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Le blog de Dawn Girl

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28 août 2026

La petite maison dans la connerie

 

Bon le titre est un peu méchant car je dois avouer que depuis maintenant un bon moment, l'ex de B. semble s'être apaisée (en même temps leurs enfants ont respectivement 28 et 25 ans ; leur fille les a sortis définitivement de sa vie DONC BON plus aucune raison de se faire la guéguerre hein...)

 

Il y a 2 ans et demi (putain déjà...), j'évoquais un SMS que Madame avait envoyé à B. concernant un dégât des eaux qu'il y avait dans leur garage de merde, qu'elle avait un devis de 10 000 euros et elle lui demandait s'il souhaitait participer. C'était quand même sacrément gonflé de lui demander une chose pareille, étant donné que : 

 

-Quand B. l'a quittée, il ne restait que 3 ans de crédit à rembourser (sur 20 ans), et encore, Madame ne versait que 200 pauvres euros par mois ; même pas le prix d'un placard à balais au fin fond d'une cour pourrie. Autrement dit, B. a payé avec elle quasiment la totalité de la maison alors que nous, on a un VRAI loyer à payer ; on n'est pas proprio...

-Il était stipulé dans le jugement de divorce qu'elle devait verser mensuellement à B. une indemnité d'occupation (soulte), et elle n'a jamais versé un seul centime.

 

Bref B. lui a dit non, Dieu merci sinon j'aurais pété un câble (déjà au début il allait faire le jardin là-bas pour que Madame économise les frais de paysagiste ; croyez-moi ça n'a pas duré longtemps 😂).

 

J'aurais préféré que le sort de la maison soit réglé avec le divorce, mais comme B. ne voulait pas froisser Madame (qui pourtant lui parlait comme à une merde, j'en ai été témoin), nul question qu'ils revendent la maison ou que Madame lui rachète sa part ; ils ont fait une indivision (la solution la plus pourrave dans le cadre d'un divorce, n'importe quel notaire vous le dira). Et ce qui m'énervait, c'est que 1 : Madame se retrouvait seule bien tranquille le cul dans ses 140 mètres carrés finis de payer avec le concours +++ de B., et que 2 : B. m'a menti car il m'a dit que l'indivision durerait jusqu'à la majorité de leur fils, sauf que la majorité du fils, bah c'était en 2019... Mais bon j'ai fini par ronger mon frein en me disant que de toute façon, si l'autre conne gardait la maison pour elle pendant encore 30 ans, le jour où B. décèderait elle serait obligée de verser un tiers de la part de B. à Alice donc dans le cul Lulu (je pense que c'est d'ailleurs pour ça qu'elle a dégoupillé quand elle a appris que B. avait un troisième enfant. C'était pas par sentiment hein, c'était juste du calcul financier. Un enfant = un héritier).

 

Bref est-ce précisément pour ne rien avoir à payer à Alice le jour où..., pour dégager subtilement son fils qui vit à ses crochets et nous le refourguer quand on habitera dans la maison de mes beaux-parents (mais là j'espère pas, car hors de question que j'entretienne Tanguy qui n'a jamais bossé de sa vie à 25 ans et ça risque de péter très fort avec B.), ou simplement parce qu'elle veut tourner la page (mais je pense pas, depuis le début elle ne parle que de chiffres, on dirait un patron qui gère son entreprise), BREF toujours est-il que Madame a décidé de vendre la maison 😁 Inutile de vous dire que quand j'ai appris l'heureuse nouvelle, j'étais joie. MAIS (car il y a un mais...), Madame a dit que c'était à condition qu'elle trouve une autre maison (oui elle est toute seule, elle pourrait se contenter d'un T2 mais non il faut une maison à sa Majesté sinon elle meurt). Or, avec la moitié du prix de vente, elle ne pourra jamais rien acheter, c'est mort (l'Ille et Vilaine est tendue +++ en matière d'immobilier, notamment avec l'exode parisien post covid les prix ont explosé, la moindre bicoque à 30 bornes de Rennes se revend 200 000 boules...) Donc bon c'est pas gagné, surtout si elle veut faire un crédit relais ou une vente longue...

 

Cela faisait DES ANNEES que je crevais d'envie de savoir à quoi ressemblait l'intérieur de leur maison (là j'avoue c'est de la pure curiosité, du voyeurisme, tout ce que vous voulez, j'assume à 200 %). Parce que leur vie conjugale avait l'air tellement chiante à mourir que j'imaginais déjà le crucifix au-dessus du lit, les icônes du petit Jésus sur les murs du bureau, etc. Evidemment je n'étais jamais entrée à l'intérieur ; quand on allait chercher Tanguy je restais dans la voiture. J'avais eu un aperçu sur quelques photos que B. avait prises de ses enfants ; et bon comment vous dire... on aurait dit la maison de gens de l'âge de leurs parents (genre nés dans les années 30 quoi) : vieux lits en bois dans toutes les chambres, applique rose sans âge dans la chambre de B., pendule des 400 jours posée sur une télé cathodique, table basse avec du carrelage rose, et bien évidemment buffet et vaisselier en bois, certainement des armoires normandes j'imagine... bref je pense que tout est de la récup de chez leurs parents et grands-parents ; à la limite quand tu t'installes si t'as pas trop de thunes ça peut se comprendre, mais au bout de 20 ans merde quoi je sais pas tu refais la déco😂 Quand j'imagine leurs pauvres adolescents dans les vieux machins de leurs ancêtres, je sais pas s'ils invitaient des copains à la maison mais si c'est le cas, ces derniers devaient avoir l'impression de faire un bond en arrière dans le temps. 

 

B. dit qu'il trouve les meubles en bois "rassurants", moi je trouve ça juste déprimant. D'ailleurs dans la maison de ses parents il y a une QUANTITE INDUSTRIELLE de lits en bois, de buffets, de commodes, de vitrines à bibelots, de bureaux, de trucs indéfinissables qui datent de Mathusalem, ça dégueule tellement dans toutes les pièces + le grenier (qui fait la longueur de la maison donc je vous laisse imaginer) que je ne sais pas comment on va bazarder tout ça (on organisera un vide-maison mais il y en a VRAIMENT VRAIMENT beaucoup trop). En tout cas je lui ai dit que quoi qu'il arrive, ça dégage, j'en veux pas. Il y a juste une table et un buffet qu'il veut garder, j'ai dit oui à condition que ce soit repeint parce qu'il faut faire des concessions dans les deux sens, mais le reste c'est no way. 

 

Et DONC j'en reviens à leur nid d'amour. Vu que Madame a mis la maison en vente, vous pensez bien que j'ai écumé les internets pour la retrouver. J'ai galéré mais j'ai réussi ! Je vais vous partager quelques photos (j'ai voulu les rogner à cause des moteurs de recherche mais je n'ai pas réussi, j'espère que je vais pas me faire cramer 😬).

 

La chambre de Tanguy. On dirait une chambre de séminariste. Contrairement à sa soeur dont la chambre est inutilisée depuis des années puisqu'elle a coupé les ponts, lui est là de temps en temps. Bah ça se voit pas.

 

La chambre conjugale. Bizarrement pas de crucifix au-dessus du lit 🤭.

 

Un magnifique escalier couleur chocolat pour rendre le couloir bien sombre et te donner envie de te pendre quand tu montes dans ta chambre 😂.

 

La pendule des 400 jours est toujours là mais le napperon a disparu (en fait je sais plus s'il y avait un napperon mais on n'en était pas loin). L'horloge par contre, BON... Et je pense qu'elle doit regarder la télé avec des jumelles tellement elle est petite.

 

Globalement, qu'en ai-je pensé ? Bah je m'attendais à pire 😅 Je m'attendais à voir un duplicata de la maison de mes beaux-parents, hyper sombre etc. En fait ce qui m'a choquée, c'est qu'il n'y a quasi rien sur les murs : aucun tableau, quasi aucune photo. Et puis c'est quoi cette télé riquiqui ?

 

Alors peut-être qu'elle a retiré les bibelots trop personnels pour vendre plus facilement et que ça explique pourquoi ça ressemble à une maison-témoin, mais bon dans ces cas-là dégage tes lits en bois quoi. Et quand bien même : je mettrais ma main à couper qu'il n'y a pas eu un changement de fou depuis qu'elle a mis la maison en vente.

 

Par contre je pensais que la maison se vendrait comme des petits pains vu que c'est près de Rennes et que le secteur est très recherché, mais j'ai l'impression qu'elle est en ligne depuis un moment... 😑 Il faut dire que Madame doit être du genre à l'avoir mise au-dessus du prix du marché, et qu'en plus, comme je disais plus haut, si elle fait chier les acheteurs en disant : "ah bah oui mais attendez faut que je me trouve une maison donc ce sera pas dispo avant 6 mois", bah on n'est pas sorti de l'auberge. Je sais que sur M6 ils ont dégagé Stéphane Plaza (et tant mieux), mais s'ils pouvaient refaire les mêmes émissions avec d'autres agents immobiliers, je les appelle direct, ils vont me refourguer ça avec l'aide de Sophie Ferjani ou de Valérie Damidot (ou de n'importe qui je m'en fous du moment qu'ils la vendent)😁.

 

Je voulais aussi vous parler du jour où B. m'a mis sous le nez une photo où il était dans les bras de son ex, mais je vais garder ça pour une prochaine fois sinon ça fait trop d'un coup 🤭 En attendant je vais crever de stress avec mon bébé qui entre au collège mardi prochain... Ca aussi j'aurai sûrement l'occasion de faire plein de posts sur là-dessus...

 

Stay tuned.

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21 août 2026

Défi 40 : Beverlyyyyyy !

Ca fait des siècles que je veux revoir Beverly Hills et Melrose Place ; TF1+ propose l'intégrale de la première ; comme j'ai du temps en ce moment j'ai récemment commencé à re-regarder, trente ans après la première diffusion.

 

J'adorais cette série quand j'étais petite ; j'avais même l'album Panini avec les autocollants à collectionner (sauf qu'à l'époque il n'y avait pas Internet pour faire des échanges, donc je suis restée avec 40 000 doubles et je ne l'ai jamais terminé). Au niveau des personnages, mes préférés étaient Brandon et Kelly (inutile de dire que je fus joie quand ils se sont mis en couple), et juste derrière j'aimais beaucoup Andrea aussi (son côté intello contrebalance parfaitement l'aspect superficiel de Kelly et Donna ; elle a vraiment sa place dans le groupe bien qu'étant radicalement différente des autres). Donna je la trouvais un peu bêbête et pas très jolie (déjà du haut de mes 10 ans je disais que Tori Spelling était pistonnée par son père 😂) ; Dylan bof j'ai jamais été très branchée bad boys ; et Brenda elle m'énervait (par contre elle allait très bien avec Dylan). 

 

Pour l'instant je ne suis qu'à l'épisode 8 ou 9 de la première saison, mais j'ai tenu à déjà faire un post car l'épisode "la mère parfaite" m'a beaucoup touchée. A l'époque il m'avait mise mal à l'aise, mais là je l'ai revu avec mes yeux de 42 ans et forcément, mon regard est différent. En gros, pendant l'épisode Brenda idolâtre Jackie, la mère de Kelly ; cette dernière essaye de lui faire comprendre que tout n'est pas si parfait mais Brenda est aveuglée car Jackie est cool, boit des cocktails au bord de sa piscine dans sa sublime villa hollywoodienne, et son dressing déborde de vêtements de luxe. Elle la trouve donc mieux que sa propre mère, qui est plus "nature" et plus Minnesota, leur Etat d'origine. 

 

Rapidement, on comprend que Jackie est alcoolique. Lors d'un défilé de mode mère/fille elle se donne en spectacle car elle a bu + pris de la coke (j'ai quand même souri quand elle a ordonné aux techniciens de lui retirer "cette putain de lumière de [m]es yeux", belle performance d'actrice, c'était à la fois pathétique et drôle). Kelly finit par quitter le défilé en larmes ; Brenda la suit. Le dialogue entre elles m'a touchée, notamment quand Kelly dit à Brenda que sa famille à elle est parfaite (alors que pourtant elle a plus d'argent et un cadre de vie paradisiaque). Brenda répond : "ils ne sont pas si parfaits", et Kelly réplique : "au moins ils sont sobres, moi ça me suffirait". C'est EXACTEMENT ce que je ressentais par rapport à ma mère. Je me disais qu'au moins les autres parents ne buvaient pas, et que j'aurais donné n'importe quoi juste pour avoir ça.

 

Plus tard, la confrontation entre Kelly et sa mère offre des dialogues vraiment très bien vus. Pour que ce soit aussi pertinent, je pense que soit le scénariste a connu personnellement la même situation, soit quelqu'un de proche lui a raconté et il s'en est inspiré.

 

Bon, moi IRL je n'ai pas eu de Cindy pour me consoler ni d'Andrea pour me dire que j'étais admirable de force pour avoir subi tout ça sans rien laisser paraître 😁. Cela reste une série, mais je comprends maintenant pourquoi Kelly était ma préférée et pourquoi je détestais Jackie (pourtant à l'époque j'ignorais que ma mère était alcoolique même si je savais qu'il y avait un problème, je ne savais pas lequel). C'était sans doute plus profond que "Kelly est trop belle, c'est pour ça que je la préfère aux autres". (même si elle était vraiment sublime quand même).

 

De manière plus légère, je me souvenais que Andrea avait le béguin pour Brandon, là c'est flagrant dès les premiers épisodes. L'autre jour j'ai demandé à Chat gpt, même si j'étais quasi sûre de la réponse, s'il y a un moment donné où ils sortent ensemble dans la série. Spoiler : Nein.

 

Bon du coup il me reste 9 saisons et demi à me fader donc j'en reparlerai peut-être. Mais j'ai vraiment beaucoup aimé cet épisode et je ne pouvais pas ne pas en parler !

 

10 août 2026

Article-dépotoir à angoisses maternelles 2.0

Voilà comment je vois Alice dans quelques mois :-S

 

Et bien voilà on y est, dans 3 semaines mon nourrisson va entrer au collège. Au COLLEGE bordel. Alors que j'ai accouché il y a 8 minutes. Mon bébé va avoir un casier, un prof par matière, elle va manger au self, elle va mettre les deux pieds dans l'adolescence, et moi je vais décéder de trouille. Vous vous souvenez quand j'avais fait un article-dépotoir pour toutes mes angoisses quand elle est partie en classe de neige ? Bah je vais faire la même chose avec le collège parce que j'en rêve la nuit tellement ça me tue ; j'ai peur qu'elle se fasse broyer.

 

-La solitude : Alice est différente. Elle est probablement autiste, c'est pas moi qui le dis c'est la neuropsy. Quand elle a sauté une classe en 2023, elle a passé des tonnes de récrés toute seule parce qu'elle avait changé de groupe et qu'elle ne s'est pas intégrée au nouveau. Les autres ne l'embêtaient pas mais ils ne s'occupaient pas d'elle non plus. Beaucoup de personnes lui disent qu'elle est "bizarre", et j'ai beau lui dire que c'est faux, forcément ça lui fait mal d'entendre ça. On n'a pas envie d'être "bizarre" quand on vit en société, et de surcroît quand on entre dans la préadolescence. On veut se fondre dans le moule, être comme les autres. Elle a gardé le même copain pendant 7 ans (ça c'est typique des autistes aussi : les groupes c'est niet, vive le one-to-one. Je suis exactement pareil, même à l'âge adulte). Sauf que là, bah son meilleur copain ne sera plus là puisque lui, il passe en CM2. J'ai peur qu'elle se retrouve toute seule ; que les filles de son ancienne classe reforment les mêmes petits groupes qu'à l'école et qu'elle passe ses récrés seule, qu'elle mange toute seule le midi. Ne pas avoir d'amis dans une petite école déjà c'est pas facile, mais alors au collège tu te fais littéralement déglinguer. Le pire c'est que j'ai eu l'occasion de constater que parfois, d'autres élèves ont essayé de venir vers elle mais c'est elle qui n'y allait pas. Lors de la fête de l'école par exemple : une fille de sa classe est venue lui demander de venir jouer avec elle et une autre copine, elle n'y est pas allée. Mais là je peux rien faire.

 

-Elle ne sait toujours pas nager (même après 3 ans de cours particuliers. Je commence à me dire qu'elle ne saura jamais). Et bien sûr, il y aura des séances de piscine avec le collège. Entre les moqueries des autres et la peur qu'elle se noie, ai-je besoin d'en dire plus ?

 

-Et bien sûr le harcèlement scolaire, inutile de faire un dessin, c'est LE fléau qui règne dans tous les collèges de France et de Navarre. Régulièrement on entend des cas d'enfants qui se sont foutus en l'air parce qu'ils étaient harcelés. Alice est la cible idéale des harceleurs : autiste, dyspraxique, pas sportive, en surpoids, très bonne élève... Bon, elle ne porte pas de lunettes, c'est déjà ça. Mais moi je n'en avais pas non plus et j'ai été harcelée : insultes, bruits de pets et j'en passe. Et encore, il n'y avait pas les réseaux sociaux à mon époque. Alors il y a des ambassadeurs anti-harcèlement dans son collège, croisons les doigts pour qu'elle aille les voir si jamais elle a un problème. Les ados ne parlent pas, je suis bien placée pour le savoir. Il y a 30 ans, je n'en ai parlé à personne. Heureusement pour moi, je n'étais pas suicidaire.

 

Bref, mon coeur de maman a peur que son enfant se fasse broyer par la machine Collège. Je vois le bâtiment avec des grandes dents prêtes à dévorer les plus faibles. Même si Alice ce n'est pas moi, voir qu'elle me ressemble autant me ramène en 1995 quand j'étais à sa place. J'aurais tellement préféré qu'elle soit radicalement différente de moi. Sur certains points, Alice c'est moi en mieux, mais sur d'autres c'est moi en pire.

 

William Shakespeare disait : "ce qu'on ne peut éviter, il faut l'embrasser". Embrassons donc la jungle... euh le collège... Je vais entrer en apnée le 1er septembre prochain, et je n'en sortirai qu'en 2030 quand elle passera son brevet. Quatre ans d'apnée, c'est long...

16 juillet 2026

Reprise catastrophique ^^

 

 

Depuis le 15 juillet à minuit, je suis officiellement chômeuse. Comme je connaissais ma date de départ depuis longtemps, je m'étais déjà mise en quête d'un job alimentaire pour l'été + quelques semaines par-ci par là en septembre - octobre (car j'ai ma formation LSF une semaine sur deux), mais bon c'est COMPLIQUE bon sang ; à chaque fois les dates ne collent pas (déso mais la première semaine d'août je pars en vacances et hors de question d'annuler) ; le marché du travail est vraiment moribond, j'ai jamais vu ça. Genre je me fais recaler pour du ménage steuplaît 😭

 

J'avais quand même fini par trouver quelque chose, un poste d'agent hospitalier dans un EHPAD. Des contrats à la journée uniquement (environ 8 sur juillet-août, pas ouf mais c'était mieux que rien). Je devais normalement faire ma première mission le 18 juillet précédée d'une journée en binôme le 16 pour être formée ; bah en fait l'expérience a été avortée car j'ai fait un truc que je n'avais jamais fait de toute ma vie : je me suis barrée avant la fin de la journée. Il y a eu tellement de trucs problématiques sur UNE SEULE JOURNEE que je ne pouvais pas faire autrement. Mon cerveau me criait de partir en courant.

 

*Déjà, la veille de la prise de poste, je constate que personne n'a pris la peine de m'indiquer avec qui je vais travailler, à quelle heure je dois me présenter etc. J'envoie donc un SMS à la RRH, qui ne le lit pas (🤡) ; ça commence à urger donc j'appelle directement le portable des RH, où heureusement ça décroche. Une salariée me dit qu'elle me rappelle dans 10 minutes avec les infos. Elle m'envoie donc un SMS 2 heures plus tard (🤡), en m'indiquant le nom de ma binôme et le secteur où je vais travailler le lendemain. Bon.

 

*Le matin du binôme, je suis stressée comme jamais hashtag le bide en vrac. Dix fois je suis sur le point d'appeler pour leur dire que finalement je ne viendrai pas, mais je finis par y aller. Comme je sais très bien que personne ne m'accueillera sur place, dès mon arrivée je me sors les doigts et je chope quelqu'un dans le couloir en lui disant : "Bonjour je m'appelle Dawn Girl, je dois travailler en doublure avec Machine aujourd'hui". La personne m'indique où poser mes affaires, où trouver une tenue etc. Puis on monte à l'étage, elle me pète dans une chambre avec celle que je pense donc être Machine (en toute logique puisque j'ai dit que je bossais avec Machine 🤷‍♀️). Bien entendu, Machine n'est pas au courant que je bosse avec elle (🤡). Au bout de quelques minutes, il s'avère qu'en fait cette collègue n'est pas du tout Machine (🤡🤡) ; j'ignore pourquoi on m'a mise avec elle alors que j'ai bien spécifié le prénom de ma binôme attitrée dès que je suis arrivée... Ca commence mal. A cause d'un micmac d'échanges de postes entre collègues auquel je n'ai strictement rien compris, on me met finalement non pas avec Machine, mais avec Truc qui a déjà commencé à travailler depuis un moment (bah oui tu m'étonnes avec tout le retard qu'on a pris avec leur organisation éclatée au sol, je me retrouve obligée de prendre le train en marche pour une tâche super speed que je n'ai jamais faite avant, j'adore ❤). Truc est très gentille avec moi mais je me sens déjà fatiguée psychiquement.

 

*Ensuite on nettoie des chambres ensemble avec Truc, RAS ça se passe bien. Je lui pose des questions, je lui montre que le travail m'intéresse. Petit bémol quand même : à un moment on descend en plonge où elle a un peu tendance à faire son truc dans son coin en speed ; en l'observant je finis par comprendre qu'il faut laver les plateaux et la vaisselle et refaire les plateaux pour les petits déjeuners du lendemain. Mais à certains moments j'ai l'impression de ne servir à rien ; c'est bien de me laisser prendre des initiatives mais elle semble oublier que je suis censée faire le poste toute seule dans deux jours, donc bah j'ai besoin d'un minimum de pédagogie et d'être impliquée voyez-vous...

 

*Le midi je comprends qu'il y a certains résidents qui descendent tous seuls au restaurant, d'autres qu'on doit appeler pour qu'ils aillent manger, et d'autres enfin qu'on emmène nous-mêmes car ils sont en fauteuil roulant et ne peuvent pas le faire tous seuls. Je ne vois pas comment, en une seule journée, je vais pouvoir retenir qui est dans quel cas (encore une fois, après-demain je suis censée faire ce poste en autonomie (🤡). Tout est trop brouillon, je ne sais pas ce qui est optionnel là-dedans, qu'est ce qui tient de l'entraide entre collègues et quelles sont les tâches dont j'aurai réellement la responsabilité samedi ; ça commence à m'inquiéter.

 

*Ensuite nettoyage à deux une partie de l'après-midi, je commence à être cuite physiquement mais sinon pas de souci. C'est après que ça se gâte : Truc commence à aller discuter avec une secrétaire pendant 3 plombes et m'abandonne (il faut se mettre à ma place : c'est ma première journée, je découvre le poste ; je prends des initiatives quand je suis à l'aise mais là, je ne sais pas ce qu'on est censé faire après...). Ensuite on va chercher deux résidentes pour les emmener dîner ; les deux fauteuils roulants ne passent pas dans l'ascenseur donc Truc y va seule avec sa résidente et me dit qu'elle revient... sauf qu'elle ne revient pas. La résidente restée avec moi est une personne compliquée (tant qu'à faire 🤡) ; elle s'impatiente, j'essaie de la rassurer comme je peux mais au bout d'un moment je ne sais plus quoi lui dire. Une autre résidente arrive en déambulateur ; elle m'oblige à appuyer sur le bouton pour appeler l'ascenseur (bah oui elle n'en a strictement rien à foutre que j'attende ma collègue, elle a faim, je comprends 🤣), résultat la dame avec moi commence à me pourrir parce qu'on attend pour rien depuis tout à l'heure ; je lui réponds qu'il y a plusieurs restaurants et que je ne sais pas où je dois l'emmener ; heureusement une infirmière passe derrière moi et m'indique que je dois l'emmener au rez de chaussée. Bon soit, je la dépose là-bas. Je remonte, je croise ENFIN Truc et je lui dis que j'ai poireauté avec Mme X qui me pourrissait la tête, Truc me dit que soi disant elle était bloquée devant l'ascenseur qui ne s'arrêtait jamais à son étage. Alors 1. perso quand j'ai appuyé sur le bouton d'appel l'ascenseur est venu tout de suite (ascenseur qui d'ailleurs indiquait le même étage en continu depuis tout à l'heure donc il n'a pas bougé ; elle me prend pour une bille ou c'est comment ?)  ; et 2. elle était seule sans résident ni fauteuil roulant donc AU PIRE elle pouvait très bien prendre l'escalier. BREF ça commence à me gonfler tout ça.

 

*A un moment donné une connasse d'esthéticienne qui discutait avec Truc se met à ricaner en nous regardant : "Vous avez des belles tenues dis-donc gnarf gnarf gnarf" (elles étaient froissées mais bon pardon je ne suis pas responsable du repassage, je prends la tenue qu'on me donne, Jeannette), et ensuite ELLE ME DESIGNE DU MENTON steuplaît, comme si j'étais un truc décoratif moche dont elle pouvait se moquer ouvertement. Je l'ai fusillée du regard, j'espère qu'elle s'est sentie bien mal à l'aise. Salope de harceleuse.

 

*Et alors le pompon de la pomponnette, l'événement qui m'a fait dire "stop, ça suffit" : Truc qui me sort après le coup de l'ascenseur : "Bon, tu préfères aller bosser au deuxième étage ou en bas ?" Je lui réponds que je m'en fiche, que je ne connais ni l'un ni l'autre. Au final elle me dit qu'elle va monter au deuxième et que je peux donc descendre aider Bidulette au restaurant. Alors pour vous présenter Bidulette, c'est une grande gueule qui parle fort avec une voix vulgaire ; exactement le type de personne qui me déteste sans aucune raison 🤓. J'ai mangé avec elle le midi et j'ai fait des efforts pour parler avec elle (alors qu'elle n'en faisait strictement aucun, mais ça c'est l'histoire de ma vie, c'est toujours comme ça 🤣). Je ne suis donc pas ravie d'aller bosser avec elle MAIS je fais un effort et je ne laisse rien paraître ; je vais la voir et je lui demande si je peux l'aider à faire quelque chose. Et là elle me dit qu'elle doit distribuer le pain sur les tables ; elle va chercher son pain, son beurre, elle pose tout sur son chariot et elle commence à le donner aux résidents en déambulant joyeusement entre les tables ; pas un seul instant elle ne me calcule 🤣 Chais pas elle peut me demander de le faire, ou me donner autre chose à gérer pendant qu'elle s'occupe de ça, non ? Non. Je me sens comme une conne à la suivre pendant qu'elle va super vite, j'ai l'impression d'être gênante plus qu'autre chose, et ça ajouté à tout le reste, bah là, d'un coup, j'atteins un point de non-retour : c'est trop. 

 

Je me suis barrée. Je suis allée au vestiaire, j'ai mis ma tenue à laver, j'ai pris mes cliques et mes claques et tchao la compagnie. Normalement je devais finir mon service deux heures plus tard, mais là c'était pas possible. 

 

Pourquoi ? Parce que je me suis pas tapé 9 mois de burn out, une rupture conventionnelle avec avocat et compagnie pour ENCORE me faire traiter comme de la merde. J'ai 42 ans, j'ai déjà fait la potiche dans des endroits malsains où je m'emmerdais pendant que les plus forts posaient leur cul sur ma chaise, j'ai soupé jusqu'à la nausée de patrons et de collègues toxiques, je me suis bien fait écraser la gueule par des gens névrosés qui ne supportaient pas que je brille plus qu'eux, ça suffit. Avant je supportais, maintenant c'est non. Vous n'avez pas besoin de mon aide ? Au revoir.

 

Merde à la fin.

 

Depuis ma voiture j'ai envoyé un mail à la RRH pour lui indiquer que j'annulais ma mission du 18 juillet, que je m'étais sentie inconfortable en fin de journée. Le lendemain, pour me protéger juridiquement, j'ai envoyé un autre message où j'ai détaillé ce qui s'était passé. Elle m'a répondu, et rien ne va dans sa réponse :

 

"Merci pour ces explications, en revanche je trouve dommage que vous ne soyez pas venue nous voir suite à ces trois petits "incidents" qui se sont déroulés sur une journée de 11 heures".

 

1 : Zéro excuse pour le comportement de certaines collègues. 2 : zéro remise en question concernant l'organisation. 3 : venir la voir ? A 18 heures elle avait fini sa journée depuis longtemps. 4 : normalement quand tu embauches quelqu'un c'est ton job de prendre deux minutes pour lui demander comment ça se passe, non ? Elle, je l'ai croisée par hasard vers la fin d'après-midi, c'est à peine si elle m'a jeté un regard... 5 : "3 petits "incidents"", ou comment minimiser des comportements maltraitants...

 

La grosse blague, c'est que sur leur site internet ils se présentent comme ça :

 

MDR

 

Bref, j'estime avoir fait ce qui était la meilleure solution pour moi, parce que quand ça commence comme ça dès le premier jour, c'est pire après. Ca m'a mis un gros coup au moral : les deux jours suivants j'étais vraiment mal, j'étais triste et anxieuse parce que je ne sais pas si je vais pouvoir retrouver du travail, parce qu'on est 150 putains de candidats pour chaque pauvre CDD payé au SMIC proposé sur Hellowork ou Indeed, parce que je ne sais pas si la LSF offre des débouchés mais que c'est là-dedans que je veux bosser, parce que j'ai peur que mes indemnités de fin de contrat fondent comme neige au soleil alors qu'à la base je voulais les épargner, parce que je veux monter ma micro entreprise mais que je ne vais pouvoir le faire avant le mois de mai et qu'en plus beaucoup de micro entreprises se cassent la gueule, que je ne sais pas comment faire une étude de marché, etc etc. MAIS objectivement je ne pouvais pas faire autrement.

 

Next.

 

 

8 juillet 2026

Le grand saut

 

Nous y sommes presque : dans 7 jours tout pile, je ne serai officiellement plus salariée chez l'employeur qui m'avait embauchée il y a quatre ans. Les + : plus de harcèlement, plus de collègue toxique, plus de boule au ventre. Les - : une incertitude totale de ce que je vais devenir sur un marché du travail complètement saturé où tu te fais jeter même pour faire du ménage en CDD dans des chambres d'hôpital alors que tu as de l'expérience (oui oui). Plus de salaire. Certes je pars avec un gros chèque (mon avocat m'a négocié 10 mois de salaire), mais vu la gueule de la conjoncture ils vont vite fondre. Surtout que j'ai des projets, et que tout projet coûte de la thune.

 

1 : j'ai décidé de tenter une VAE pour obtenir mon diplôme de secrétaire médicale, car bon au bout de 14 ans de pratique je pense que je suis légitime. Sauf que l'accompagnement pour une VAE coûte 2000 balles... Alors je pourrais faire sans, mais l'idée c'est de l'avoir, si je fais toute seule j'économise des sous mais je risque de me planter. Et comme il y a constitution d'un dossier + présentation devant un jury... Alors je peux mobiliser mon CPF mais clairement j'ai pas toute la somme.

 

2 : je continue de me former à la LSF. Je ne sais pas exactement ce que je vais en faire ; je sais juste que j'ai envie de m'en servir dans ma vie professionnelle. Je ne connais pas les débouchés par contre. En tout cas, chaque module d'une semaine coûte 250 balles, et d'ici le printemps prochain je vais en faire 10. Je vous laisse faire le calcul... (et encore, c'est le niveau minimum).

 

3 : j'ai deux projets de voyage avec Alice l'année prochaine : un week-end à Marseille et un séjour en Irlande. Alors oui c'est du luxe, mais pas question de me priver de ça. Quand j'ai déglingué mon livret A pour payer le séjour à Disney et les 4 jours à Nice et Marseille, pas une seconde je ne l'ai regretté. Je ne le regrette toujours pas d'ailleurs : cela fait de beaux souvenirs pour Alice et ça, ça n'a pas de prix.

 

4 : il y a l'école d'Alice à payer, la cantine, son transport scolaire (elle rentre au collège donc c'est dans la commune d'à côté, terminado les trajets à pied), ses cours de théâtre et de piano et mes cours d'escalade (qu'est ce qui m'a pris de m'inscrire pour grimper tous les lundis soirs, je sais pas. Mais je l'ai fait 🤣🤣).

 

J'envisage de me reconvertir dans un taff alimentaire au moins dans un premier temps, mais ce ne sera pas avant l'été 2027 car j'ai besoin d'être disponible des semaines entières pour mes stages de LSF. Ca pose souci d'ailleurs pour bosser cet été, à chaque fois les dates ne collent pas mais hors de question de renoncer à la pauvre petite semaine de vacances que j'ai prise début août, ni à mon projet LSF. 

 

J'ai trouvé quelques jours de boulot alimentaire sur juillet et août (des missions à la journée, j'aurais préféré un CDD plus long mais bon...). Mon anxiété maladive fait que depuis des jours je me fais les pires scénarios dans la tête : et si personne n'est là pour m'accueillir ? Je vais devoir explorer les locaux à la recherche des casiers, du frigo ? S'il n'y a pas de tenue à ma taille ? Si les résidents sont des gros cons et refusent mes services ? Si mes collègues sont des connasses ? Les scènes tournent en boucle dans mon cerveau et je ne peux rien y faire. Je me vois déjà repartir en courant, la queue entre les pattes... 

 

Et surtout, je me dis que TOUT CA, c'est à cause de ma harceleuse. J'avais trouvé un boulot pérenne, certes pas passionnant mais bon au moins j'avais la sécurité de l'emploi. J'étais à l'aise dans les locaux, j'avais mes petites habitudes dans le quartier, j'avais un mercredi et un lundi sur deux de repos... et là j'ai été contrainte de larguer tout ça, de payer un avocat et de faire une rupture conventionnelle tout ça pour quoi ? Pour une connasse névrosée qui m'a conduite au burn out, pour des RH qui n'ont pas bougé le petit doigt et continuent de protéger cette personne, personne qui va reprendre son poste tranquillou à la rentrée sans être inquiétée, et ça c'est TELLEMENT dégueulasse. Je sais qu'il fallait que je parte, que je n'avais pas le choix, que c'était la seule chose à faire, que ma santé est plus importante qu'un travail. Mais là je me retrouve précaire, obligée de changer d'environnement pro alors que le changement ça m'angoisse, en train d'espérer décrocher un entretien et avoir l'opportunité (lol) de sucer la bite des recruteurs pour espérer qu'ils me choisissent pour me payer un SMIC et me parler comme à un chien... Bah non je ne veux plus de ça en fait.

 

Bref je sais pas où je vais, mais j'y vais. Espérons juste que ce soit pas dans le mur et que je me retrouve à vivre sur la retraite de B. (1200 balles. Whaou 😂)

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17 juin 2026

17 juin

La barrière de la loose.

 

Mademoiselle D. a été mon crush féminin de 2022. Je dis "féminin" mais en fait je ne devrais même pas le préciser, car cela fait belle lurette que tous mes crushs sont exclusivement féminins. Les mots "crush" et "masculin" sont devenus antinomiques dans mon cerveau. Je ne remarque même plus les mecs, ils font partie du décor mais ils ne m'attirent plus, ils ne m'intéressent plus. Leur corps ne m'a jamais fait rêver, mais alors aujourd'hui ça me laisse carrément de marbre. Je les laisse volontiers à mes congénères femelles, allez-y faites-vous plaisir, c'est pas moi qui vous les piquerai, je peux même vous arranger le coup si vous voulez😂. J'ai d'ailleurs récemment compris comment j'ai pu malgré tout être attirée par des mecs et aimer sincèrement B. (car je l'ai aimé hein. Vraiment. Alice est le fruit d'une véritable histoire d'amour et cela ne changera jamais. Mais je ne suis définitivement pas hétérosexuelle et B. sera le dernier homme de ma vie, c'est un fait incontestable que j'ai parfaitement intégré). J'aurai l'occasion de reparler de tout cela ultérieurement car ce n'est pas le sujet de ce post. 

 

1er septembre 2022 : jour de rentrée scolaire. Avec B. et Alice, nous pénétrons dans la cour de l'école et rejoignons la pancarte indiquant "Mlle D., CP-CE1". Je connais Mlle D. de vue depuis 3 ans ; dire qu'elle m'attire serait exagéré mais elle m'intrigue. Aujourd'hui pourtant je la trouve assez froide ; le changement est radical par rapport à sa collègue de l'an passé, un vrai bonbon qui prenait le temps d'aller saluer chaque élève individuellement avec un grand sourire et un câlin verbal. Là, le Bonbon est parti travailler ailleurs, il fait un temps de chiotte et Mlle D. est froide, l'année scolaire commence mal 😂 Je relativise en me disant que tant qu'elle est gentille avec Alice, le reste m'importe peu. Ma fille me le confirme la semaine suivante : oui, elle aime bien sa nouvelle maîtresse et oui, ça se passe bien en classe. Par contre, concernant la consigne de l'ORL de placer Alice au premier rang en raison de sa surdité, là encore macache bono. Je grince des dents. Ce n'est pas moi qui ai demandé ça mais un médecin, donc à quelle heure tu te permets de ne pas en tenir compte ? Cependant je laisse couler, je ne sais plus pourquoi. Peut-être qu'Alice m'a dit qu'elle entendait bien les consignes même en étant au fond, et que ses résultats étant excellents je n'ai pas jugé nécessaire de ruer dans les brancards.

 

Quelques jours plus tard se tient la réunion de rentrée dans la salle de classe d'Alice. Comme à chaque fois que je me retrouve au milieu de tous les parents d'élèves qui se disent salut, se tapent la bise et parlent de leurs conjoints respectifs en les désignant par leurs prénoms, j'angoisse. Je déteste tellement ça ; j'ai l'impression qu'ils vivent tous dans le même lotissement et que je fais bande à part ; cela me met mal à l'aise alors je reste en retrait. Je sais que de leur point de vue à eux, je suis froide et hautaine (c'est ce que pensent tous les gens qui ne me connaissent pas, je l'entends depuis toujours. Ils se trompent mais ce n'est pas grave). Histoire de ne pas trop les voir (déjà que je suis obligée de les entendre), je m'assois au premier rang. La réunion commence ; Mlle D. se met à parler, et là l'horizon s'ouvre. Comme dirait l'expression consacrée, elle dégage quelque chose. Je me dis : "Mais WOW elle est super jolie en fait." Sa voix est douce tout en maîtrisant parfaitement son sujet, elle est rassurante, elle dégage une bienveillance de fou, elle fait même des petites blagues. Bref, elle est parfaite. Je ne suis pas tombée sous son charme, je me suis carrément cassé la gueule.

 

Alors évidemment c'est la maîtresse d'Alice donc pas question que je sorte de mon rôle de parent d'élève. Peut-être qu'elle s'est déjà fait draguer par des papas (des mamans je pense pas car on est dans une école privée-catholique-bien-sous-tous-rapports), mais de toute façon ce n'est pas mon genre de draguer. Moi je suis plutôt du genre à souffrir en silence en me demandant pourquoi je flashe toujours sur des personnes inaccessibles, pourquoi je ne me contente pas d'une nana célib de la salle de sport, mais que voulez-vous c'est l'histoire de ma vie. Même pour le père de ma fille j'ai trouvé le moyen d'aller chercher mon moniteur d'auto-école marié et père de deux enfants (oui bon j'ai fini par l'avoir mais quelle souffrance ce fut). 

 

Je ferme ma gueule donc. Je note mentalement les infos perso que Mlle D. laisse filtrer : deux enfants (garçons a priori), un au collège et l'autre en primaire qui sait jouer aux échecs, pas d'alliance, une voiture beaucoup trop grosse pour être conduite par une femme célibataire (ptdr le cliché pourri), son 06 (elle me l'a donné un jour où Alice a eu un souci à l'école, en me disant : "c'est mon téléphone personnel"). J'ai eu trois fois plus de rendez-vous individuels avec elle que les autres parents, en raison du fait qu'Alice était en avance scolairement et qu'il fallait constamment s'adapter. Lors de la réunion pédagogique pour décider du passage anticipé d'Alice en CE2, elle a fait plusieurs petites blagues pour me faire rire (et moi j'ai répondu de la merde 🤓). Et puis voilà, les deux années suivantes sont passées, Alice n'était plus dans sa classe ; que pouvais-je faire à part me contenter de lui jeter des oeillades pas discrètes du tout quand je la voyais au portail ? Je n'allais pas lui mettre un mot sous son essuie-glace façon PV en lui disant : "Vous êtes très jolie". (je vous jure j'ai failli le faire). J'ai également gardé son 06 ; bien entendu je ne l'appellerai jamais mais quelquefois je guette sa photo de profil WhatsApp pour voir si j'aperçois un Monsieur D. dessus (non) (mais bon il y a forcément quelqu'un qui l'a prise en photo de dos, c'est pas Inspecteur Gadget elle n'a pas les bras aussi longs) (niééééé). 

 

En 2023-2024, comme j'en ai parlé à plusieurs reprises ici, j'ai été sous l'emprise d'une collègue de travail. J'étais persuadée d'être amoureuse d'elle, j'étais même prête à lui déclarer ma flamme. Heureusement, elle a eu la bonne idée de dépasser les bornes une fois de trop en juin 2024, ce qui m'a fait définitivement ouvrir les yeux sur sa véritable nature et me rendre compte que ce que je ressentais n'était nullement de l'amour.  Cette femme est l'une des personnes les plus toxiques que j'ai connues de ma vie. A cause d'elle, je suis en burn out depuis 8 mois et je quitte mon travail le mois prochain. Je ne veux plus jamais la revoir.

 

Pendant que je m'étais amourachée de ma collègue j'avais du coup un peu occulté Mlle D., mais jamais totalement. De toute manière comme je la voyais au portail lorsque j'allais chercher Alice à l'école, c'était impossible de l'oublier complètement.

 

6 juin 2025. Je suis dans la salle d'attente du médecin. Je suis arrivée très en avance à mon rendez-vous ; je regarde donc Roland Garros sur mon téléphone pour patienter. Soudain, une notification de ma boîte mail apparaît : "Ecole - Informations rentrée 2025". J'ai un mauvais pressentiment. Musetti abandonne ; je coupe Roland Garros et je vais consulter le message.

 

Je lis en diagonale ; deux notions me sautent aux yeux : 1. "fermeture d'une classe" et 2. "départ de Mlle D." (je précise qu'à la manière dont le mail est tourné, on comprend que cette mutation n'est pas la décision de Mlle D., elle s'en va uniquement à cause de la suppression de classe).

 

Alors celle-là, je ne l'ai pas vue venir... Mlle D. travaille dans cette école depuis plus de dix ans, pourquoi c'est à elle de partir ? Pourquoi ce n'est pas sa collègue arrivée seulement en septembre dernier ? Comment ça marche, les critères de l'Education Nationale, les barèmes, les points, les bidules ? Alice répondrait : "Comme du caca". Bah je suis bien d'accord. Du caca qui envoie Mlle D. dans une autre école à la place de sa collègue qui n'est là que depuis 1 an.

 

17 juin 2025. En accord avec la maîtresse d'Alice, je vais chercher cette dernière à l'école plus tôt car elle a un rendez-vous chez l'ergothérapeute. Je me rends donc près de la barrière avec son sac pour l'attendre ; c'est la récréation du midi et c'est Mlle D. qui surveille la cour. Heureux hasard : aujourd'hui je suis pimpée comme jamais. Je me pimpe souvent quand Mlle D. est là (je me lisse les cheveux, je me maquille, je mets mes plus beaux habits ; je ne peux pas m'empêcher de tout faire pour qu'elle me trouve jolie), mais là j'ai mis le paquet sans même savoir qu'elle serait là : ma coiffeuse préférée m'a fait des tresses collées, j'ai réussi à me mettre de l'eye liner sans ressembler à un panda, ma peau n'est pas trop dégueu, bref je suis objectivement agréable à regarder. Mlle D. me voit et s'approche en souriant ; mon estomac fait un salto arrière. Elle me demande si je suis venue apporter le sac d'Alice, je lui réponds que non, je suis venue récupérer l'enfant à qui appartient le sac.

 

Mlle D. va prévenir Alice puis revient ; la devise de ma fille étant "doucement le matin, pas trop vite le soir", on a le temps de discuter un peu le temps qu'elle me rejoigne à la barrière. La mutation de Mlle D. me traverse l'esprit, j'ai envie de lui dire que je suis triste qu'elle parte mais je n'y arrive pas, j'ai peur de dire de la merde. Je préfère jouer à la fille cool et souriante qui s'en fout, alors que c'est tout le contraire, si elle savait. Alice finit par arriver. Je dis à Mlle D., toujours avec mon air TDAH featuring je m'en foutiste : "Bon, bah merci, bon après-midi !" Mlle D. me souhaite également une bonne journée et retourne à ses élèves. Je me revois encore derrière cette foutue barrière, la regardant partir vers la cour, et me disant : "j'aurais dû lui dire pour sa mutation. Je suis nulle...".

 

Nous nous rendons chez l'ergothérapeute dans la ville d'à côté. Comme il fait beau, ce jour-là c'est entraînement au stade pour s'exercer à lancer et attraper un ballon. Debout à côté du gymnase, je me rejoue la scène avec Mlle D. et je m'en veux de lui avoir dit : "Bon bah merci, bon après-midi !" Si ça se trouve, elle a pris ça comme un : "Allez dégage !", alors qu'elle était gentiment restée avec moi le temps qu'Alice arrive... J'ai fait bien pire que dire de la merde, j'ai carrément FAIT de la merde.

 

Pourquoi, quand on a peur que la personne en face de nous devine ce qu'on ressent, on a toujours besoin de se protéger en lui faisant croire le contraire quitte à être blessant ? Je ne voulais pas qu'elle parte de la barrière, je ne voulais même pas qu'elle parte de l'école tout court. Les mots "ACTE MANQUE" me tournent dans le cerveau comme une rengaine lancinante. Je sens que je vais m'en vouloir toute ma vie.

 

D'autant plus que je n'ai jamais revu Mlle D. Il y a bien eu un pot de départ à la fin de l'année scolaire, mais primo j'ai eu peur de me retrouver encore au milieu des autres parents qui se disent salut, se tapent la bise et parlent de leurs conjoints respectifs en les désignant par leurs prénoms, et deuxio JAMAIS je n'aurais osé lui dire que j'étais triste qu'elle parte blablabla devant ses collègues et les autres parents d'élèves... Si j'y étais allée, j'aurais dit des banalités encore plus affligeantes que la première fois. Déjà que je lui avais joué le numéro de la fille désinvolte et que je m'en mordais les doigts à présent, c'était pas pour lui jouer l'acte 2 quelques jours plus tard😂 Je n'y suis donc pas allée. En revanche je lui ai écrit une carte que j'ai déposée dans la boîte aux lettres de l'école en demandant à l'association des parents d'élèves de la lui remettre (et j'espère que ça a été fait). J'ai essayé d'être le plus sincère possible, je lui ai écrit qu'elle allait manquer à beaucoup de personnes, que je lui souhaitais le meilleur dans sa nouvelle école et je lui disais de rester la belle personne, calme et solaire qu'elle était. J'ai repensé plusieurs fois à ce que j'avais écrit en me demandant si je ne m'étais pas un peu emballée en mode envolée lyrique. Avec moi, soit c'est du je m'en foutisme, soit c'est carrément la grande déclaration théâtrale, je ne sais pas faire les choses à moitié 😂 Mais je voulais tellement rattraper le "bon bah merci, bon après-midi !" du 17 juin que j'ai voulu l'effacer avec le plus de gentillesse possible, quitte à en faire trop. Bref, tant pis c'est fait.

 

Aujourd'hui nous sommes le 17 juin 2026 ; un an jour pour jour s'est écoulé depuis l'épisode de la barrière. Il s'en est passé des choses dans ma vie : j'ai coupé les ponts avec ma mère, j'ai quitté mon boulot, j'ai eu un autre crush +++ (une femme divorcée un peu plus âgée que moi, mais comme d'hab inaccessible, inutile que j'en parle, c'est grosso merdo la même impasse que Mlle D). Je me suis mise sérieusement à la musculation ; quand je réfléchis trop je vais soulever de la fonte et ça me fait du bien. J'essaie d'aller de l'avant, vraiment. J'essaie de ne pas ressasser le passé, la barrière, le pot de départ, la carte, Mlle D. et ma connerie. J'essaie de me dire que quand je rencontrerai la bonne personne ce sera simple, ce sera fluide, et pas à base de : "j'aurais dû dire ci, j'aurais dû faire ça". Mais tant que je ne l'ai pas trouvée, Mlle D. restera dans ma tête, et Mlle S. également, et Machine Inaccessible numéro 12, et blablabla.

 

Je m'auto-fatigue.

 

 

 

 

 

 

 

24 mai 2026

Défi 25 : pas encore le saut en parachute, mais...

 

MAIS j'ai testé pour vous la simulation de chute libre en soufflerie 😁

 

C'était vraiment cool, j'ai adoré. Pour ceux qui ne connaissent pas, il s'agit d'un tube avec un coussin d'air à plus de 200 km/h en-dessous de nous. La première session se déroule en deux vols de 2 minutes, on est un petit groupe de 5 personnes à passer à tour de rôle.

 

Première étape : le briefing vidéo qui montre en images comment cela va se passer, puis on enfile l'équipement (combinaison, charlotte, casque, lunettes, bouchons d'oreilles), le moniteur nous briefe avec un bonhomme en bois articulé pour expliquer la bonne position à adopter, les éventuels défauts qu'on peut avoir et leurs conséquences, (il m'a très bien cernée car il m'a dit : "bon toi tu as l'air d'avoir un gros cerveau donc tu essaies de te détendre hein !"), et puis go c'est parti !

 

Une fois en haut le moniteur fait lui-même un petit vol solo pour nous montrer concrètement ce que ça donne en vrai, et puis c'est enfin à nous. J'étais avec quatre autres personnes (que des mecs, deux adultes, un ado et un pré-ado). L'un des deux adultes a galéré comme jamais, je passais en dernier et j'avoue que ça m'a fait peur car je me suis dit que si lui galérait, moi j'allais carrément me donner en spectacle...

 

Alors concrètement, les premières secondes dans la soufflerie ça fait bizarre (j'ai cru que je n'allais jamais réussir à respirer), mais on s'habitue vite à ces conditions extrêmes. Le moniteur est toujours avec nous, il nous tient si besoin, nous fait monter, descendre etc. Il nous communique par gestes les consignes (moi c'était souvent "tends tes jambes !"). Une fois sortie du machin il m'a dit : "Bon Dawn Girl, comme je te disais, tu vois bien que tu ne peux pas tout contrôler. Détends tes bras !". Celui qui avait galéré m'a dit que j'avais super bien géré, ça m'a fait plaisir 😊.

 

A la fin des deux vols, l'un des mecs m'a dit qu'il avait sauté en parachute une fois et que c'était limite plus facile que ce qu'on venait de faire : "comme tu sautes en tandem, c'est l'instructeur qui donne l'impulsion pour sauter donc tu as juste à prendre la bonne position et lui fait tout le boulot, trouver l'équilibre, gérer le parachute etc".

 

Du coup, pour le jour où je me lancerai pour le saut en parachute, j'aurai moins peur 😉.

6 mai 2026

Fuck you I'm not rich (ou comment j'ai tout flambé... et je parle pas de crêpes)

 

 

Mes zamis, je suis officiellement ruinée... En l'espace de 6 mois à peine j'ai littéralement déglingué mon livret A : sur 8 ans d'économies il reste à peine 1500 €, et mon compte chèques est quasi continuellement dans le rouge. Et le pire, c'est que je culpabilise même pas... Je suis en mode YOLO, j'ai plus de mère, bientôt plus de boulot, je me suis battue contre des moulins à vent pour qu'au final ma harceleuse reste en place pendant que je vais pointer au chômage, je vais peut-être crever dans un crash d'avion au mois de mai, donc profitons de la vie et comme dirait l'autre, no money no problem. Allez on flambe !

 

Bon, je tiens quand même à tempérer : je ne suis pas une inconsciente. Je n'ai pas pris de crédit Cofimerde, Alice ne manque de rien et je ne joue pas au casino. En fait, des dépenses obligatoires se sont mêlées à des dépenses plaisir : au mois d'août j'ai pris un crédit pour acheter une nouvelle voiture (donc une échéance mensuelle qui tombe jusqu'en 2031), ensuite il y a eu les deux jours à Disney, puis le stage LSF, puis mon employeur a changé de cabinet comptable et donc adieu la subrogation : désormais c'est la CPAM qui m'indemnise en fractionné... Après il y a eu une journée à Paris, les gâteaux d'anniversaire personnalisés pour les anniversaires de B. et d'Alice, la Switch 2 (mais bon c'était ses 10 ans, il fallait marquer le coup), une expertise psychiatrique pour ma mère que j'ai payée, mon nouvel ordinateur portable (sachant que j'ai repoussé l'achat de quasiment 1 an), les frais d'avocat, les billets d'avion pour Nice... Bref tout tombe en même temps, je n'ai aucun regret mais je me demande bien ce qu'on va bouffer pendant notre séjour dans le sud, des clous ? 😂 Et encore j'ai été raisonnable, à la base je voulais aller voir un match au Vélodrome (il se trouve qu'il y a l'OM contre le Stade Rennais quand on y sera), mais bon non non ce sera pour une autre fois (et d'ailleurs on va à Marseille en Flix Bus car j'ai failli faire une descente d'organes en voyant les conditions de transport entre Marseille et Nice, j'avais l'impression de demander un Meaux - Moissy Cramayel). Idem pour mon cinquième tatouage : je vais devoir attendre. Par contre j'ai bien l'intention de partir une semaine cet été, tant pis si je dois faire le tapin pour payer.

 

Je termine mon contrat mi-juillet avec mon employeur, je vais toucher des indemnités (j'aurais pu avoir 3 fois plus en allant jusqu'aux prud'hommes, mais la procédure aurait été longuissime et je craignais qu'ils mettent la clé sous la porte avant de percevoir un seul centime, et donc devoir partir avec juste mes deux yeux pour pleurer). Avant de signer la rupture conventionnelle je me voyais déjà placer mon épargne pour un futur achat immobilier et/ou acheter une place de parking à Paris pour avoir une rente mensuelle, mais comme dirait mon grand-père j'ai compté les oeufs dans le cul de la poule, ça m'apprendra tiens. Je vais plutôt faire en sorte de trouver un job alimentaire pour ne pas toucher à cet argent que je mettrai sur un livret, en attendant de me former à la LSF et j'espère, bosser là-dedans. 

 

(bon en même temps si mon avion se crashe, adieu Berthe, je n'aurai plus à me soucier de tout ça).

 

(en vrai j'ai hâte d'y être)

 

PS : si je survis, je vous ferai un article sur Andrea Mara en rentrant ; j'ai dévoré ses bouquins sortis en français et sincèrement c'est une jolie découverte ! 

 

allez adieu.

10 avril 2026

Défi 19 : le tombeau volant (aaaaargh)

 

Le 13 mai prochain, je vais reprendre l'avion (je ne l'ai pas pris depuis 2014). En effet, je vais passer le long week-end de l'Ascension dans le sud de la France avec Alice. 

 

Alors j'aurais pu éviter de me faire du mal et y aller en train, mais le prix étant sensiblement le même pour 6 ou 7 heures de voyage et que j'ai vraiment la flemme de passer ma journée le cul posé dans un siège à devoir dire à ma fille "àquelleheureonarrive", j'ai opté pour le tombeau volant.

 

Le pire c'est que je vais devoir faire ma warrior et faire un grand sourire en cachant qu'à l'intérieur de moi c'est Beyrouth, car ce sera la première fois en avion pour Alice et il est hors de question que je lui refile mon stress. Et il y a de fortes chances pour qu'elle pleure en disant au revoir à son père (en décembre dernier quand on est allé à Disney, elle a pleuré avant de descendre sur le quai de la gare en disant : "tu vas me manquer papa". Donc voilà voilà interdit pour moi de flancher).

 

Franchement j'envie tellement les gens qui prennent l'avion comme ils prennent leur voiture. Comment ils font pour ne pas avoir peur ? Comment ils font pour être SÛRS qu'ils arriveront vivants à destination, que l'avion ne va pas se crasher ? Comment ils font pour ne même pas y penser ? Comment ils font pour profiter de leur séjour à 100 % sans être pollués par la perspective du vol retour ? 

 

En plus j'ai prévu d'emmener Alice en Irlande l'année prochaine donc il va bien falloir réussir à dominer cette foutue trouille de mourir.

 

Bref je ne manquerai pas de vous raconter comment ça s'est passé, si on a eu du soleil (là-dessus je n'ai aucun doute que oui, dans le sud il y a toujours du soleil). 

7 mars 2026

Défi 27 : publier un deuxième livre

 

Bah je ne pensais pas que ce serait aussi dur :p

 

Pour mon premier livre, comme je parlais de moi il suffisait que je me replonge dans mes souvenirs et les mots venaient tous seuls. Bien sûr j'ai fait 40 000 corrections, j'ai reformulé, supprimé les répétitions, soigné mes concordances de temps, mais c'était vraiment facile. J'ai livré mon histoire brute, sans aucun romançage, juste la vérité rien que la vérité.

 

Ce livre-là, c'est différent. Cela fait un moment que je veux écrire sur le harcèlement moral au travail, j'ai même un ancien collègue qui m'a dit vouloir préfacer mon livre si j'allais au bout du projet (bon, nos liens sont malheureusement en train de s'étioler donc pas sûr que ça se fasse). J'ai mis beaucoup de temps à commencer, car je ne savais pas par quel bout prendre le truc : raconter mes expériences pro en consacrant un chapitre à chaque harceleureuse ? J'ai commencé mais j'ai vite abandonné. Créer un personnage qui regrouperait à lui tout seul tous les connards et connasses qui m'ont harcelée IRL ? Franchement c'est humainement impossible :p 

 

J'avais donc mis le truc en stand by dans un coin de ma tête, et puis récemment, des petites bulles sont montées à la surface de mon cerveau : un prénom, un lieu, une introduction... J'ai donc pris la décision d'ouvrir un nouveau document vierge et de m'y mettre.

 

Sauf que la fiction, bah c'est dur... Mon premier chapitre est encore en chantier. Je n'arrête pas de buter sur mon histoire, je sais où je veux aller mais je ne sais pas comment y aller. Je n'arrive pas à me concentrer à 100 % sur cette tâche. Il y a sans doute un mix de raisons à cet état de fait : je suis TDAH, j'ai plein de parasites qui me pourrissent la tête (la procédure avec mon boulot, les zaventures pourries de ma chère mère...) Peut-être que l'environnement joue aussi : je n'ai pas de bureau à part mon lit et la table de la cuisine ; et quand Alice est là c'est juste impossible d'écrire quoi que ce soit, elle est hyper collante et c'est un vrai moulin à paroles... j'ai besoin d'être seule, et suuuuuurtout de CALME. 

 

J'ai bien pensé à emmener mon ordi dans un café, mais ça veut dire aller à Rennes et franchement ça me fait iech de dépenser de l'essence ou un ticket de bus pour aller je ne sais où, payer un chocolat chaud à 6 euros pour ne même pas être sûre de trouver un endroit qui me satisfasse. J'ai bien pensé à la bibliothèque des Champs Libres, mais je n'y ai jamais mis les pieds depuis qu'elle a été construite (honte à moi) donc je ne sais même pas s'il y a là-bas des tables où se poser avec son ordi, et s'il y en a, dans lequel des 12 000 étages elles se trouvent. Et j'oserai jamais demander.

 

Bref, je vais me contenter du champ derrière ma maison 😂

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