Le blog de Dawn Girl

09 octobre 2018

Parce qu'elle mérite bien un post à elle toute seule

Il existe des personnes qu'on croise dans notre vie et qui nous marquent à jamais. Des personnes qui ont une telle personnalité, un tel charisme qu'on ne peut pas ne pas les aimer. Des personnes dont on se rappelle encore le sourire et les mimiques plus de 16 ans après. Martine fait partie de celles-là.

Martine était ma prof de chinois au lycée. En terme de langue chinoise, elle était l'équivalent de Jodie Foster en français : elle le parlait d'une manière absolument impeccable. Elle parlait chinois, vivait chinois, respirait chinois. Elle aurait pu doubler des films chinois en VO. Elle en était devenue chinoise physiquement (pas les yeux bridés, mais petite et assez menue). Même son mari et sa fille faisaient asiatiques. La Chine était son pays d'adoption au sens propre du terme.

Le jour de la rentrée, elle nous a expliqué que sa première passion était l'allemand ; que quand elle entendait parler allemand elle était émue (j'avoue, j'ai gloussé ^^). Après le bac elle a failli apprendre le japonais, puis finalement elle a fait du chinois et ça a changé sa vie. Elle parle donc quatre langues couramment. A propos de la langue chinoise, elle a employé une expression que je n'ai jamais oublié : "Au niveau où je suis, j'ai encore l'impression d'être devant une montagne". L'humilité asiatique. Quand je vous dis qu'elle est habitée ^^

Elle avait beau faire 1,60 m, elle avait une autorité de dingue. Mais juste ce qu'il fallait : elle élevait la voix façon crécelle quand on bavardait trop, mais elle savait aussi plaisanter quand la situation s'y prêtait. Elle était charismatique. Personne n'aurait osé être insolent avec elle, jamais. Jamais elle ne perdait pied. Jamais elle n'était stressée. Jamais elle n'était ridicule. Même la fois où elle nous a dit "Allez-y, posez-moi des questions sur moi !" ou encore : "Moi d'habitude je dors sans culotte, mais là vu la gueule de la chambre et des draps, j'en ai mis une". S'il fallait dire à un grand gaillard de 19 ans de se taire, elle le faisait. Et il ne mouftait pas.

Elle savait comment me prendre. Pourtant à l'époque, entre mon adolescence, mon contexte familial très difficile et mon probable TSA, c'était compliqué de me prendre. Elle a accueilli mes saillies insolentes à la chinoise : elle n'a pas relevé. Elle m'a traitée comme quelqu'un de normal. Quand j'avais mal appris ma leçon parce que ça me soûlait et que je passais des soirées angoissantes, elle m'encourageait. Elle savait à quel moment il fallait m'engueuler et à quel moment il ne fallait pas. Un jour, elle m'a demandé de venir devant toute la classe pour lui décrire à l'oral la carte de Chine (c'était une leçon du livre). J'étais stressée, j'avais mal préparé ma prestation et mes yeux étaient scotchés sur ma feuille. Quand j'ai eu fini mon laïus (ou plutôt ma purée indigeste), elle m'a demandé très calmement : "Donne-moi ta feuille. Et maintenant recommence" . Mes yeux ont dû s'agrandir de stupeur ; j'ai senti la noyade arriver, mais jamais je n'aurais osé contester un ordre de Martine la Chinoise, alors je l'ai fait sans mes notes. Et je ne me suis pas noyée.

Elle m'a fait pleurer au bac blanc, mais elle a été très gentille. Après coup, j'ai appris que des filles qui l'avaient comme examinatrice au bac sortaient de la salle en larmes. Forcément, quand on ne la connaît pas elle n'a pas l'air commode. Ceci ajouté à son accent parfait digne d'un diplomate chinois, pas étonnant que des candidats aient paniqué face à elle. Moi par contre, j'étais au taquet pour l'oral du bac ; je suis tombée sur un examinateur avec un accent français à couper au couteau donc j'ai passé mon oral fingers in the nose. Je me suis rendue compte à quel point elle mettait la barre très très haut. Mais c'était pour notre bien. Elle faisait partie de ces profs qui vous tirent vers le haut, toujours. 

 Elle nous a expliqué que quand elle était petite, elle était très timide. Elle vivait aux États Unis, et dans son école chaque enfant devait se mettre debout chaque matin et s'exprimer devant tout le monde. C'est grâce à cela qu'elle a surmonté sa timidité. Au lycée on n'a pas envie de s'exprimer en public ; on a juste envie de se cacher derrière ses cheveux, tout au fond de la classe. Mais quand on est adulte, on comprend que c'est l'oral qui nous sert dans la vie professionnelle et non l'écrit. Quand on est face à un recruteur, c'est l'oral qui compte. Quand on bosse en équipe, c'est l'oral qui compte. Quand on répond au téléphone ou qu'on accueille du public, c'est l'oral qui compte. On devrait mettre les enfants à l'oral dès le plus jeune âge, à l'école ; j'en suis convaincue.

Quelques mois après que j'ai passé le bac et quitté le lycée, Martine a demandé du feu à quelqu'un dans un café. Ce quelqu'un, c'était ma mère. Bien évidemment celle-ci est partie dans un élan lyrique : "Vous avez réussi à canaliser Dawn Girl. Elle vous appréciait beaucoup". Martine lui a répondu : "Si Dawn Girl le souhaite, elle peut me téléphoner". Je lui ai laissé un message sur son répondeur, mais elle ne m'a jamais rappelée. Quelques semaines après, je suis allée au lycée pour récupérer mon diplôme du bac. J'ai croisé Martine dans le couloir, elle m'a fait la bise et m'a demandé ce que je faisais comme études. Elle n'a pas fait allusion à mon message téléphonique. 

Des années plus tard, j'ai appris que Martine avait pris du galon et était devenue inspectrice sur tout le Grand Ouest. Elle parcourait les régions pour promouvoir le chinois, inaugurer des classes bilingues, rencontrer des gens. Elle posait dans les journaux, toujours avec ses foulards en soie chinoise, ses pantalons colorés et son grand sourire d'asiatique d'adoption. Quand Facebook est arrivé, je lui ai envoyé un mail. Elle ne m'a jamais répondu.

J'ai été très déçue qu'elle ne réponde ni à mon message téléphonique ni à mon mail (dix ans les séparaient donc on était loin du harcèlement ^^). Cela ne cadrait pas avec son personnage. Mais je reste admirative de ce qu'elle est, de son talent et de son parcours. Je pense qu'elle ne va pas tarder à partir à la retraite ; ce sera une immense perte pour l'Education Nationale. Dommage que je n'ai pas pu garder de lien avec elle ; elle qui va en Chine tous les quatre matins ; elle aurait sûrement trouvé les mots pour me rassurer avant de prendre l'avion. Je suis persuadée qu'elle a marqué positivement tous les élèves qu'elle a eus. C'est normal de la redouter, mais c'est impossible de ne pas l'apprécier, et encore moins de l'oublier.

Xie xie, Martine !

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02 octobre 2018

Une bonne chose de faite...

cathedrale

 

Ayéééé je suis revenue vivante de mon séminaire. Pour ce qui est de mon défi 69 , à savoir prendre l'avion sans flipper, c'est pas gagné :-( Au décollage aller j'ai pleuré, et au retour je n'étais pas très fière non plus (par contre je n'ai pas pleuré). En fait c'est surtout le décollage qui me pose problème ; une fois dans le ciel je suis relativement calme, à condition d'être occupée à autre chose et qu'il n'y ait pas trop de secousses qui peuvent faire penser que l'avion tombe. Mon patron a évoqué la Suisse pour l'année prochaine, donc si c'est maintenu, je serai obligée de reprendre un tombeau volant... Enfin bref on n'en est pas là ; on verra bien déjà si je bosse encore là-bas d'ici là ; rien n'est moins sûr.

Bref pour en revenir à ce séminaire ; au-delà du fait que j'étais très mal de laisser ma fille, cela s'est relativement bien passé, et j'ai eu un vrai coup de coeur pour la ville de Lyon qui est très jolie, et les lyonnais sont super sympas. On a commencé le vendredi par une visite guidée du Vieux Lyon (j'ai découvert les Traboules) ; le lendemain on avait quartier libre donc on s'est baladé avec mes collègues ; j'ai acheté une pêche à la ligne magnétique pour ma fille dans un magasin pour jouets et j'ai fait un (beaucoup trop bref) tour au Parc de la Tête d'Or. Je n'ai malheureusement pas eu le temps d'assister au spectacle de Guignol qui avait lieu à ce moment-là.

Et j'ai pris le métro. Je ne sais plus si je vous avais dit que j'adore prendre le métro dans chaque ville que je visite, c'est ma passion :-) (d'ailleurs j'ai toujours ma frustration de ne pas avoir pris le métro à Bruxelles en 2010...)

Le vendredi soir on a mangé dans un véritable Bouchon lyonnais, et le samedi on a passé la soirée sur un bateau qui parcourait la Saône puis le Rhône, c'était vraiment sympa. Le dimanche on était dégoûtées avec mes collègues car notre patron nous a obligées à rester toute la journée ( la dernière conférence se terminait à 13h et l'avion décollait à 20h...) ; mais finalement on a passé une partie de l'après-midi dans le spa de l'hôtel (jacuzzi, hammam, douches avec des intitulés qui font rêver du genre "pluie tropicale" ou "brume polaire"), donc c'était plutôt cool.

Bon petits points négatifs : on a évidemment bouffé comme des chancres et j'ai bu trop de champagne sur le bateau ; j'ai fini la tête dans les chiottes à une heure du matin ; mais du coup je me suis décoincé le popotin et j'ai dansé avec des collègues. Il me reste juste 30 kg à perdre quoi ! ^^

Pour finir je ne vais pas vous soûler avec les conférences qu'on a suivi car je doute que l'éducation fonctionnelle vous intéresse, mais je les ai trouvées beaucoup plus captivantes que l'année dernière.

Bref une expérience positive finalement :-)

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24 août 2018

La poursuite de Clive Cussler

La-poursuite

Voilà un livre dont je n'avais jamais entendu parler, et que je n'aurais jamais lu sans cette deuxième lecture commune avec Zofia. Et en plus j'ai rendu service à cette dernière, car ce livre traînait dans sa PAL depuis plusieurs années :)

 

L'histoire : En 1950, une locomotive et un wagon sont repêchés dans un lac. A l'intérieur, deux corps méconnaissables, qui ont séjourné plus de quarante ans dans l'eau.

Retour en 1906 : l'Ouest des Etats-Unis est frappé par un braqueur en série qui attaque des banques, élimine tous les témoins puis s'évapore littéralement dans la nature. Personne n'arrive à lui mettre la main dessus. Isaac Bell, un détective privé réputé, se met à la poursuite de celui qu'on a surnommé "Le Boucher".

Le lecteur se retrouve tour à tour aux côtés de Bell, à la poursuite du Boucher, puis aux côtés du Boucher lui-même, qui se sent invincible et n'éprouve aucun sentiment envers qui que ce soit (sauf peut-être sa soeur, et encore..) Rapidement, le Boucher sait que Bell le pourchasse. Malgré sa confiance extrême en lui, on le sent déstabilisé à plusieurs reprises.

J'ai trouvé trois petits défauts à ce livre (j'en trouve toujours vous me direz ; je suis très difficile ^^) : d'abord, l'enquête met beaucoup de temps à démarrer. Ensuite, l'auteur donne beaucoup de détails sur la mécanique des trains et des voitures ; et personnellement ça ne m'intéresse pas. Enfin,  au moment où l'action se déroule pendant le tremblement de terre de San Francisco de 1906, l'auteur décrit les bâtiments écroulés pendant au moins dix pages et franchement ça m'a soûlée au bout d'un moment, j'avais envie de dire : "C'est bon on a compris..."

Mais en-dehors de ces quelques bémols, j'ai passé un bon moment dans cette enquête ; je ne me suis (presque) pas ennuyée. Une fois entrée dans l'histoire j'étais bien prise dans l'action et j'avais envie de savoir si Bell allait rattraper le Boucher et si ce dernier allait enfin payer pour ses crimes.

Bref, je recommande ce livre pour ceux qui aiment les enquêtes policières :)

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01 août 2018

Veux pas y aller...

La première fois que j'ai consulté quelqu'un pour les problèmes de sommeil de ma fille, elle m'a donné un très bon conseil : celui de me concentrer sur le "Ici et maintenant"et de ne pas psychoter sur ce qui se passera potentiellement le lendemain ou le surlendemain. J'essaye au quotidien d'appliquer ce conseil du mieux que je peux et de me dire qu'à chaque jour suffit sa peine, mais souvent quelquefois c'est vraiment difficile. A la base j'ai déjà un tempérament stressé / anxieux à l'extrême / confiance en moi à zéro / hypocondriaque / catastrophiste, mais depuis que je suis maman c'est encore pire. Quand on est maman on a peur tout le temps. Là par exemple on est en août, donc je devrais me dire "youpi je suis en vacances ; trois semaines sans être au boulot profitons-en". Ca, c'est la théorie.

En pratique, je vois poindre le mois de septembre, et dans mes tripes c'est Verdun... Septembre, c'est le mois de ce putain de séminaire de merde de 4 jours loin de chez moi, avec des gens que je ne connais pas, et qui plus est, on y va en cercueil volant (mais honnêtement là tout de suite ce n'est même pas de prendre l'avion qui me pose problème). Je n'ai pas envie de partir 4 jours. Je n'ai pas envie que ma fille soit triste / perturbée parce que je ne suis pas à la maison. Je n'ai pas envie qu'elle me fasse payer mon absence quand je reviendrai si je reviens. Je n'ai pas envie de me taper des conférences de merde qui ne m'intéressent pas. Je n'ai pas envie de stresser chaque matin avant le petit déjeuner à l'idée que mes collègues y aillent sans moi et que je doive me rendre toute seule à la salle de petit déj. Je préfère encore ne pas déjeuner. Je n'ai pas envie de bouffer au resto midi et soir et de prendre douze kilos ; j'ai déjà bien assez de mal à perdre mes kilos de grossesse. Je n'ai pas envie d'aller à leur soirée de gala à la con, surtout si c'est pour qu'on me dise "allez viens danser !". Je ne veux pas danser, j'ai l'air con quand je danse. J'ai un manche à balai dans le cul et aucun sens du rythme. Puis j'aime pas ça, merde. Je n'ai pas envie d'entendre la femme de mon patron (qui est accessoirement mon ancienne patronne) appeler son assistante "OHRORE". Elle peut pas prononcer "Aurore" comme tout le monde ; non il faut qu'elle dise Ohrore. C'est insupportable. Je n'ai pas envie de faire la bise à des gens que je ne connais pas et qui n'en ont rien à branler de ma gueule, comme je n'ai rien à branler de la leur d'ailleurs. Je n'ai pas envie de me retrouver toute seule. A chaque fois que je suis dans un groupe, je finis toujours par me retrouver toute seule. Toujours. Ca a toujours été comme ça, depuis l'école maternelle. La dernière fois, c'était lors du dernier séminaire en 2017; deux de mes collègues étaient tout le temps fourrées ensemble à parler du lycée (elles étaient dans la même classe en terminale mais elle ne traînaient pas ensemble). Bref elles ont passé les 3 heures et demi de route à parler du lycée, puis ensuite 4 jours à parler du lycée. Il devait s'en passer des choses passionnantes au Lycée du Père Trouduc pendant l'année 2004-2005. Du coup je me retrouvais plus ou moins avec ma troisième collègue, qui elle, aime bien aller traîner avec des assistantes de Toulon, ou de La Rochelle ou je ne sais plus où d'ailleurs car je m'en branle complètement.

Bref toujours est-il qu'après l'activité char à voile (où j'ai été confondante de ridicule), on est remontées en même temps pour enlever nos tenues dans le hangar à bateaux, et là... bah elle s'est barrée. Comme ça, sans me dire un seul mot. Elles s'est juste barrée sur la plage rejoindre les deux autres (qui devaient parler du lycée sans doute). Pourtant on ne s'était pas du tout pris la tête ni rien. Je me suis retrouvée comme une conne avec les autres groupes de filles que je ne connaissais pas, et là putain je vous jure j'ai eu envie de pleurer comme une gamine. J'avais l'impression de revenir 20 ans en arrière, je me sentais ridicule (surtout que mon ancienne patronne était là). J'ai eu envie de me tirer de là et d'aller chialer dans ma chambre d'hôtel ; sauf que je ne pouvais pas car on était à quinze bornes de l'hôtel. Quand je les ai retrouvées toutes les trois dans le car, l'une d'elles a arrêté un moment de parler du lycée et m'a demandé : "Je peux me mettre à côté de toi ou tu veux rester toute seule ?" Je n'ai pas compris sa question... Je n'avais absolument pas demandé à rester toute seule ; c'était l'autre qui s'était barrée !

Bref c'est vraiment sur ce point que je veux travailler avec les spécialistes de l'autisme, car je pense que je dois inconsciemment faire quelque chose pour toujours me retrouver toute seule ; et de toute façon le fait que je fasse des crises d'angoisse à l'idée de me retrouver dans ce séminaire n'est pas normal. J'en suis limite à me dire que si on me trouve un truc grave à la thyroïde (j'ai rendez-vous pour ponctionner les nodules le 13/09), je serai hopitalisée et je n'irai pas à son truc de merde. C'est grave quand même d'en être rendue là :-(((( J'espère pouvoir voir la psychologue avant de mourir partir, même si on n'aura pas le temps de résoudre grand chose en une seule séance. Je vous referai un point sur mon dossier TSA quand je l'aurai vue, mais là je dois attendre le 3 septembre pour l'appeler car elle a eu la bonne idée d'enchaîner des vacances juste après son congé maternité il y en a quand même qui calculent bien leur coup pour pondre au bon moment je trouve. Donc bref ce n'est pas demain la veille. A suivre !

 

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26 juillet 2018

L'île au trésor de Robert Louis Stevenson

L-Ile-au-tr-sor

J'ai étudié ce livre en 5ème ; dans mon souvenir j'avais bien aimé mais bizarrement je ne l'avais pas terminé (sans doute par rebellion envers ma prof de français). J'ai donc profité d'une lecture commune avec Zofia  pour me replonger dedans, et ma foi j'ai passé un bon moment.

L'histoire : Jim Hawkins vit avec ses parents qui tiennent une auberge à Black-Hill. Un jour, un marin se faisant appeler "le Capitaine" arrive à l'auberge. Il est intimidant, tonitruant, il boit beaucoup de rhum et il oublie de payer son séjour. Il demande à Jim, devenu son confident, de le prévenir s'il voit arriver un marin unijambiste. Quelques années plus tard, le Capitaine reçoit la "visite" non pas d'un marin unijambiste, mais de Chien Noir, qui semble lui faire peur. Ils se battent et Chien Noir, blessé, prend la fuite. Plus tard c'est au tour de Pew, un aveugle; plus menaçant encore que le visiteur précédent. Rapidement le Capitaine (nommé Billy Bones) meurt. Pew et son équipée reviennent à l'auberge pour récupérer quelque chose dans son coffre-fort. Mais Jim est passé avant eux, et a déniché l'objet tant convoité : un paquet contenant un carnet et une carte au trésor. Ce trésor a été enterré sur une île par le Capitaine Flint, dont Billy Bones était le second. Jim part à la recherche du trésor à bord d'une goélette, l'Hispaniola, accompagné entre autres du Docteur Livesey et de M. Trelawney. 

C'est donc sans surprise que j'ai aimé ce livre. En effet, je suis très cliente des histoires de bateaux et de pirates. Les tavernes sombres où les marins chantent à pleins poumons entre deux bouteilles de rhum, j'adore. M'imaginer un navire voguer avec à son bord, des pirates borgnes qui se battent au fer, j'adore. Je n'ai donc eu aucun mal à me plonger dans ce livre (qui reste un livre jeunesse, donc accessible) ; je l'ai terminé en deux jours à peine. A la base l'histoire n'est pas très originale, mais Stevenson sait y faire et déroule son récit avec brio. On suit le voyage en bateau, l'arrivée sur l'île et tout ce qui s'ensuit. Le récit n'est ni trop long, ni trop court, juste ce qu'il faut. Un classique à conserver dans toute bibliothèque qui se respecte :)

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05 juillet 2018

Blasée

Ouais c'est ça, je suis blasée... En ce moment plein de petites tuiles me tombent dessus ; des trucs pas forcément graves mais l'accumulation me stresse...

Déjà le 25 juin j'ai fait une échographie de la thyroïde (pour ceux qui se rappellent il ne me reste plus que la moitié de la thyroïde) ; il y a deux nodules qui ont grossi dont un assez rapidement... Je suis surprise qu'on ne m'ait pas proposé de ponctionner les nodules pour vérifier s'il y a quelque chose de grave ou pas. Et silence radio du côté de mon médecin traitant, qui a pourtant dû recevoir le compte-rendu depuis belle lurette.

Mon médecin justement ; je suis allée la voir (une semaine avant l'échographie que je viens d'évoquer) pour lui parler de mon dossier de demande de diagnostic pour un éventuel TSA. Je lui ai parlé de certains de mes symptômes ; j'étais super gênée mais je n'avais pas le choix. Elle m'a avoué qu'elle n'y connaissait rien en autisme, mais qu'elle allait étudier la liste précise de mes symptômes et tenter de la traduire en termes médicaux. Elle m'a donné une ordonnance pour un bilan orthophonique. Et depuis... Ben rien. Aucune nouvelle depuis 3 semaines, alors qu'elle s'était donné un délai d'une semaine (et elle a vu ma mère entretemps, donc même en ayant zappé elle a eu une piqûre de rappel). Je suis dégoûtée parce que non seulement j'ai fait ma part du job en lui donnant ma liste écrite de symptômes et en prenant rendez-vous chez une orthophoniste, mais en plus je lui ai déballé ce que j'avais de plus intime alors que c'était très difficile à faire pour moi. Et là je me prends un gros vent ; peut-être qu'elle se sent incompétente et démunie concernant mes symptômes, mais à ce moment-là qu'elle le DISE bordel ; qu'elle ne me laisse pas attendre pour rien. Alors vous allez me dire que je n'ai qu'à appeler pour demander ce qui se passe, mais c'est déjà assez compliqué pour moi de parler de tout ça sans que j'ai besoin en plus de téléphoner tous les quatre matins pour quémander un courrier...

Bref du coup c'est moi qui suis démunie ; il n'y a aucun psy spécialisé dans le coin et les centres de ressources autisme sont complètement débordés. Déjà le fait que je sois intégrée socialement ne joue pas en ma faveur ; ils ont tellement de demandes qu'ils filtrent par "gravité" et j'ai peur de me faire jeter. Un bilan orthophoniique ne suffira pas ; il faut impérativement un courrier médical. Si mon médecin traitant me lâche je fais comment ??? Bref j'ai envie de tout laisser tomber.

Ensuite, la mutuelle de B. s'est incrustée sur ma carte vitale alors que je n'ai RIEN DEMANDE ; résultat ma propre mutuelle ne me rembourse plus les soins médicaux. La comptable de l'employeur de B. n'arrête pas de les relancer mais ils refusent de se sortir les doigts ; accusant tour à tour le service informatique, le service comptable et le service de mon cul. Bref je vais leur péter une lettre recommandée aujourd'hui, ça va me coûter 5 euros leurs conneries mais bon, ai-je le choix ? Tout ça pour qu'ils fassent une putain de manipulation informatique de merde qui prend deux secondes.

Troisième merde : mon patron est très con et nous fait déplacer des rendez-vous pour qu'il aille regarder le match de foot vendredi comme un gros kéké de merde. Bon vous me direz, le fait qu'il soit con ne date pas d'aujourd'hui.

Quatrièmement, une ancienne collègue avec qui je m'entendais très bien et avec qui j'étais restée en contact depuis 2 ans et demi : ces derniers mois elle répondait à mes messages une semaine plus tard ; là elle ne répond carrément plus du tout... Moi qui comptais lui proposer de manger ensemble un jeudi. Encore une déception de plus à mon palmarès... De toute façon c'est toujours comme ça ; je devrais finir par m'y habituer un jour.

Pour couronner cette merveilleuse période, la nounou de ma fille qui m'annonce ce matin qu'elle se fait opérer des deux genoux fin août ; et qu'elle sera en arrêt pendant 1 an et demi... Alors que ma fille commençait tout juste à ne plus pleurer quand je l'emmenais le matin ; il va falloir qu'elle se réhabitue à quelqu'un d'autre. Youpi.

Je sais qu'il y a plus grave dans la vie que mes petits problèmes quotidiens, mais là je vous jure je me demande quelle prochaine tuile va me tomber dessus. Il y a des jours où il faudrait resté couché.

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17 juin 2018

L'amie prodigieuse de Elena Ferrante (attention spoil)

amie prodigieusejpg

 

C'est ma cousine qui m'a recommandé ce livre, en me déclarant, très enthousiaste : "C'est l'un des meilleurs livres que j'ai jamais lu, voire le meilleur".

Forte de ce conseil et de mon voyage manqué en Italie (l'histoire se passe là-bas), je l'ai donc acheté. Le livre est bon, mais de là à s'emballer, peut-être pas quand même... ^^

Au tout début du roman, la narratrice, Elena, reçoit un appel de Rino, le fils de Lila, son amie d'enfance. Il s'inquiète (et pleurniche façon rital ; je parle en connaissance de cause puisque mon arrière grand père était Italien et l'ex de ma tante était italo-espagnol). En effet, Lila a disparu depuis quinze jours, ne laissant aucune affaire derrière elle. Elena semble agacée de l'appel de Rino ; à travers ses mots on a l'impression qu'elle voit Rino comme un boulet qui ne sait pas se passer de sa maman. D'autre part, elle révèle que Lila souhaitait disparaître depuis très longtemps de la surface de la Terre (pas dans le sens "se suicider" mais plutôt dans le sens "se volatiliser"); cette absence ne l'inquiète donc pas le moins du monde. On sent même une pointe d'admiration.

L'admiration, c'est pour moi le maître-mot de ce livre : Elena admire Lila. On revit à travers son récit le début de leur amitié, leur enfance puis leur adolescence jusqu'au mariage de Lila. 

Lila (que tout le monde appelle Lina, sauf la narratrice. C'est bien dommage parce que j'adore le prénom Lina et que je n'aime pas Lila, qui pour moi est un mot pas fini. Ou à la rigueur une barre chocolatée de mon enfance. Fin de la digression). BREF Lila donc, est une petite fille sauvage. Je n'ai eu aucun mal à me la représenter physiquement. Au début de l'histoire, Lila balance des bouts de papier imbibés d'encre sur ses camarades de classe, jette des pierres sur la bande de caïds de la campagne, elle est effrontée et n'a peur de rien. Elle se retrouve à jouer avec sa poupée dans la même cour que Elena. Elles communiquent sans s'adresser la parole ; elles jouent ensemble, mais séparément. Un jour, elles finissent par échanger leurs poupées, et par défi Lila balance celle d'Elena dans un soupirail menant aux caves ; Elena lui rend la pareille. Cet épisode marque le commencement de leur amitié ; elles s'aventurent dans la cave mais ne retrouveront jamais leurs poupées, enlevées selon Lila par le terrible Don Achille, un habitant du quartier qui fait peur à tout le monde et surtout à ces deux petites filles.

Il s'avère que Lila, au-delà de son attitude rebelle, est surdouée. Elle est, pour employer cette expression à la mode aujourd'hui (et qui m'insupporte) : Haut Potentiel. Elle sait lire avant tout le monde, elle est capable de faire de tête des calculs compliqués ; elle participe même à des compétitions au sein de l'école. Et elle gagne toujours. Elle dévore avec passion des livres de latin et de grec ; elle se cultive dans son coin et semble avide de connaissances.

J'ai beaucoup aimé la première partie du livre sur l'enfance de Elena et Lila. J'avais l'impression de visualiser ce quartier populaire de Naples alors que je n'ai jamais mis les pieds en Italie. Je voyais les vieilles maisons avec les fenêtres ouvertes et le linge suspendu ; je pouvais presque sentir l'odeur émanant de la cave par le soupirail. De même, la description de la cage d'escalier de Don Achille, cette appréhension de petite fille en grimpant vers le danger était tout à fait parlante. La personnalité de Lila, son intelligence, les concours entre élèves à l'école ; l'émulation avec Elena qui elle, a eu la chance de poursuivre ses études ; leurs conversations lyriques, presque philosophiques, comme pour se tirer intellectuellement vers le haut, tout cela était vraiment sympathique à lire.

En revanche, la seconde partie sur l'adolescence a été beaucoup moins plaisante, et à la fin carrément lassante. Lila passe au second plan ; elle arrête l'école et travaille dans la cordonnerie de son père. Seul "vestige" de son intelligence : le talent avec lequel elle dessine ses modèles de chaussures (ses oeuvres finiront d'ailleurs par être encadrées dans l'atelier). Elena (re)devient le personnage principal ; ce qui est logique me direz-vous étant donné que Elena est la narratrice.

(ATTENTION CE PARAGRAPHE CONTIENT DES REVELATIONS SUR LE LIVRE) Oui mais. Elena paraît bien fade à côté de Lila. Elle est effacée, rêveuse, suiveuse. Elle étudie. Elle part en vacances et rêvasse. Elle cherche sans cesse à obtenir l'attention de Lila ; elle est presque jalouse quand celle-ci lui parle de la façon dont elle fabrique des chaussures. Elle va au collège, puis au lycée, elle a des bonnes notes. Il y a beaucoup de personnages, beaucoup de voisins et de copains du quartier ; entre Antonio, Alfonso, Stefano, Enzo et Trucmucho on s'y perd ; j'ai fini par ne voir que des grands bruns partout, sans réellement les visualiser individuellement ni me rappeler qui est le frère de qui ; qui est l'épicier ou le mécano du coin. Seul intérêt : les deux frères Solara qui mettaient un peu de piment. Vers la fin, Elena finit par se lâcher un peu et branle Antonio au bord de l'étang. Pendant ce temps, Lila se fiance. Elle se transforme en princesse, elle qui était plutôt décrite comme ingrate physiquement. Son fiancé est riche, possède une voiture ; elle se pavane avec ses beaux vêtements et son magnifique maillot de bains deux pièces. Elle fait comprendre à Elena qu'elle n'aura plus de souci d'argent (ah, elle lui dit quand même que son amitié vaut de l'or, whaou). Elle qui était si brillante perd tout son éclat. A présent elle s'en fout des livres, elle veut juste se consacrer à sa future vie de femme mariée. C'est à peu près aussi excitant que les branlettes de Elena sur Antonio au bord de l'étang. Bref, tout comme nous perdons notre candeur et notre spontanéité en devenant adulte, le personnage de Lila devient plus lisse et moins intéressant à mesure que le récit avance. Je ne sais pas si c'est le lot commun des femmes italiennes des quartiers populaires de l'époque, une fois qu'elles trouvaient un mari (le roman est apparemment inspiré de faits réels), mais j'ai trouvé cette partie vraiment décevante et longue à lire. Bien entendu ce n'est pas mieux du côté d'Elena, qui passe de fadasse à... fadasse ; tous les mecs lui courent après comme si elle était la seule fille du lycée ; elle n'a pourtant pas le charisme qui justifierait une telle popularité. (FIN DES REVELATIONS)

Ce livre a une suite ; je suis allée sur internet lire le résumé du tome 2 : en gros Lila (qui oeuvre pour tomber enceinte d'un fils, quelle occupation passionnante...) se rend compte que son mari fricotte avec la Camorra. Je ne sais vraiment pas si je vais me laisser tenter, car il est évident que l'histoire prend une toute autre tournure...Évidemment, si je ne lis pas la suite je ne saurai jamais pourquoi Lila a disparu ; or j'aimerais bien savoir. Les critiques sont élogieuses, même du côté de Telerama qui pourtant, n'aime que les trucs chiants comme la pluie. La plupart des commentaires évoquent une magnifique description de l'Italie de l'époque, de la condition féminine dans ce pays. Ce qui me fait hésiter, c'est que j'aurais aimé rester dans la relation de Lila et d'Elena sans partir dans des considérations sociales et politiques. Bref, j'ai bien aimé ce livre, mais pas de quoi le qualifier de "meilleur livre que j'ai jamais lu" comme me l'avait décrit ma cousine.

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13 juin 2018

Oops

Il y a quelques semaines, je vous disais que je souhaitais envoyer un courrier à la spécialiste qui suit ma mère à l'hôpital, afin de la remercier pour tout ce qu'elle avait fait. J'ai fini par envoyer cette lettre début mars, sans lui préciser que je ne voulais pas qu'elle en parle à ma mère (j'avais peur que cette dernière se foute de ma gueule).

Et là, ce midi au téléphone, ma mère qui me sort tranquille : "Le Docteur L. m'a dit que tu lui avais écrit une très gentille lettre ; elle m'a proposé de la lire mais je lui ai répondu que si elle le faisait j'allais me mettre à pleurer".

Voilà voilà :-P

Bon elle ne s'est pas moquée moi, c'est le principal ! ^^

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05 juin 2018

Ma modeste PAL

Ca fait quelques années que je vois la petite Zofia  nous parler de sa PAL ; c'est à dire sa liste de livres à lire. Bon, c'est une grande dévoreuse de livres et je suis très très loin de l'égaler ; mais de temps en temps j'aime bien lire un bouquin pour m'évader. Je me suis aperçue récemment que j'avais quelques livres en attente (dont certains commencés et jamais terminés). Je me suis donc fait une to do list version lecture ; voici ma (toute petite ^^) PAL :

-Les âmes grises de Philippe Claudel 

-L'amie prodigieuse de Elena Ferrante (en cours)

-Brume de Stephen King (commencé et jamais fini)

-Minuit 2 de Stephen King (idem ; le début de la seconde nouvelle m'avait barbée)

-La maison de la falaise de Audrey Perri (la blogueuse de Cellardoor )

-La chartreuse de Parme de Stendhal (abandonné au bout de 50 pages, je vais essayer de m'accrocher et de le recommencer)

-Madame Bovary de Gustave Flaubert (trouvé dans les vieux bouquins de B. ; avec le précédent je pourrai accomplir mon défi 75 ^^)

-La petite ville dans la prairie de Laura Ingalls Wilder

-L'île au trésor de Stevenson (déjà lu quand j'étais en 5ème, lecture commune avec Zofia car j'avais envie de le relire)

-13 marches de Bidule Yamamoto (j'ai oublié le nom de l'auteur, je sais qu'il est japonais ^^)

-La poursuite de Clive Cussler

-L'été meurtrier de Sébastien Japrisot

-Le pistolero de Stephen King

-Le livre à écrire de Constance Larsen

-Les 4 Agatha Christie que j'ai ressortis de mon étagère et que je dois rendre à ma mère une fois lus

-Le Jules Verne que j'ai subtilisé à mon patron

-Pirates de Michael Crichton

-La servante du seigneur de Jean-Louis Fournier

-Ces heureuses années de Laura Ingalls Wilder

-Les jeunes mariés de Laura Ingalls Wilder

-Pétronille de Amélie Nothomb

 

 

Sans transition ; si tout va bien la prochaine fois je continuerai la saga sur mon coming-out autistique (pas encore pris rendez-vous, j'appréhende un truc de fou :(  )

 

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19 avril 2018

Mon coming out autistique - phase 1

Moi qui me demandais il y a quelques semaines comment j'allais faire mon coming out... Et bien, ma mère m'y a aidée. Dans d'autres circonstances je l'aurais maudite de se mêler de mes affaires, mais là je dois reconnaître qu'elle m'a rendu service en me mettant le pied à l'étrier.

Je vous explique : avant-hier, elle me parle d'une émission qu'elle a vue sur les autistes Asperger, et elle me dit que les enfants atteints du syndrome ont tendance à crier et à faire des colères. Elle a donc fait le lien avec ma fille (qui crie et fait beaucoup de colères) et m'a déclaré très naturellement : "Je me demande si Alice n'est pas Asperger".

 

J'ai coupé court en lui rappelant que ma fille a 2 ans (un cap difficile chez les petits) ; qu'elle a commencé à aller chez la nounou, qu'elle est dotée d'un caractère de merde ; bref tout cela donne un cocktail pas très glop pour ses parents ; en-dehors de ça elle ne présente pas de trouble inquiétant au niveau du développement. On verra quand elle sera plus grande ; à 2 ans c'est beaucoup trop tôt pour parler de ces choses-là. On a suffisamment à faire avec sa surdité et son petit problème de motricité globale.

 

Par contre, je lui ai dit que je pensais depuis longtemps avoir "ça" (je n'ai pas prononcé le mot "autisme") que j'avais commencé à me renseigner mais qu'il fallait attendre 3 ans pour un diagnostic, que le dossier de demande d'évaluation était d'un simplisme à pleurer, que j'allais devoir trouver un psychiatre qui accepterait de me prendre (ce qui équivaut à trouver un ophtalmo ou un orthophoniste dans la région), et que ça me gonflait que ce soit aussi compliqué.

Comme je m'y attendais, elle n'a pas été étonnée du tout. Elle m'a redit que je me tapais la tête contre le matelas quand j'étais petite. Elle a pris l'initiative d'en parler au médecin lors d'une consultation (on a le même médecin traitant) ; le médecin lui a demandé si elle pouvait m'en parler. La prochaine fois que j'irai la voir (sans doute d'ici 2 mois pour mon renouvellement de pilule), elle abordera donc le sujet avec moi. Il va falloir que je prépare ça sérieusement, que je liste mes symptômes et que je me dégonfle pas. Il y en a dont je parle facilement, et d'autres beaucoup moins.

 

La réaction de B. a également été à la hauteur de ce que j'attendais : il n'y croit pas. Il ne croit pas à ce truc-là ; il ne voit pas ce que ça changera dans ma vie d'avoir un diagnostic. Mon hypermnésie des chiffres, des dates et des numéros de téléphone ? "T'as une bonne mémoire, c'est tout". Le fait qu'un bruit m'insupporte au point de péter un câble ? "T'es sensible aux bruits, c'est tout". Ma lubie des lignes de bus et des préfectures quand j'étais petite ? "Ca t'intéressait, c'est tout". Le fait que j'associe des mots avec une couleur, un goût ou une odeur ? "Bah je sais pas".

Putain il m'éneeeeeeerve quand il est buté comme ça. Cela fait très longtemps que je lui dis qu'il a des oeillères. Il s'en tient à ce qu'il voit juste devant lui, sans jamais essayer de voir les choses au-delà de l'horizon, ou au moins avec un regard différent. Et encore, il a évolué sur beaucoup de points depuis qu'il est avec moi. Je n'ose imaginer ce que c'était avant, avec l'état d'esprit étriqué de Madame B qui est restée bloquée en 1964.

BREF inutile de dire que je ne me suis pas fatiguée à lui développer le volet "relations sociales très difficiles malgré les apparences", parce que ça m'aurait encore plus énervée. Je lui ai dit : "Voilà pourquoi je ne t'en ai jamais parlé ; je savais que tu réagirais comme ça. Je n'aborderai plus ce sujet avec toi".

Donc voilà, je ne pourrai aucunement compter sur le soutien de mon conjoint à ce niveau-là, vu que d'après lui je me fais des films. C'est bien triste.

Peut-être que je n'ai pas d'Asperger. Peut-être que je n'ai même pas de TSA. Mais j'ai besoin d'avoir des réponses à mes questions, j'ai besoin que quelqu'un d'extérieur donne son avis sur mes symptômes. Mon mal-être est trop ancien et trop profond pour que je mette un mouchoir dessus. Je suis persuadée que je me sentirai mieux après.

 

C'est là que je me dis que ça va être très difficile de convaincre les professionnels de santé qui vont examiner mon dossier, et que j'ai intérêt à tourner mille fois mon stylo dans ma main avant d'écrire les raisons qui m'incitent à demander un diagnostic. J'ai une vie en apparence normale, et même en matière d'autisme, ce sont les apparences qui comptent. La France a tellement de retard concernant la prise en charge, ça fait vraiment peur.

Bref prochaine étape : en parler avec mon médecin traitant ; là pour le coup j'ai le dos au mur ! ^^

 

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