis ensuite attaquée au Super Mario Lost Levels ; à l'époque sorti uniquement au Japon car jugé trop difficile pour nos petits cerveaux d'occidentaux :p Dans mes souvenirs il me semblait l'avoir terminé, mais en fait je ne suis plus très sûre... bordel, qu'est ce qu'il est dur !!!! En fait, ce jeu aurait dû s'appeler « Super Mario Bros Trou Land ». C'est pas compliqué : il y a des trous partout ; des précipices long comme ma bite* où la seule échappatoire est de sauter (très loin ET très haut) sur des tortues volantes pour atterrir sain et sauf de l'autre côté. Ce n'est quasiment que ça, il y a davantage de vide que de plate-formes. Sans compter des méduses dans le ciel (oui oui!!!), des frères marteaux disséminés partout, des donjons d'une difficulté hallucinante avec en plus, des trajets imposés (il faut passer par-dessus les flammes / le tuyau / le frère marteau sinon le donjon recommence au début ; heureusement sur la Super Nintendo un signal sonore nous indique si on est passé par le bon endroit ou si on s'est trompé, ce qui n'est pas le cas sur la NES – coucou le donjon 7-4 qui ne finit jamais dans SMB 1).

Je me suis fait avoir avec une warp zone inversée qui m'a obligée à retourner au premier monde alors que j'étais au troisième ou quatrième (normalement les warp zones font avancer dans le jeu et non reculer) ; on trouve également des champignons empoisonnés qui font rapetisser au lieu de grandir (mais ils sont facilement reconnaissables à leur couleur bleue et leur aspect complètement différent des champignons « normaux »).

 

Bref là j'en suis rendue au monde 7 après environ 72 Game Over (vive le mode « continue » illimité). J'ai lu sur Viquipédia qu'il y a un neuvième monde accessible uniquement si on termine le jeu huit fois d'affilée... Ben ce sera sans moi ; j'aime bien les défis mais là c'est trop.

 

Ensuite je me referai Astérix (terminé celui-là ; sympa et pas trop prise de tête), puis je me pencherai davantage sur Aladdin où là, je suis bloquée au premier boss. Comme quoi j'ai perdu quelques neurones de gameuse en quelques années (il fut un temps où je trouvais tout toute seule ; il n'y avait pas Youtube. Il n'y avait carrément pas internet en fait. Mais ça c'était avant!).

 

*oui je sais, je n'ai pas de bite. Mais « long comme ma chatte » c'est moins drôle.

Posté par Dawn Girl à 16:11 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
23 juillet 2017

Renaissance ?

Comme je le disais dans un commentaire sur le post précédent, ma mère a été greffée du foie le 18 juillet (jour de l'anniversaire de mon arrière-grand-père tiens, je viens juste d'y penser). Ca a été très rapide : un appel en numéro masqué sur mon portable le lundi soir ; j'ai pensé que c'était un guignol qui téléphonait suite à une annonce sur le Bon Coin, donc fuck j'ai rejeté l'appel. Puis message vocal : "Bonsoir madame c'est l'hôpital, merci de dire à votre mère de décrocher le téléphone c'est au sujet de sa greffe". Je rappelle donc ma mère, puis l'hôpital me rappelle : "C'est peut-être pour cette nuit".

Je finis par avoir ma mère qui avait l'air sincèrement surprise que ça aille si vite ; il fallait qu'elle trouve un VSL et qu'elle se rende à l'hôpital dans l'heure... Elle m'avait mis dans la tête qu'elle risquait de rester sur la table d'opération ; inutile de dire que j'ai passé ma soirée à larmoyer et à me dire que je ne la reverrais peut-être jamais.

Bref l'opération s'est bien passée ; par contre elle a mal partout, dort très peu et à des épisodes de délire à cause du traitement anti-rejet :-'( Je tremble à chaque heure qui passe même si je sais qu'elle est entre de bonnes mains. Sans compter que cette greffe, si elle est une chance, est tombée JUSTE avant qu'elle finalise l'achat de son appartement ; du coup c'est à moi de me dépatouiller entre la banque et le notaire, de trouver une voisine pour venir nourrir ses chats durant notre semaine de vacances, tout ça avec mon boulot, ma fille, les rendez-vous médicaux de ma fille et mes séances de kiné... 

Je ne sais pas si ma mère m'a caché que son état était plus grave que ce qu'elle m'avait dit. Elle m'avait promis qu'elle me dirait tout, mais bon... Je me dis que si elle est passée avant tout le monde pour cette greffe, c'est que c'était sans doute sa dernière chance de vivre. Mais elle angoisse ; elle ne dort pas et pense à la personne décédée. Elle stresse aussi car apparemment elle a un truc douteux au sein, sauf que je me dis qu'ils ne l'auraient jamais greffée s'il y avait eu une vraie suspicion de cancer ???!

Wait and see, les dés sont jetés.

Posté par Dawn Girl à 15:07 - Commentaires [5] - Permalien [#]
14 juillet 2017

La fille toute douce

 Aujourd'hui je vais vous parler d'une collègue de travail. Enfin, « collègue de travail » ; je devrais plutôt dire « niaise de travail », ou « gentille fifille de merde que tu as envie de lui coller une claque de travail ».

 

Vous vous rappelez du sketch de Florence Foresti sur les filles douées pour la vie à deux ? Les filles toutes douces, qui rigolent silencieusement et boivent du jus de papaye? Ben j'en ai un superbe spécimen sur mon lieu de travail...

 

Alors je sais que c'est moi qui ai un problème, hein ^^ En tant que névrosée et handicapée profonde des relations humaines, je me prends la tête avec 90 % des gens parce que je ne sais pas les apprécier normalement, ou à défaut cohabiter avec eux. Nan, les gens, soit je les kiffe à mort, soit je les déteste. Et elle, je la déteste avec sa gentillesse et ses sourcils.

 

Mais qu'est ce que ses sourcils viennent faire là-dedans ?, allez-vous me dire. Et bien parce qu'elle fait partie des gentilles nunuches qui font les sourcils en accent circonflexe quand on leur adresse la parole. Vous savez, les sourcils qui veulent dire « Je sais que tu vas me dire un truc super intéressant donc je défronce les sourcils en même temps que j'ouvre mes oreilles et mon trou de balle». Ces sourcils sont bien sûrs accompagnés de la bouche entrouverte, sinon c'est pas drôle.

 

Ensuite, elle ne dit jamais un mot plus haut que l'autre ; elle parle toujours tout doucement. J'ai HORREUR des gens qui parlent tout doucement. Même quand je l'envoie chier, elle répond doucement. Quand elle veut me demander un truc et que je fais semblant de ne pas la voir suis occupée, plutôt que m'appeler elle attend une heure en se tortillant sur ses jambes et finit par oser un minuscule « Euh... Dawn Girl ? »

 

obelix

Voilà ma réponse à ta voix douce, bécasse

 

A table elle laisse la moitié de ses frites parce qu'il ne faudrait pas qu'elle prenne du cul (pendant que moi et mon autre collègue on s'est fait un plaisir de tout bouffer comme des chancres. Le gras c'est la vie). Sur son fond d'écran de portable il y a une photo d'elle et de son copain, qui a l'air aussi niais qu'elle. Parmi ses contacts téléphoniques, on trouve une « Luciole » avec un keur à côté. Beurk.

 

BREF, toute la panoplie de la parfaite nouille qui m'insupporte.

 

En fait, ce qui me dérange chez elle, c'est que je la trouve trop gentille pour être honnête. Je ne la sens pas. Je suis sûre qu'elle nous prépare un sale coup ; je ne peux pas expliquer pourquoi mais elle me paraît fausse ; faussement gentille. D'ailleurs, la gentille fifille a quand même réussi à négocier avec mon patron (pour qui on a le droit de prendre une journée uniquement si on est décédé), de s'absenter pour un week-end au ski, et hop un samedi parce qu'elle est de mariage... Le genre de truc que ma collègue qui est là depuis 7 ans n'a jamais osé demander... De plus, elle arrive à la bourre tous les matins alors qu'elle travaille au fauteuil avec lui :-S Bref, pour une timide / toute douce / gnangnan / gentille, je la trouve très sûre d'elle.

 

On verra si l'avenir me donne raison, mais croyez-moi, j'ai du pif. Les gens me prennent pour une folle quand je devine des trucs sur une personne, mais très souvent il s'avère que j'avais raison. Nous verrons...

 

En cadeau pour ceux qui ne l'auraient jamais vu : le sketch de Florence Foresti 

 

Posté par Dawn Girl à 15:46 - Commentaires [6] - Permalien [#]
04 mai 2017

Bientôt libre ?

 Entendre la cousine de B. me présenter comme « Dawn Girl, la femme de B. », ben ça fait bien plaisir :-) Même si on n'est pas marié et qu'on ne le sera probablement jamais. Elle ne devait pas apprécier Madame (gnark gnark).

 

Sinon, B. a ENFIN reçu la convocation chez le juge pour le divorce. Si j'ai bien compris, il homologue la convention et c'est torché, le divorce est prononcé. Reste plus qu'à espérer qu'il ne reporte pas l'audience ou je ne sais quelle connerie.

 

Il se pourrait donc que le 30 mai, son mariage avec la moche soit enfin derrière lui. Quatre ans que j'attends ça (et même 10 ans si on tient compte du début de notre relation). Le passé est mort, vive le renouveau (enfin je vous redirai ça après la convocation ^^).

Posté par Dawn Girl à 15:11 - - Commentaires [5] - Permalien [#]

20 avril 2017

Je meurs

 Tout a commencé fin mars, alors que je descendais les escaliers au boulot : des douleurs aux deux chevilles. Je me suis dit que ça allait passer.

 

Sauf que ce n'est pas passé ; au contraire la douleur est allée crescendo. Le lundi, je montais et descendais les marches comme un zombie, les jambes écartées en ayant envie de hurler à chaque pas (vous avez loupé quelque chose, vraiment).

 

Le mercredi, n'y tenant plus je suis allée voir un médecin à côté de mon lieu de travail. C'était une jeune ; elle était très surprise qu'il y ait une atteinte des deux côtés. Elle m'a arrêtée quatre jours, m'a prescrit une prise de sang (qui a révélé le taux d'un truc trop élevé, mais personne ne m'a expliqué ce que c'était ni ce que cela signifiait).

 

Le lendemain, même discours de la part de mon médecin traitant (le rendez-vous était prévu depuis longtemps pour discuter de ma mère, mais j'en ai profité pour lui parler de mon problème ; je venais de mettre 30 minutes à faire le trajet de ma voiture jusqu'à son cabinet tellement je marchais comme une petite vieille). Elle m'a prescrit une nouvelle prise de sang, ainsi qu'une radio et une échographie des chevilles. Elle m'a dit très clairement : « Je ne sais pas ce que vous avez ».

 

Voilà qui n'était pas rassurant ; je n'allais pas tenir comme ça pendant 107 ans, bordel.

 

J'ai eu rendez-vous le lendemain pour la radio (qui n'a rien révélé), mais pour l'échographie, pas de place avant le 27 avril... Je suis retournée travailler le lundi tant bien que mal.

 

Sauf que ce n'était pas possible d'attendre si longtemps. Je ne pouvais ni marcher normalement, ni m'occuper de ma fille... Non seulement j'étais dans l'attente d'un diagnostic (ça avait l'air tellement extraordinaire que j'aie mal des deux côtés, que je me suis imaginé qu'on allait me prendre pour une affabulatrice qui s'invente des maladies), mais en plus je souffrais le martyre.

 

J'ai donc pris mon téléphone et j'ai appelé tous les cabinets d'échographie et cliniques du coin, espérant tomber sur un désistement... Rien de rien, jusqu'à ce que j'arrive à joindre l'hôpital (ça a été très compliqué et j'ai failli abandonner, comme quoi il faut persévérer). Il y avait eu un désistement pour le lendemain matin à 9 heures. J'ai dit banco.

 

Pendant l'échographie, le médecin ne disait rien, et c'était horrible. J'avais envie de lui dire : « Bon, tu trouves quelque chose, oui ou merde ? » Elle finit par dire à l'interne présent dans la salle, qu'elle ne voyait « pas grand-chose ».

 

Putain de bordel à queue, « pas grand-chose » = rien du tout . Donc ça y est, je vais me faire jeter... Les examens sont normaux ; le seul « espoir » qui me reste c'est que ma prise de sang révèle que je suis positive pour la maladie de Lyme, quelle joyeuse perspective... Mes os n'ont rien, mes ligaments non plus donc reste également l'hypothèse d'un problème veineux ; je vais devoir me procurer une ordonnance pour une écho-doppler... ou alors j'ai la maladie de Lyme. Ou alors il n'y a strictement rien et personne ne trouvera jamais ce que j'ai ; je suis condamnée à vivre comme ça, avec ces douleurs horribles et je vais finir droguée à la morphine comme Sylvain Augier.

 

(si tu es né après les années 80, tu ne connais pas Sylvain Augier. Et bien va voir sur Viquipédia).

 

Elle a fini par appeler un collègue, qui m'a refait l'échographie en leur faisant le commentaire en direct (avec des termes médicaux complètement incompréhensibles, c'était horrible). Il m'a dit qu'il allait me faire faire une IRM des chevilles. Là, tout de suite.

 

De quoi, une IRM ? Le truc où on doit normalement attendre 6 mois ? Là, maintenant, donc en urgence ? Mais j'ai QUOI, bordel de merde ?

 

Bref j'ai revêtu les surchaussures, la charlotte et la blouse nouée dans le dos (mais j'ai eu le droit de garder ma culotte donc personne n'a vu mon gros cul), et j'ai attendu patiemment dans le couloir pour l'IRM.

 

On m'avait dit que c'était un examen angoissant, ben je confirme... Et encore, je n'étais pas toute entière dans la machine. La première fois ils m'ont mis de la musique (j'ai eu « I will survive », j'ai ri) ; la deuxième fois ils ont oublié donc j'ai entendu tous les bruits.

 

Il en est ressorti le diagnostic suivant : fracture de fatigue. Des deux côtés. On m'a donné le compte rendu sur un CD rom, et invité à aller voir le médecin traitant pour voir quel traitement mettre en place.

 

Ensuite, j'ai été baladée : de l'hôpital au médecin traitant ; du médecin traitant (enfin son remplaçant) à la clinique, de la clinique à l'orthopédiste... Je suis sortie à plus de 18 heures :-S

 

L'orthopédiste était un gros con, qui ne m'a pas examinée, s'est contenté de regarder les images de mon IRM en disant « Ah oui, c'est pas normal », a passé une demi-heure à taper sur son putain de Macintosh portable sans dire un mot, et BIM 70 euros de consultation. J'étais très énervée en sortant.

 

La prise de sang faite le lendemain est anormale, mais je n'ai aucun retour... J'attends des nouvelles de mon médecin traitant, tout en sachant qu'elle ne pourra pas établir de diagnostic avec seulement ce résultat. Vous savez, dans les films quand on parle d' « examens complémentaires » ? Bah voilà, on y est.

 

BREF en conclusion j'ai deux fractures de fatigue et apparemment tous les médecins n'ont « jamais vu ça », c'est une blessure réservée normalement aux grands sportifs, or je ne suis pas du tout sportive. J'ai enquillé trois prises de sang (dont une avec des taux de machins gt et de bidules PAL anormalement élevés), je ne sais pas si j'ai un problème hépatique, osseux ou va savoir quoi encore, si c'est grave ou pas ; je vois une rhumatologue le 22 mai ; j'ai un diagnostic mais pas d'explication, aucun médecin n'a pris la peine de me faire un arrêt de travail pour cette journée-marathon ; heureusement mon patron a été sympa et ne m'a pas retiré d'heures.

 

La question qui me taraude, c'est « pourquoi ? » Pour moi qui ai peur de la maladie et de la mort, c'est vraiment pas cool :'-(

Posté par Dawn Girl à 17:51 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
09 avril 2017

La mère et la fille (épisode 1472)

 Jeudi dernier, le médecin de famille (elle suit ma mère, moi et ma fille) a demandé à me parler au sujet de l'état de santé de ma mère. « Sa maladie évolue » ; sous-entendu « elle se dégrade »...

 

Ma mère n'a pas bu depuis le mois de janvier ; elle tient car elle pense qu'elle aura une greffe de foie. Mais le médecin m'a dit que pour elle, il n'y aura probablement pas de greffe...

 

Alors là, je n'ai pas caché mon étonnement. Son hépatologue lui aurait parlé de greffe alors que ce serait inenvisageable ? Si c'est le cas, c'est vraiment dégueulasse de lui faire espérer quelque chose qui n'arrivera jamais...

 

Le problème, c'est qu'elle n'a jamais réussi à avoir l'hépatologue directement au téléphone. Je lui ai donc dit d'essayer de la rappeler pour mettre les choses au clair, parce que là il y a quand même un gros souci de cohérence dans les propos.

 

Après, elle est passée à moi : elle m'a demandé comment je vivais la situation, si j'avais besoin d'être aidée. Pour la première fois de ma vie, quelqu'un (que ce soit médecin, entourage etc), m'a demandé mon ressenti. Depuis toutes ces années (20, 30 ans ?), j'avais l'impression que personne n'en avait rien à foutre de comment j'allais ; la seule à plaindre c'était ma mère et moi on s'en tamponne (enfin sauf les lecteurs de mon blog, mais ce n'est pas pareil ^^). D'ailleurs, la dernière fois que quelqu'un m'a dit : « Il faut prendre soin de ta mère » j'ai eu envie de lui répondre : « Ah oui, « prendre soin de ma mère » ? Et MOI, connasse, tu me vois, ou bien je suis transparente ? T'es au courant que j'ai vécu seule avec ma mère depuis l'âge de 2 ans ? ça t'intéresse de savoir ce que ça fait d'avoir ce fardeau sur les épaules, de l'assumer toute seule depuis l'enfance ? D'avoir l'impression d'être seule au monde parce que le type qui se trouve être mon géniteur, m'a encore plus enfoncé la tête sous l'eau? Que le reste de la famille ferme ses rideaux et commente le truc de loin, bien à l'abri ? Que je vois de la pitié dans le regard des gens, dans les magasins ? Que j'ai l'angoisse de savoir comment elle va être aujourd'hui, demain et après-demain ? De me demander quel jour elle va mourir et comment ? Si elle va vomir, saigner, se vider ? De qui va la retrouver ? De comment je vais faire pour nettoyer toutes ses sécrétions corporelles et ce que je vais faire de ses putains de meubles ? Ca t'intéresse de savoir à quel point ça me pèse de ne pas être comme les autres, de mettre dix ans de plus à faire les choses parce que j'ai grandi de guingois ? Ca t'intéresse de savoir comment je vis la situation, ou tu t'en fous ? Je suis forte, c'est ça, je m'en sors ? Donc comment je vais, on s'en tape ? J'aimerais tellement que les gens se dispensent de dire des conneries quand ils ne savent pas de quoi ils parlent. Alors, si tu veux me rendre service (ou plutôt rendre service à ma mère, puisque moi je compte pour du beurre), fais donc ceci: avant de me demander de « prendre soin de ma mère », prends donc soin de ton cul, et tes phrases pourries, tu te les carres bien au fond de ta cavité rectale. Merde. Cordialement ».

 

J'ai pensé tout ça très fort, mais bien sûr, je n'ai pas osé le dire. Parce que je suis une gentille fifille polie (gné).

 

BREF tout ça pour dire qu'il a fallu attendre le 6 avril 2017 pour que ENFIN, quelqu'un se rende compte que je souffrais. Inutile de dire qu'au bout de quelques minutes, mon armure s'est fissurée et je me suis effondrée. J'ai l'impression de ne faire que ça, m'effondrer... Je dois chialer environ une fois par semaine à cause de ma mère. Appelez-moi Madeleine...

 

Elle a été très gentille. Elle m'a donné un mouchoir, et les coordonnées d'une psychologue. Que j'appellerai ; une fois que mon problème de chevilles sera résolu (oui car j'ai très mal aux chevilles depuis une semaine ; je ne peux plus marcher correctement et les médecins ne savent pas pourquoi... La seule chose qui me soulage, c'est la codéine. Et la codéine, on ne peut pas en prendre indéfiniment. Je suis en arrêt de travail ; je pense que le CDI que mon futur ex-patron m'avait promis va me passer sous le nez (il a un caractère de merde et est du genre à penser qu'il ne peut pas compter sur moi. Donc merci au revoir). Bref je fais des prises de sang et des radios des chevilles et on ne trouve rien. Je vais mourir des pieds).

 

Je serai toujours reconnaissante envers ce médecin de m'avoir tendu la main. Elle m'a dit que je pouvais venir la voir si ça n'allait pas, même si c'est juste pour parler. Quand je pourrai remarcher normalement, je m'occuperai de ma tête. Ne croyez pas que c'est une manière de repousser les choses ; je ne peux vraiment RIEN faire en l'état ; juste traîner mon derrière au boulot parce que j'ai pas le choix. Je n'arrive même pas à m'occuper correctement de ma princesse :'-( (si personne ne trouve pourquoi j'ai mal aux pieds, je me tire une balle. Dans le pied. Ha ha).

 

(Note pour plus tard : arrêter avec les parenthèses à outrance).

Posté par Dawn Girl à 10:53 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
26 février 2017

Et là c'est le drame

 Durant son séjour à l'hôpital, ma mère était ralentie, à des degrés plus ou moins importants selon le moment, comme si elle était droguée. Elle regardait dans le vide. Comme les médecins lui avaient donné du Valium lors de sa précédente hospitalisation en décembre, je me suis dit qu'ils avaient dû renouveler la prescription. Et puis elle avait toujours le blanc des yeux jaune...

 

Sauf que. Le médecin est passé par hasard à un moment où j'étais là (je passais la voir tous les midis lors de ma pause déjeuner), et m'a assuré qu'elle ne prenait aucun calmant ou sédatif ; que cet état était simplement « une complication de la cirrhose »...

 

Super.

 

Le 4 février, elle m'a appelée en me disant : « J'en peux plus, je pars. Je vais les sonner et leur dire que je m'en vais ». J'ai vécu cette décision comme un choc ; je ne voulais pas qu'elle parte de l'hôpital sur un coup de tête comme elle l'avait fait en 2012 lors d'une autre cure. Cela aurait été encore un échec, et une raison de plus pour replonger dans l'alcool à peine sortie. Je sais que je devrais m'en foutre et cesser de prendre les choses autant à cœur, mais je ne peux pas m'en empêcher, c'est horrible. J'imaginais la scène avec le coup d'éclat et tout le reste. Quelquefois j'aimerais être neuneu et que mon cerveau cesse de toujours tout visualiser. Malheureusement c'est impossible.

Bref elle m'a expliqué qu'elle en avait marre que les aide-soignantes lui disent quand manger, quand s'habiller, quand se laver... Je l'ai suppliée de rester jusqu'au bout de son séjour ; j'étais en mode serpillière, c'était assez lamentable. Elle a fini par m'écouter et rester là-bas.

 

Bien lui en a pris, car quand je suis arrivée à l'hôpital le 10 février, j'ai trouvé... une chose. Une chose qui me regardait la bouche grande ouverte sans parler. Une chose qui ne trouvait plus ses mots. Une chose qui avait l'enveloppe corporelle de ma mère, mais qui s'éloignait encore plus de ce qu'était ma mère. D'ailleurs où était-elle, ma mère, la vraie ? Depuis combien de mois, d'années je ne l'avais pas vue ? Allais-je la revoir un jour ? Je suis sortie pour choper l'infirmière ; je lui ai demandé ce qu'elle avait. Réponse : « Elle ne sait plus où elle est ».

 

Super.

 

J'avais envie de me casser très loin, mais je suis restée pour attendre le médecin. Je me suis dit que c'était fini, que je l'avais perdue définitivement. Je me suis effondrée. Ma mère m'a demandé : « Mais qu'est ce qu'il y a ? » J'ai ahané : « T'es en train de partir, là ». Elle m'a répondu : « Mais non, je ne suis pas en train de partir. »

 

Le médecin est entrée dans la chambre. Elle m'a dit : «Sa cirrhose hépatique est très grave. L'état dans lequel elle est, c'est une complication. Cela risque d'être assez fluctuant. On va lui faire un scanner du cerveau pour voir s'il n'y a pas de saignement cérébral ».

 

« Bon, ben mon départ est encore repoussé », m'a dit ma mère avant que je parte. Tu m'étonnes...

 

Je suis partie en me demandant si j'allais la revoir vivante, et surtout, pour la millième fois, qu'est ce que j'avais fait au bon dieu pour mériter ça.

 

Je suis retournée au boulot ; on avait une réunion. Mon patron m'a dit : « Oh mais vous avez les yeux rouges, dites-donc ! » Je me suis re-effondrée.

 

Le lendemain matin, j'ai appelé ma mère en me disant qu'elle n'allait pas répondre au téléphone. Elle a répondu ; elle avait retrouvé toute sa lucidité et le scanner n'avait pas révélé de saignement cérébral.

Elle est sortie de l'hôpital depuis 10 jours; une infirmière passe 3 fois par jour chez elle et elle bénéficie également d'une aide ménagère. Elle s'est enfin occupée de ses lunettes (elle avait l'ordonnance de l'ophtalmo dans un coin depuis 6 mois). Mais elle vit mal le fait d'être dépendante ; elle est parfois désagréable avec l'infirmière. Elle ne se plaît pas dans son appartement. Elle prétend qu'elle n'a pas besoin d'aide alors qu'elle en a besoin. Elle dit qu'il faut que je m'occupe de moi, mais elle me fait porter tellement de choses depuis tellement longtemps que je ne peux plus m'en foutre. Son alcoolisme s'est incrusté en moi, ou je me suis incrustée dans son alcoolisme. C'est comme un tatouage qui ne cicatrise pas. Je sais que j'ai besoin d'aide psychologique, mais avec tous les rendez-vous pour ma fille et mon seul jour de repos par semaine je n'ai pas le temps (elle fait de la kiné car elle ne tient pas assise à 11 mois -les autres bébés de cet âge tiennent debout depuis perpète ; comme si j'avais besoin d'un souci supplémentaire).

 

Elle n'a pas bu depuis janvier, mais malheureusement il n'y a pas d'amélioration hépatique pour le moment ; les démangeaisons qu'elle subit sont le témoin que son foie va très mal. Il est peut-être trop tard... Elle compte sur une greffe, mais vu la rareté des organes et ses antécédents alcooliques, je doute qu'un comité de greffe se prononce favorablement. Les médecins ne savent pas si l'épisode confusionnel qu'elle a connu le 10 février risque de se reproduire, et si oui, quand et comment. Coucou l'épée de Damoclès, t'sais...

 

Quelquefois, j'ai envie que tout s'arrête une bonne fois pour toutes, qu'elle y reste et qu'on en finisse. Et puis je l'entends me parler au téléphone, dans son état normal, et j'ai honte d'avoir pensé ça. Je ne sais même pas comment je m'en sortirai le jour où elle mourra. Ce genre de fardeau ne devrait pas arriver à un enfant unique, sans père de surcroît. Je suis toute seule. Et puis je dois être la seule à penser à la mort de ma mère de 56 ans... Normalement à 56 ans les mères sont encore en pleine force de l'âge.

 

J'emmerde les gens qui ont des parents normaux et qui me trouvent bizarre parce que j'ai des parents pas normaux. Comprennent rien.

Posté par Dawn Girl à 10:06 - - Commentaires [7] - Permalien [#]
23 janvier 2017

Quand faut y aller...

J'ai donc commencé le rangement et le nettoyage chez ma mère, profitant de son hospitalisation. Il y a tellement à faire que j'ai l'impression d'être devant une montagne... et je n'ai pas beaucoup de temps, seulement les lundis matins et jeudis. En plus, je dois parfois emmener ma fille avec moi car B. a sa mère qui est également hospitalisée et on ne rentre pas dans un hôpital avec un bébé.

Hier, j'ai trié le courrier et suis tombée sur une lettre du conseil général, avertissant ma mère que leur attention avait été "attirée" sur sa "situation familiale", et qu'une assistante sociale allait passer ce matin. Trop tard pour décommander ; par chance je ne travaillais pas ce matin.

J'ai demandé à l'assistante sociale qui l'avait alertée ; elle m'a répondu que c'étaient des habitants de l'immeuble, rapport aux "odeurs qui se dégagent de son appartement"...

Bordel de merde.

En attendant, je ne sais pas si je vais réussir à tout faire d'ici début février : déballer et ranger les cartons, nettoyer le sol (dégueulasse à un point que vous n'imaginez même pas), et surtout ranger. Une tâche titanesque, et le temps passe trop vite.

Posté par Dawn Girl à 11:59 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
08 janvier 2017

L'effet miroir...

Dans mon boulot, 95% des patients sont des enfants. On a donc affaire à leurs parents toute la journée : des très sympa, des moins sympa, des chieurs, des gentils mais pénibles, des stressés, des super zen, etc etc... Comme mon patron est très « particulier » et qu'il ne reçoit jamais les parents, c'est ma collègue et moi qui servons de tampon, et croyez-moi, ce n'est pas toujours agréable.

 

Le 30 décembre, une maman est arrivée à l'accueil assez remontée. Elle m'a pris la tête sur un peu tout : radios, durée du traitement... Mais ce n'est pas ça qui m'a le plus frappée.

 

Ce qui m'a frappée, c'est qu'à peine elle a ouvert la bouche que j'ai senti une forte odeur de vin rouge. La même haleine bouchonnée qui m'a si souvent agressé le nez et le cœur lorsque je vivais chez ma mère. Cette personne avait bu avant de venir, ce qui expliquait son état, disons... un peu nerveux.

 

Bref, j'ai eu l'impression de me retrouver en face de ma mère...

 

Instinctivement, j'ai baissé le volume. Je lui ai parlé très calmement (bon j'étais fatiguée aussi). Je crois que j'ai fait ça en pensant à ma mère, parce que je sais qu'une voix douce la calme quand elle a bu. J'ai regardé son fils ; je me suis demandé s'il connaissait le problème de sa mère. Est ce qu'il le sait consciemment, inconsciemment ? Est ce qu'il l'a déjà chopée en train de boire ? Est ce qu'il sent son haleine ? Est ce qu'il a peur de ses réactions ? Est ce qu'il a déjà pris des baffes à cause d'un éthylotest positif ? Est ce qu'il se demande pourquoi elle dort comme une masse à 20 heures ? Est ce qu'il ressent un gros malaise sans réussir à mettre des mots dessus ? Est ce qu'il a des frères et sœurs ? Est ce que son père est présent ? Est ce que sa mère s'en sortira un jour, contrairement à la mienne ?

 

Ca a marché : elle s'est calmée. Mais je savais que de toute façon ce n'était pas de l'agressivité, juste de l'alcool. Elle m'a souri et m'a dit : « Bon réveillon ».

 

Ma mère sera de nouveau hospitalisée à partir du 11 janvier, au moins pour trois semaines. Est ce que cette fois-ci sera la bonne, ou est ce qu'il est trop tard ? Son état s'est tellement dégradé depuis un an... Elle a pris 20 ans et est complètement incontinente, elle ne s'occupe plus de ses papiers, mange n'importe comment, vit dans la crasse, le bordel et les excréments (désolée pour les détails). Lors de sa dernière hospitalisation j'avais passé mes jours de repos à ranger et nettoyer, mais je vous fiche mon billet que son appartement est redevenu comme avant. Il y a deux semaines, elle a passé plus de 8 heures par terre sans pouvoir se lever ; elle avait laissé ses deux téléphones à l'autre bout de la pièce. J'ai passé ma journée à me dire que j'allais le retrouver morte en allant chez elle. Pourquoi les autres alcooliques s'en sortent et pas elle ? Pourquoi suis-je obligée d'assister à la mort lente de ma mère sans rien pouvoir faire à part stresser et bousiller ma propre santé? J'ai vu les yeux de Renaud l'autre jour à la télé ; elle a les mêmes. Elle aussi a un Mister Renard qui prend le dessus de plus en plus souvent.

 

BREF, ça fait toujours drôle de voir une autre alcoolique en face de soi. Je sais que je suis restée professionnelle, mais c'est difficile de trouver la bonne limite entre sympathie, empathie et compassion quand on est autant concerné par le problème. Désormais, je verrai ce patient sous un jour différent. Pourtant, il n'a rien de particulier.

 

L'alcool, c'est vraiment de la merde.

Posté par Dawn Girl à 10:58 - - Commentaires [5] - Permalien [#]