Le blog de Dawn Girl

20 avril 2017

Je meurs

 Tout a commencé fin mars, alors que je descendais les escaliers au boulot : des douleurs aux deux chevilles. Je me suis dit que ça allait passer.

 

Sauf que ce n'est pas passé ; au contraire la douleur est allée crescendo. Le lundi, je montais et descendais les marches comme un zombie, les jambes écartées en ayant envie de hurler à chaque pas (vous avez loupé quelque chose, vraiment).

 

Le mercredi, n'y tenant plus je suis allée voir un médecin à côté de mon lieu de travail. C'était une jeune ; elle était très surprise qu'il y ait une atteinte des deux côtés. Elle m'a arrêtée quatre jours, m'a prescrit une prise de sang (qui a révélé le taux d'un truc trop élevé, mais personne ne m'a expliqué ce que c'était ni ce que cela signifiait).

 

Le lendemain, même discours de la part de mon médecin traitant (le rendez-vous était prévu depuis longtemps pour discuter de ma mère, mais j'en ai profité pour lui parler de mon problème ; je venais de mettre 30 minutes à faire le trajet de ma voiture jusqu'à son cabinet tellement je marchais comme une petite vieille). Elle m'a prescrit une nouvelle prise de sang, ainsi qu'une radio et une échographie des chevilles. Elle m'a dit très clairement : « Je ne sais pas ce que vous avez ».

 

Voilà qui n'était pas rassurant ; je n'allais pas tenir comme ça pendant 107 ans, bordel.

 

J'ai eu rendez-vous le lendemain pour la radio (qui n'a rien révélé), mais pour l'échographie, pas de place avant le 27 avril... Je suis retournée travailler le lundi tant bien que mal.

 

Sauf que ce n'était pas possible d'attendre si longtemps. Je ne pouvais ni marcher normalement, ni m'occuper de ma fille... Non seulement j'étais dans l'attente d'un diagnostic (ça avait l'air tellement extraordinaire que j'aie mal des deux côtés, que je me suis imaginé qu'on allait me prendre pour une affabulatrice qui s'invente des maladies), mais en plus je souffrais le martyre.

 

J'ai donc pris mon téléphone et j'ai appelé tous les cabinets d'échographie et cliniques du coin, espérant tomber sur un désistement... Rien de rien, jusqu'à ce que j'arrive à joindre l'hôpital (ça a été très compliqué et j'ai failli abandonner, comme quoi il faut persévérer). Il y avait eu un désistement pour le lendemain matin à 9 heures. J'ai dit banco.

 

Pendant l'échographie, le médecin ne disait rien, et c'était horrible. J'avais envie de lui dire : « Bon, tu trouves quelque chose, oui ou merde ? » Elle finit par dire à l'interne présent dans la salle, qu'elle ne voyait « pas grand-chose ».

 

Putain de bordel à queue, « pas grand-chose » = rien du tout . Donc ça y est, je vais me faire jeter... Les examens sont normaux ; le seul « espoir » qui me reste c'est que ma prise de sang révèle que je suis positive pour la maladie de Lyme, quelle joyeuse perspective... Mes os n'ont rien, mes ligaments non plus donc reste également l'hypothèse d'un problème veineux ; je vais devoir me procurer une ordonnance pour une écho-doppler... ou alors j'ai la maladie de Lyme. Ou alors il n'y a strictement rien et personne ne trouvera jamais ce que j'ai ; je suis condamnée à vivre comme ça, avec ces douleurs horribles et je vais finir droguée à la morphine comme Sylvain Augier.

 

(si tu es né après les années 80, tu ne connais pas Sylvain Augier. Et bien va voir sur Viquipédia).

 

Elle a fini par appeler un collègue, qui m'a refait l'échographie en leur faisant le commentaire en direct (avec des termes médicaux complètement incompréhensibles, c'était horrible). Il m'a dit qu'il allait me faire faire une IRM des chevilles. Là, tout de suite.

 

De quoi, une IRM ? Le truc où on doit normalement attendre 6 mois ? Là, maintenant, donc en urgence ? Mais j'ai QUOI, bordel de merde ?

 

Bref j'ai revêtu les surchaussures, la charlotte et la blouse nouée dans le dos (mais j'ai eu le droit de garder ma culotte donc personne n'a vu mon gros cul), et j'ai attendu patiemment dans le couloir pour l'IRM.

 

On m'avait dit que c'était un examen angoissant, ben je confirme... Et encore, je n'étais pas toute entière dans la machine. La première fois ils m'ont mis de la musique (j'ai eu « I will survive », j'ai ri) ; la deuxième fois ils ont oublié donc j'ai entendu tous les bruits.

 

Il en est ressorti le diagnostic suivant : fracture de fatigue. Des deux côtés. On m'a donné le compte rendu sur un CD rom, et invité à aller voir le médecin traitant pour voir quel traitement mettre en place.

 

Ensuite, j'ai été baladée : de l'hôpital au médecin traitant ; du médecin traitant (enfin son remplaçant) à la clinique, de la clinique à l'orthopédiste... Je suis sortie à plus de 18 heures :-S

 

L'orthopédiste était un gros con, qui ne m'a pas examinée, s'est contenté de regarder les images de mon IRM en disant « Ah oui, c'est pas normal », a passé une demi-heure à taper sur son putain de Macintosh portable sans dire un mot, et BIM 70 euros de consultation. J'étais très énervée en sortant.

 

La prise de sang faite le lendemain est anormale, mais je n'ai aucun retour... J'attends des nouvelles de mon médecin traitant, tout en sachant qu'elle ne pourra pas établir de diagnostic avec seulement ce résultat. Vous savez, dans les films quand on parle d' « examens complémentaires » ? Bah voilà, on y est.

 

BREF en conclusion j'ai deux fractures de fatigue et apparemment tous les médecins n'ont « jamais vu ça », c'est une blessure réservée normalement aux grands sportifs, or je ne suis pas du tout sportive. J'ai enquillé trois prises de sang (dont une avec des taux de machins gt et de bidules PAL anormalement élevés), je ne sais pas si j'ai un problème hépatique, osseux ou va savoir quoi encore, si c'est grave ou pas ; je vois une rhumatologue le 22 mai ; j'ai un diagnostic mais pas d'explication, aucun médecin n'a pris la peine de me faire un arrêt de travail pour cette journée-marathon ; heureusement mon patron a été sympa et ne m'a pas retiré d'heures.

 

La question qui me taraude, c'est « pourquoi ? » Pour moi qui ai peur de la maladie et de la mort, c'est vraiment pas cool :'-(

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09 avril 2017

La mère et la fille (épisode 1472)

 Jeudi dernier, le médecin de famille (elle suit ma mère, moi et ma fille) a demandé à me parler au sujet de l'état de santé de ma mère. « Sa maladie évolue » ; sous-entendu « elle se dégrade »...

 

Ma mère n'a pas bu depuis le mois de janvier ; elle tient car elle pense qu'elle aura une greffe de foie. Mais le médecin m'a dit que pour elle, il n'y aura probablement pas de greffe...

 

Alors là, je n'ai pas caché mon étonnement. Son hépatologue lui aurait parlé de greffe alors que ce serait inenvisageable ? Si c'est le cas, c'est vraiment dégueulasse de lui faire espérer quelque chose qui n'arrivera jamais...

 

Le problème, c'est qu'elle n'a jamais réussi à avoir l'hépatologue directement au téléphone. Je lui ai donc dit d'essayer de la rappeler pour mettre les choses au clair, parce que là il y a quand même un gros souci de cohérence dans les propos.

 

Après, elle est passée à moi : elle m'a demandé comment je vivais la situation, si j'avais besoin d'être aidée. Pour la première fois de ma vie, quelqu'un (que ce soit médecin, entourage etc), m'a demandé mon ressenti. Depuis toutes ces années (20, 30 ans ?), j'avais l'impression que personne n'en avait rien à foutre de comment j'allais ; la seule à plaindre c'était ma mère et moi on s'en tamponne (enfin sauf les lecteurs de mon blog, mais ce n'est pas pareil ^^). D'ailleurs, la dernière fois que quelqu'un m'a dit : « Il faut prendre soin de ta mère » j'ai eu envie de lui répondre : « Ah oui, « prendre soin de ma mère » ? Et MOI, connasse, tu me vois, ou bien je suis transparente ? T'es au courant que j'ai vécu seule avec ma mère depuis l'âge de 2 ans ? ça t'intéresse de savoir ce que ça fait d'avoir ce fardeau sur les épaules, de l'assumer toute seule depuis l'enfance ? D'avoir l'impression d'être seule au monde parce que le type qui se trouve être mon géniteur, m'a encore plus enfoncé la tête sous l'eau? Que le reste de la famille ferme ses rideaux et commente le truc de loin, bien à l'abri ? Que je vois de la pitié dans le regard des gens, dans les magasins ? Que j'ai l'angoisse de savoir comment elle va être aujourd'hui, demain et après-demain ? De me demander quel jour elle va mourir et comment ? Si elle va vomir, saigner, se vider ? De qui va la retrouver ? De comment je vais faire pour nettoyer toutes ses sécrétions corporelles et ce que je vais faire de ses putains de meubles ? Ca t'intéresse de savoir à quel point ça me pèse de ne pas être comme les autres, de mettre dix ans de plus à faire les choses parce que j'ai grandi de guingois ? Ca t'intéresse de savoir comment je vis la situation, ou tu t'en fous ? Je suis forte, c'est ça, je m'en sors ? Donc comment je vais, on s'en tape ? J'aimerais tellement que les gens se dispensent de dire des conneries quand ils ne savent pas de quoi ils parlent. Alors, si tu veux me rendre service (ou plutôt rendre service à ma mère, puisque moi je compte pour du beurre), fais donc ceci: avant de me demander de « prendre soin de ma mère », prends donc soin de ton cul, et tes phrases pourries, tu te les carres bien au fond de ta cavité rectale. Merde. Cordialement ».

 

J'ai pensé tout ça très fort, mais bien sûr, je n'ai pas osé le dire. Parce que je suis une gentille fifille polie (gné).

 

BREF tout ça pour dire qu'il a fallu attendre le 6 avril 2017 pour que ENFIN, quelqu'un se rende compte que je souffrais. Inutile de dire qu'au bout de quelques minutes, mon armure s'est fissurée et je me suis effondrée. J'ai l'impression de ne faire que ça, m'effondrer... Je dois chialer environ une fois par semaine à cause de ma mère. Appelez-moi Madeleine...

 

Elle a été très gentille. Elle m'a donné un mouchoir, et les coordonnées d'une psychologue. Que j'appellerai ; une fois que mon problème de chevilles sera résolu (oui car j'ai très mal aux chevilles depuis une semaine ; je ne peux plus marcher correctement et les médecins ne savent pas pourquoi... La seule chose qui me soulage, c'est la codéine. Et la codéine, on ne peut pas en prendre indéfiniment. Je suis en arrêt de travail ; je pense que le CDI que mon futur ex-patron m'avait promis va me passer sous le nez (il a un caractère de merde et est du genre à penser qu'il ne peut pas compter sur moi. Donc merci au revoir). Bref je fais des prises de sang et des radios des chevilles et on ne trouve rien. Je vais mourir des pieds).

 

Je serai toujours reconnaissante envers ce médecin de m'avoir tendu la main. Elle m'a dit que je pouvais venir la voir si ça n'allait pas, même si c'est juste pour parler. Quand je pourrai remarcher normalement, je m'occuperai de ma tête. Ne croyez pas que c'est une manière de repousser les choses ; je ne peux vraiment RIEN faire en l'état ; juste traîner mon derrière au boulot parce que j'ai pas le choix. Je n'arrive même pas à m'occuper correctement de ma princesse :'-( (si personne ne trouve pourquoi j'ai mal aux pieds, je me tire une balle. Dans le pied. Ha ha).

 

(Note pour plus tard : arrêter avec les parenthèses à outrance).

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26 février 2017

Et là c'est le drame

 Durant son séjour à l'hôpital, ma mère était ralentie, à des degrés plus ou moins importants selon le moment, comme si elle était droguée. Elle regardait dans le vide. Comme les médecins lui avaient donné du Valium lors de sa précédente hospitalisation en décembre, je me suis dit qu'ils avaient dû renouveler la prescription. Et puis elle avait toujours le blanc des yeux jaune...

 

Sauf que. Le médecin est passé par hasard à un moment où j'étais là (je passais la voir tous les midis lors de ma pause déjeuner), et m'a assuré qu'elle ne prenait aucun calmant ou sédatif ; que cet état était simplement « une complication de la cirrhose »...

 

Super.

 

Le 4 février, elle m'a appelée en me disant : « J'en peux plus, je pars. Je vais les sonner et leur dire que je m'en vais ». J'ai vécu cette décision comme un choc ; je ne voulais pas qu'elle parte de l'hôpital sur un coup de tête comme elle l'avait fait en 2012 lors d'une autre cure. Cela aurait été encore un échec, et une raison de plus pour replonger dans l'alcool à peine sortie. Je sais que je devrais m'en foutre et cesser de prendre les choses autant à cœur, mais je ne peux pas m'en empêcher, c'est horrible. J'imaginais la scène avec le coup d'éclat et tout le reste. Quelquefois j'aimerais être neuneu et que mon cerveau cesse de toujours tout visualiser. Malheureusement c'est impossible.

Bref elle m'a expliqué qu'elle en avait marre que les aide-soignantes lui disent quand manger, quand s'habiller, quand se laver... Je l'ai suppliée de rester jusqu'au bout de son séjour ; j'étais en mode serpillière, c'était assez lamentable. Elle a fini par m'écouter et rester là-bas.

 

Bien lui en a pris, car quand je suis arrivée à l'hôpital le 10 février, j'ai trouvé... une chose. Une chose qui me regardait la bouche grande ouverte sans parler. Une chose qui ne trouvait plus ses mots. Une chose qui avait l'enveloppe corporelle de ma mère, mais qui s'éloignait encore plus de ce qu'était ma mère. D'ailleurs où était-elle, ma mère, la vraie ? Depuis combien de mois, d'années je ne l'avais pas vue ? Allais-je la revoir un jour ? Je suis sortie pour choper l'infirmière ; je lui ai demandé ce qu'elle avait. Réponse : « Elle ne sait plus où elle est ».

 

Super.

 

J'avais envie de me casser très loin, mais je suis restée pour attendre le médecin. Je me suis dit que c'était fini, que je l'avais perdue définitivement. Je me suis effondrée. Ma mère m'a demandé : « Mais qu'est ce qu'il y a ? » J'ai ahané : « T'es en train de partir, là ». Elle m'a répondu : « Mais non, je ne suis pas en train de partir. »

 

Le médecin est entrée dans la chambre. Elle m'a dit : «Sa cirrhose hépatique est très grave. L'état dans lequel elle est, c'est une complication. Cela risque d'être assez fluctuant. On va lui faire un scanner du cerveau pour voir s'il n'y a pas de saignement cérébral ».

 

« Bon, ben mon départ est encore repoussé », m'a dit ma mère avant que je parte. Tu m'étonnes...

 

Je suis partie en me demandant si j'allais la revoir vivante, et surtout, pour la millième fois, qu'est ce que j'avais fait au bon dieu pour mériter ça.

 

Je suis retournée au boulot ; on avait une réunion. Mon patron m'a dit : « Oh mais vous avez les yeux rouges, dites-donc ! » Je me suis re-effondrée.

 

Le lendemain matin, j'ai appelé ma mère en me disant qu'elle n'allait pas répondre au téléphone. Elle a répondu ; elle avait retrouvé toute sa lucidité et le scanner n'avait pas révélé de saignement cérébral.

Elle est sortie de l'hôpital depuis 10 jours; une infirmière passe 3 fois par jour chez elle et elle bénéficie également d'une aide ménagère. Elle s'est enfin occupée de ses lunettes (elle avait l'ordonnance de l'ophtalmo dans un coin depuis 6 mois). Mais elle vit mal le fait d'être dépendante ; elle est parfois désagréable avec l'infirmière. Elle ne se plaît pas dans son appartement. Elle prétend qu'elle n'a pas besoin d'aide alors qu'elle en a besoin. Elle dit qu'il faut que je m'occupe de moi, mais elle me fait porter tellement de choses depuis tellement longtemps que je ne peux plus m'en foutre. Son alcoolisme s'est incrusté en moi, ou je me suis incrustée dans son alcoolisme. C'est comme un tatouage qui ne cicatrise pas. Je sais que j'ai besoin d'aide psychologique, mais avec tous les rendez-vous pour ma fille et mon seul jour de repos par semaine je n'ai pas le temps (elle fait de la kiné car elle ne tient pas assise à 11 mois -les autres bébés de cet âge tiennent debout depuis perpète ; comme si j'avais besoin d'un souci supplémentaire).

 

Elle n'a pas bu depuis janvier, mais malheureusement il n'y a pas d'amélioration hépatique pour le moment ; les démangeaisons qu'elle subit sont le témoin que son foie va très mal. Il est peut-être trop tard... Elle compte sur une greffe, mais vu la rareté des organes et ses antécédents alcooliques, je doute qu'un comité de greffe se prononce favorablement. Les médecins ne savent pas si l'épisode confusionnel qu'elle a connu le 10 février risque de se reproduire, et si oui, quand et comment. Coucou l'épée de Damoclès, t'sais...

 

Quelquefois, j'ai envie que tout s'arrête une bonne fois pour toutes, qu'elle y reste et qu'on en finisse. Et puis je l'entends me parler au téléphone, dans son état normal, et j'ai honte d'avoir pensé ça. Je ne sais même pas comment je m'en sortirai le jour où elle mourra. Ce genre de fardeau ne devrait pas arriver à un enfant unique, sans père de surcroît. Je suis toute seule. Et puis je dois être la seule à penser à la mort de ma mère de 56 ans... Normalement à 56 ans les mères sont encore en pleine force de l'âge.

 

J'emmerde les gens qui ont des parents normaux et qui me trouvent bizarre parce que j'ai des parents pas normaux. Comprennent rien.

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23 janvier 2017

Quand faut y aller...

J'ai donc commencé le rangement et le nettoyage chez ma mère, profitant de son hospitalisation. Il y a tellement à faire que j'ai l'impression d'être devant une montagne... et je n'ai pas beaucoup de temps, seulement les lundis matins et jeudis. En plus, je dois parfois emmener ma fille avec moi car B. a sa mère qui est également hospitalisée et on ne rentre pas dans un hôpital avec un bébé.

Hier, j'ai trié le courrier et suis tombée sur une lettre du conseil général, avertissant ma mère que leur attention avait été "attirée" sur sa "situation familiale", et qu'une assistante sociale allait passer ce matin. Trop tard pour décommander ; par chance je ne travaillais pas ce matin.

J'ai demandé à l'assistante sociale qui l'avait alertée ; elle m'a répondu que c'étaient des habitants de l'immeuble, rapport aux "odeurs qui se dégagent de son appartement"...

Bordel de merde.

En attendant, je ne sais pas si je vais réussir à tout faire d'ici début février : déballer et ranger les cartons, nettoyer le sol (dégueulasse à un point que vous n'imaginez même pas), et surtout ranger. Une tâche titanesque, et le temps passe trop vite.

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08 janvier 2017

L'effet miroir...

Dans mon boulot, 95% des patients sont des enfants. On a donc affaire à leurs parents toute la journée : des très sympa, des moins sympa, des chieurs, des gentils mais pénibles, des stressés, des super zen, etc etc... Comme mon patron est très « particulier » et qu'il ne reçoit jamais les parents, c'est ma collègue et moi qui servons de tampon, et croyez-moi, ce n'est pas toujours agréable.

 

Le 30 décembre, une maman est arrivée à l'accueil assez remontée. Elle m'a pris la tête sur un peu tout : radios, durée du traitement... Mais ce n'est pas ça qui m'a le plus frappée.

 

Ce qui m'a frappée, c'est qu'à peine elle a ouvert la bouche que j'ai senti une forte odeur de vin rouge. La même haleine bouchonnée qui m'a si souvent agressé le nez et le cœur lorsque je vivais chez ma mère. Cette personne avait bu avant de venir, ce qui expliquait son état, disons... un peu nerveux.

 

Bref, j'ai eu l'impression de me retrouver en face de ma mère...

 

Instinctivement, j'ai baissé le volume. Je lui ai parlé très calmement (bon j'étais fatiguée aussi). Je crois que j'ai fait ça en pensant à ma mère, parce que je sais qu'une voix douce la calme quand elle a bu. J'ai regardé son fils ; je me suis demandé s'il connaissait le problème de sa mère. Est ce qu'il le sait consciemment, inconsciemment ? Est ce qu'il l'a déjà chopée en train de boire ? Est ce qu'il sent son haleine ? Est ce qu'il a peur de ses réactions ? Est ce qu'il a déjà pris des baffes à cause d'un éthylotest positif ? Est ce qu'il se demande pourquoi elle dort comme une masse à 20 heures ? Est ce qu'il ressent un gros malaise sans réussir à mettre des mots dessus ? Est ce qu'il a des frères et sœurs ? Est ce que son père est présent ? Est ce que sa mère s'en sortira un jour, contrairement à la mienne ?

 

Ca a marché : elle s'est calmée. Mais je savais que de toute façon ce n'était pas de l'agressivité, juste de l'alcool. Elle m'a souri et m'a dit : « Bon réveillon ».

 

Ma mère sera de nouveau hospitalisée à partir du 11 janvier, au moins pour trois semaines. Est ce que cette fois-ci sera la bonne, ou est ce qu'il est trop tard ? Son état s'est tellement dégradé depuis un an... Elle a pris 20 ans et est complètement incontinente, elle ne s'occupe plus de ses papiers, mange n'importe comment, vit dans la crasse, le bordel et les excréments (désolée pour les détails). Lors de sa dernière hospitalisation j'avais passé mes jours de repos à ranger et nettoyer, mais je vous fiche mon billet que son appartement est redevenu comme avant. Il y a deux semaines, elle a passé plus de 8 heures par terre sans pouvoir se lever ; elle avait laissé ses deux téléphones à l'autre bout de la pièce. J'ai passé ma journée à me dire que j'allais le retrouver morte en allant chez elle. Pourquoi les autres alcooliques s'en sortent et pas elle ? Pourquoi suis-je obligée d'assister à la mort lente de ma mère sans rien pouvoir faire à part stresser et bousiller ma propre santé? J'ai vu les yeux de Renaud l'autre jour à la télé ; elle a les mêmes. Elle aussi a un Mister Renard qui prend le dessus de plus en plus souvent.

 

BREF, ça fait toujours drôle de voir une autre alcoolique en face de soi. Je sais que je suis restée professionnelle, mais c'est difficile de trouver la bonne limite entre sympathie, empathie et compassion quand on est autant concerné par le problème. Désormais, je verrai ce patient sous un jour différent. Pourtant, il n'a rien de particulier.

 

L'alcool, c'est vraiment de la merde.

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24 novembre 2016

Suite du feuilleton

Suite de la saga avec la fille aînée de B. (si vous avez loupé les épisodes précédents, il suffit de descendre la page jusqu'à mon post du 12 août).

 

Nous en étions au moment où B. a demandé à Maelounette pourquoi elle refusait de venir voir sa petite sœur. Il s'est retrouvé face à un mur, elle répondait : « Je sais pas » à chaque question qu'il lui posait.

 

Elle est donc partie en internat à la rentrée. Durant deux semaines, B. a essayé de l'appeler 72 fois (c'est lui qui me l'a dit). Elle ne répondait jamais, mais bon j'ai envie de te dire que c'est ce qu'elle fait depuis le début, donc...

 

Un soir, il a fini par la « piéger » en l'appelant avec le portable de son frère. Comme par magie, elle a décroché. Quand elle a compris que c'était son père au téléphone, elle lui a balancé « Je veux plus te parler » et lui a raccroché au nez.

 

Bon moi perso, j'aurais pris ma voiture et je serais allée à l'internat lui coller une raclée, peu importe les 60 kilomètres. Mais j'ai gardé cette idée pour moi et j'ai plutôt suggéré à B. de lui écrire une lettre. Il n'a pas été emballé car il avait peur qu'elle déchire la lettre sans la lire. Ce qu'il souhaiterait plutôt, ce serait de passer une journée avec elle et lui expliquer certaines choses qu'elle ignore au sujet de la séparation de ses parents. Le problème, c'est qu'elle fuit toute discussion / entrevue en disant qu'elle « n'a pas le temps ». Ca fait 3 ans qu'elle n'a jamais le temps. Par contre, pour aller faire du saut d'obstacles (et finir vingtième à chaque fois, niark niark niark je suis méchante), elle a toujours le temps. Bref elle se fout de la gueule du monde et je pense que B. n'arrivera jamais à la coincer pour lui parler.

 

Depuis, la situation n'a pas évolué, et je pense qu'elle n'évoluera jamais. J'en ai parlé à ma fille ; elle m'a écoutée. J'espère qu'elle a bien compris que ce n'était en aucun cas de sa faute.

 

Mais alors attendez le pompon : Madame B. a eu le culot de dire à B : « Attention de ne pas aussi te couper de ton fils ! »

 

Euh... LOL ??? D'où il s'est « coupé » de qui que ce soit ? Ok elle a peut-être des choses à lui reprocher en tant que mari, mais en tant que père depuis le début il a tout fait pour garder contact avec ses aînés... C'est sa fille qui s'est enferrée toute seule dans sa colère, et au passage a fait du mal autour d'elle. Mais cette mégère est tellement aveuglée par son aigreur qu'elle ne fait rien pour préserver ses propres enfants... En fait elle doit jubiler que sa fille fasse la gueule à B., et elle doit bien lui monter la tête.

 

Je suis allée sur des forums et des sites de psychologie (bah quoi ? ^^), et à chaque fois j'ai lu la même chose : qu'un enfant refuse de voir un parent lors d'un divorce, c'est courant. Il faut dans ce cas que les parents en discutent ensemble et essayent de trouver une solution, tout cela en tenant compte de l'avis de l'enfant (qui en l'occurrence a 18 ans). Le souci, c'est que Madame B. n'a, je pense, strictement aucune envie de trouver une solution ; elle garde juste sa fille pour elle et semble au contraire se réjouir de la situation. Elle envoie des sms à B. pour réclamer de l'argent, et voilà. Et elle a bien inculqué cette mentalité à sa fille.

 

Non mais coucou le règlement de compte à travers les enfants, t'sais... Ce qui me désespère, c'est que B. ne la contrarie jamais, il ne se décide pas à lui dire MERDE une bonne fois pour toutes. Franchement il ne mérite pas ça, mais il n'a qu'à aussi taper du poing sur la table et arrêter de se faire écraser par ces deux grognasses. J'espère que la roue va tourner en sa faveur ; ce n'est quand même pas juste qu'une mocheté frustrée ait tout ce qu'elle veut... bordel.

 

Alors vous allez me dire : « Mais tout cela ne te concerne pas, en fait ! Laisse tomber la neige et occupe-toi donc de ta fille qui ne dort pas bien, il y a assez de boulot ». Oui, vous avez raison. Sauf que cette situation influe sur notre vie de couple et peut-être sur ma fille, va savoir. Il a fallu que je lui explique que sa sœur n'est pas gentille avec papa et que ça le rend triste (bon je lui ai également dit que c'était une égoïste capricieuse ^^). Elle m'a bien vue pleurer plusieurs fois, donc qui me dit qu'elle n'a pas vu B. malheureux pendant que je n'étais pas là ? Un bébé, ça absorbe tout. Qui me dit que ces facteurs de stress de ses parents ne l'empêchent pas aussi de dormir ? C'est pour cette raison que je ne peux pas « ignorer » le problème. C'est pas l'envie qui manque d'écrire à Madame B. et à Maelounette (un courrier courtois je précise), mais c'est compliqué de trouver la bonne limite entre ce qui me regarde et ce qui ne me regarde pas.

 

Sinon rien à voir, mais pour ceux que ça intéresse, j'ai un autre blog indépendant de celui-ci, où je parle uniquement de mon « expérience » de la maternité (il y a juste le dernier article que j'ai également posté ici). C'est par là : mamanbzh35.over-blog.com

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17 novembre 2016

Ma maison-fantasme

Il y a trois ans, B. et moi étions très naïfs : nous pensions en effet qu'avec nos deux SMIC, nous pouvions louer une maison T3.

 

LOL.

 

Enfin bon, ce n'est pas le sujet. Toujours est-il que nous avions, à l'époque, obtenu les coordonnées d'une personne qui louait un bien atypique : une maison en forme de triangle, un peu comme celle-ci :

triangle

 

50 m², grand jardin arboré, deux chambres, à 10 kilomètres de mon boulot d'alors. Bref, tout pour nous séduire.

 

Sauf que. Il se trouve que la propriétaire est très conne spéciale, et qu'elle a tout fait pour nous dissuader de venir visiter : « Je suis à l'étranger et je passe sous un tunnel, rappelez la semaine prochaine ». « Vous savez, c'est comme un triangle posé par terre, c'est très atypique. » « La chambre à l'étage est vraiment très petite ». « Il faut gagner chacun trois fois le montant du loyer pour pouvoir louer ».

 

Alors déjà, c'est totalement illégal d'exiger six fois le montant du loyer. Ensuite, elle soulignait tous les défauts de la maison alors que normalement, un proprio est censé « vendre » son bien, pas le dézinguer. Je n'ai pas trop compris le délire... Elle devait avoir des potes à placer dedans, je ne vois pas d'autre explication. Bref, comme B. est gentil il n'a pas insisté, et il s'est laissé dissuader. Avec le recul, le loyer était au-dessus de nos moyens, donc ce n'est pas plus mal qu'on ne l'ait pas prise.

 

Mais cette maison n'a jamais quitté mon esprit. Elle m'obsède. Je crois que c'est le côté atypique:) La forme de triangle, je trouve ça génial. J'en meurs de ne pas l'avoir visitée. J'ai fait des recherches sur Internet ; je suis même allée voir dans la commune où elle est située, pour essayer de l'apercevoir en vrai... en vain. 

 

Récemment, elle a été remise en location sur le Bon Coin. J'hésite à appeler la proprio et raconter que je suis médecin anesthésiste et mon mari diplomate, et qu'on gagne 15 000 euros mensuels à nous deux, rien que pour avoir une chance d'aller voir cette merveille.

 

Voici la seule photo dont je dispose de la vraie maison :

 

 

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JE LA VEUX !!!!!!!!!! ^^

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13 octobre 2016

Pourquoi j'ai (définitivement) quitté Facebook

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J'avais déjà désactivé mon compte Facebook dans le passé (lassitude, rupture avec mon gros naze d'ex, etc...), mais à chaque fois j'étais revenue au bout de 48 heures. Ce site est addictif, offre des tonnes de possibilités pour s'exprimer (post illimité contrairement à Twitter, partage de photos, liens, etc). Bref j'étais finalement incapable de m'en passer, d'autant que Facebook constitue le seul moyen pour moi de joindre certains de mes contacts.

 

C'est bien là le problème justement : y a-t-il des personnes que je connais dans la vraie vie, et avec qui je ne communique plus que par Facebook ? La réponse est oui. Plein. Et c'est triste. La personne avec qui cela m'ennuie le plus ? Mon amie d'enfance...

 

Il faut savoir qu'avec mon amie d'enfance, on ne s'appelle jamais. Cela s'est instauré petit à petit sans que je m'en rende trop compte. Son copain actuel ne m'apprécie pas, donc je ne la vois plus que deux fois par an, déjà... Et ça m'agace. Il m'agace, son mec ; c'est un kéké. Surtout qu'apparemment je suis la seule de ses amies d' « avant » qu'il n'aime pas. Bref toujours est-il que depuis des mois, les seuls contacts qu'on a se font par Facebook. Plus de Facebook ? Il y a de fortes chances pour qu'on coupe les ponts. Moi qui lui avais dit qu'elle serait la marraine de ma fille, voilà voilà...

Bon là-dessus je pense qu'il y a des torts de mon côté aussi, j'aurais dû l'appeler plus souvent. Mais j'ai vraiment l'impression qu'on en est à un point de non-retour. Un grand merci à son copain qui a contribué ainsi à mettre fin à trente ans d'amitié...

 

Bref je digresse, revenons plutôt à la raison principale de mon « quittage » de Facebook : ma grande gueule et ses conséquences.

 

Avoir une page Facebook et se contenter de poster une fois tous les 3 mois un lien sur l'augmentation du prix du poulet, c'est incompréhensible pour moi. Une page perso c'est comme un blog, j'avais besoin de raconter ce que j'avais sur le cœur ; parfois pour demander des conseils, parfois simplement parce que j'avais besoin de m'exprimer. J'étais très active, et je l'étais également concernant les pages auxquelles j'étais abonnée.

 

En effet, il fut un temps où j'adhérais à des pages d'actualité du style Europe 1, Yahoo Actualités ou même Voici (oui je lis Voici, et j'assume!^^). Je réagissais souvent aux liens postés, parfois avec véhémence, mais sans insultes, de propos limite ou je ne sais quoi. Malgré tout, cela avait déjà chauffé plusieurs fois avec certaines personnes, et j'en avais ras le bol de me prendre la tête. J'avais donc réagi en me désabonnant de la plupart des pages.

 

Sauf que. Facebook met systématiquement sur le fil d'actualités les liens / photos que les contacts « aiment ». Une habile façon de te coller à la vue des choses que tu n'as jamais demandé à voir.

 

Le 26 septembre, j'avais le moral à zéro parce que je venais d'avoir une réponse négative pour un entretien d'embauche que j'avais passé la semaine précédente. En plus de la déception, j'étais en colère car la personne m'avait rappelée en numéro masqué, histoire que je ne décroche pas et qu'elle annonce lâchement la nouvelle à mon répondeur (je précise qu'elle m'avait appelée en montrant son numéro la première fois). Bref j'étais au trente-sixième dessous. Un peu plus tard sur Facebook, j'ai commenté un lien traitant de la grève des infirmières, en disant de ne pas oublier les aide-soignantes et les agents hospitaliers, qui sont moins payés et encore moins considérés.

 

Que n'ai-je pas fait là... J'ai eu instantanément un commentaire d'une infirmière disant que le niveau de formation n'était pas le même. Je lui réponds, et là un autre infirmier intervient : « Oui enfin les responsabilités ne sont pas les mêmes, faut pas pousser non plus ». Là je me suis énervée un peu plus ; je ne supporte pas le mépris (et les infirmiers qui se prennent pour des petits docteurs. « Responsabilités ??? » LOL). Et de toute façon, au départ j'ai juste dit de ne pas OUBLIER LES AUTRES, je n'ai jamais critiqué le travail des infirmières ni contesté leur mouvement de grève. Bref j'ai fini par me manger une diatribe de la première infirmière qui est carrément rentrée dans le jugement personnel, me taxant de « puérilité », de « gamineries », que je n'avais qu'à aller vomir sur une page consacrée aux AS et ASH plutôt que sur une page consacrée aux infirmières (c'est vrai que Topito est LA page de référence des infirmières ; pauvre conne...). Elle a terminé son message en disant qu'elle plaignait mes collègues. J'ai fini par lui envoyer un message privé pour lui demander pour qui elle se prenait.

 

Là déjà, j'ai sérieusement pensé à me tirer de Facebook...

 

Le lendemain, je vois un lien sur le dernier Samsung Galaxy. Je commente en disant que si c'est pour que la batterie tombe en rade à cause des applications toujours plus nombreuses et sophistiquées, ou que le téléphone explose comme c'est arrivé avec certains smartphones, je préfère garder mon LG à 30 euros. Tout ça sur un ton qui se voulait ironique... Bref je m'absente deux heures, et quand je reviens je vois au moins vingt réponses sous mon commentaire, à peu près de la même teneur : « Dis plutôt que t'as pas les moyens de te le payer », avec 36 j'aime dessus ; je n'ai même pas lu la suite. C'est la goutte d'eau qui a fait déborder le vase.

 

Je me suis rendue compte à quel point une pauvre petite phrase pouvait prendre des proportions énormes ; le lynchage à coup de « j'aime ». J'avais l'impression de gaver les gens, aussi bien sur la toile que dans la vraie vie. La moitié de mes contacts Facebook sont des personnes que je ne (re)verrai jamais. Facebook et messenger ont remplacé les messages téléphoniques ou les mails « classiques » ; c'est une solution de facilité qui au final t'éloigne de tes amis. Plusieurs de mes contacts étaient même des lecteurs de mon blog... qui ne lisent plus mon blog depuis des années. Ils n'ont plus l'adresse du blog ; ils ne me l'ont même pas demandée...

 

Pour être populaire sur Facebook, il faut se contenter de poster deux fois par an une recette de cuisine ou les actualités de ton bled. Je ne pense pas que mes contacts qui habitent à Montpellier ou à Lille en aient quelque chose à battre de la vitesse sur la rocade de Rennes, mais bon...

 

Il ne faut pas dire que tu es enceinte. Pas dire que tu es triste. Pas dire que tu es déçue. Pas dire que tu es heureuse. Ne pas parler du boulot. Garder pour toi ce que tu penses sur tel ou tel sujet. Bref, fermer sa gueule ; juste mettre des photos à la rigueur, mais pas trop. J'ai pris Facebook pour un journal intime et un espace de liberté (j'avais bloqué tous les paramètres de confidentialité) ; j'ai commis une erreur. Sans doute un manque de maturité de ma part. Toujours est-il qu'après 8 ans et demi, j'ai désactivé mon compte, pour de bon cette fois. Le profil fantôme, ce n'est pas mon truc. Je suis tellement dégoûtée des derniers posts que je n'ai aucune envie d'y retourner, jamais.

 

Je reste branchée sur ce blog (où je peux VRAIMENT raconter ce que je veux sans être jugée), et sur Instagram. Au moins, il n'y a plus de voyeurs sur ma page Facebook (ceux qui viennent tous les jours dessus mais ne commentent jamais), plus de tentation d'aller mater la page de mon ex, de son Anglaise, de ma belle-fille, de mon géniteur, de mon ex-soeur etc, et davantage de temps consacré à ma fille.

 

Et comme dirait l'autre, je ne crois pas que j'y retournerai un jour !

Posté par Dawn Girl à 15:34 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
02 octobre 2016

Imagine...

… que ta fille vient d'avoir 6 mois. Elle est très tonique et éveillée, mais par contre elle ne tient pas sa tête et ça commence à t'inquiéter un peu. Elle se réveille toujours une fois par nuit pour prendre un biberon. Tu es super fière de toi (et d'elle) parce que depuis quelques semaines, elle fait deux siestes d'une heure chaque jour.

 

De ton côté, tu as encore 15 kg à perdre de ta grossesse. Tu viens d'essayer vainement d'enfiler un jean du 42 qui n'a pas pu passer l'obstacle des cuisses, avant de te résigner à remettre un sempiternel pantalon de grossesse. Tu as une peau dégueulasse, la vulve qui gratte, le ventre qui dégouline au-dessus de la ceinture et le périnée pas tellement rééduqué.Tu as des yeux de panda (mais vraiment) parce que tu dors péniblement 6 heures par nuit coucou-les-insomnies-qui-refusent-de-te-laisser-tranquille. Tu es en stress parce que tu vas être obligée de trouver une nounou pour garder ta fille quand tu retrouveras du boulot (les grands-parents paternels étant très âgés, et la grand-mère maternelle étant soûle du matin au soir, impossible pour eux de s'occuper d'un bébé). Tu appréhendes l'assmat et les vacances parce que ta fille n'a dormi jusqu'ici que dans son lit, à la maison. Tu vas passer un entretien d'embauche en sachant que c'est mort vu que tu es crevée et que tu fais péter les coutures de ton t-shirt Desigual qui a été bouffé par les mites. Bref tu es une maman heureuse, mais grosse, moche, épuisée, nippée avec les fringues de tata Josiane et surtout très stressée (et avec le périnée branlant par-dessus le marché).

 

Et là, tu passes l'après-midi avec une maman qui a accouché une semaine après toi. Elle te claque à la gueule ses cinquante kilos et sa mine fraîche comme une rose étant donné que son bébé fait ses nuits depuis qu'elle est rentrée de la maternité. Elle te raconte tranquille Emile que sa fille (qui tient sa tête bien sûûûûûr), fait trois siestes quotidiennes dont une de 3 heures, dort n'importe où, y compris dans un camion, et y compris quand son père fait de la musique à côté d'elle ; qu'ils sont partis en vacances à l'autre bout de la France et que ça s'est passé nickel pour le trajet en voiture et les nuits ; que la petite est régulièrement gardée par ses trois grands-parents et que tout se passe à merveille. Le jour où elle aura retrouvé du taff, elle n'aura qu'à déposer le paquet chez mamie et partir bosser en sifflotant. Je suis sûre que ELLE, elle a eu une super sage-femme qui lui a tellement bien remusclé le périnée qu'elle peut lancer des noyaux de cerise avec sa chatte.Tout est tellement facile pour elle ; on dirait qu'elle a fait ça toute sa vie.

 

Bah c'est un peu agaçant, quand même ! ^^

Posté par Dawn Girl à 21:02 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
15 septembre 2016

Défi n°2 : pas gagné

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Cela fait longtemps que je veux participer à un jeu télé ; pour le fun bien sûr mais aussi pour le fric facile :)

 

J'ai choisi « Tout le monde veut prendre sa place » parce que c'est une émission que j'apprécie ; que les questions ne sont ni trop faciles, ni trop difficiles, et que l'animateur est plutôt sympathique.

 

Rendez-vous fut donc pris le 1er septembre, près de chez moi, pour les sélections. Nous étions une cinquantaine ; des hommes majoritairement. Je me suis dit « cool, pas beaucoup de filles, j'ai ma chance ! »

 

Nous avons été accueillis par deux membres de la production, dont une jeune fille qui parlait avec de grands gestes, ar-ti-cu-lait bien en ouvrant grand la bouche, et paraissait prête à sautiller tous les deux mots. Bref on sentait le formatage made in TV : « Bonjour à tous, bienvenue !! Youhouuuuuu ! On va vous distribuer les questionnaires de présélection... Pouet pouet ! »

 

J'exagère à peine ;)

 

Au recto du questionnaire : des questions pas trop compliquées, mis à part celles sur le sport (j'aime pas le sport sauf Roland Garros). Par contre ça s'est corsé au verso : les sujets étaient : les All Blacks (bouh), Vercingétorix (prout), les recettes à base de fromage (beurk), et enfin les girafes (bof bof). Et seulement huit minutes pour répondre à toutes les questions.

 

Ensuite, après avoir rendu nos copies, nous sommes passés par groupes de quatre devant la production pour « discuter ». Le but étant de tester notre réactivité, car « après vous serez sur le plateau avec Nagui, et il envoie des vannes ! »

 

Ouais, sauf que ces charmantes personnes n'avaient ni le tempérament, ni le sourire, ni les vannes de Nagui... Qui entre parenthèses, n'est jamais méchant quand il chambre les candidats.

 

Manque de bol pour moi, je suis passée dans le dernier groupe ; ils étaient à la bourre. Ils ont donc expédié le truc en deux secondes. La jeune fille qui sautillait m'a fait parler de mon voyage en Chine, et voilà c'était déjà fini.

 

J'ai remarqué que la seule femme qui a été prise était habillée en jaune citron, et a réussi à placer une anecdote : « Je m'appelle Mme Février, je travaille chez Mars. Donc quand je fixe un rendez-vous en avril, tous mes collègues sont morts de rire ! Ha ha ha ha. »

 

Bon c'était pas drôle, mais ça a fait la différence...

 

En conclusion, j'ai eu un peu l'impression d'être à une foire aux bestiaux, où on est jaugé à la tête du client et où il faut avoir une particularité physique ou vestimentaire pour être choisi (un autre heureux sélectionné avait une moustache un peu atypique). Les membres de la production se croient obligés de jouer aux méchants bourreaux parce que leur patron est du genre à vanner... Sauf qu'ils ne sont pas au niveau de Nagui, et que nous ne sommes pas tous des Jamel Debbouze ou des Florence Foresti en herbe. Et au final, une personne avec de la repartie sera autant impressionnée qu'une autre quand les projecteurs s'allumeront...

 

Je récidiverai donc dans 1 an habillée tout en rose (parce que la moustache ça va être compliqué ^^)

Posté par Dawn Girl à 15:08 - - Commentaires [4] - Permalien [#]