(exceptionnellement je publie le même billet sur mes deux blogs)

 

Avant d'avoir ma fille, j'imaginais que tout serait facile : un nouveau-né ça dort tout le temps, ça tète et ça fait caca. Fastoche !

 

FAUX. Un nouveau-né, ça dort bizarrement vu qu'il est nostalgique de ton utérus. Un nouveau-né, ça a des coliques. Il faut lui APPRENDRE à téter, à lui mettre la bouche correctement sur le sein et écouter s'il déglutit. Il faut lui faire accepter une tétine de biberon. Il faut le mettre dans son lit, même si ça te déchire le coeur, subir ses pleurs quotidiens parce qu'il n'a pas envie d'être dans son lit, supporter le sempiternel dilemme "laisser pleurer ou pas ?". Un nouveau-né, ça HURLE à cause des maux de ventre. Un nouveau-né, c'est un inconnu que tu viens de rencontrer (même s'il sort de ta chatte on est bien d'accord), et tu dois apprendre à le connaître ; et comme il ne sait pas parler, ben quand il a besoin de quelque chose il pleure. Et ta mission, si tu l'acceptes, c'est de DECRYPTER ses pleurs.

Et puis tu t'inquiètes de savoir pourquoi il pleure, pourquoi il ne fait pas de sieste, pourquoi il régurgite, pourquoi il fait caca, pourquoi il ne fait pas caca, si c'est normal que son cordon ombilical soit tout noir.

Le soir, tu passes discrètement la tête par l'entrebâillement de sa porte pour écouter s'il respire encore. Parce que tu as lu sur internet qu'il y avait environ 2000 bébés français par an qui meurent de la MSN (pas le tchat des années 90, mais la Mort Subite du Nourrisson).

 

Tu te lèves toutes les nuits, tu es naze, tu as les cheveux qui tombent et le périnée en vrac. Il te reste 15 kilos à perdre de ta grossesse et tu as envie d'en foutre une à Elodie Gossuin qui fait sa pub pour XL-S machin alors qu'elle a pondu DEUX fois des jumeaux et qu'elle est mince comme toi sur ta photo de classe de 3ème B.

 

Après, ton enfant grandit ; il te fait des sourires et tu lui fais des gouzi-gouzi. Tu le vois changer, grandir, se mettre assis puis debout, tu craques devant ses petits cheveux qui poussent ; tu commences à lui mettre des converse et à t'émerveiller devant ce mini humain que tu as réussi à faire avec ton petit vuvule (bon oui ya la petite graine de ton mec aussi). Tu trouves cela merveilleux de beauté et tu te dis que le miracle de la vie c'est quand même un truc de ouf.

Puis il passe des petits pots à la pizza, il mange tout seul des morceaux de viande avec sa petite fourchette. Tu lui ordonnes de ne pas GOBER la nourriture mais d'utiliser ces PUTAINS DE DENTS qui l'ont fait hurler de douleur quand elles ont poussé, sinon il va encore vomir l'intégralité de son repas sur le linoléum que tu viens de laver bordel (oui, un bébé ça vomit aussi).

Puis il approche des deux ans et là il commence à s'opposer ; quand il est frustré il tape par terre en hurlant et en poussant des cris bizarres. Une crise de nerfs ? Nope, une colère. Bienvenue dans le terrible two :-)

 

Se pose alors la question du deuxième enfant. Maintenant que le premier bébé n'en est plus un, pourquoi ne pas lui faire un petit frère ou une petite soeur ? Je pense que 90 % des couples ne se posent même pas la question, et youplaboum ils commencent les essais le soir-même.

 

Pas moi.

 

Déjà, il faut recommencer les 9 mois à vomir... Aller chez le médecin et avoir peur de vomir dans sa poubelle, aller faire les courses et avoir peur de vomir au rayon charcuterie (j'avais un sac à vomi dans mon sac à main NE RIEZ PAS), vomir sur la plage (si si je vous jure), vomir chez ta mère, vomir avant le déjeuner, après le dîner, juste avant d'accoucher... Les Aventures de Martine version gerbe.

Recommencer les 25 kilos in the butt (que j'ai toujours pas perdus d'ailleurs). Recommencer la chute de cheveux post-partum où tu as l'impression que tu vas devenir chauve tellement ça tombe. Recommencer la rééducation du périnée (en espérant ne pas tomber sur une ravie de la crèche cette fois. Putain je peux tellement pas voir son sourire de merde que j'ai envie de la frapper quand je la croise au supermarché). Recommencer la peur de la mort subite du nourrisson, les angoisses que ton troll hurle 5 minutes / 30 minutes / 1 heure / 6 heures après que tu l'aies posé dans son lit à barreaux (et même à 21 mois hein... à l'heure où j'écris ces lignes il est 10 heures et elle hurle dans son lit en refusant de dormir). Recommencer les coliques, les poussées dentaires, les colères... Recommencer les vaccins où tu as peur que la chair de ta chair fasse 40 de fièvre après l'injection, ait des convulsions et décède (et ce ne sont pas les conneries écrites sur les groupes anti-vaccins / healthy food / no poo / no bra / touffe pas épilée qui vont te rassurer).

 

Recommencer la galère sans nom de trouver un mode de garde. J'ai compris récemment que si tu ne réserves pas ta place 1 an avant avec ton test de grossesse à la main, c'est foutu. On a été refusé dans la crèche de la ville voisine parce qu'on n'habite pas dans ladite ville... Sauf que dans notre commune de résidence "on prend en priorité les frères et soeurs, et on vient d'apprendre plusieurs grossesses chez des mamans dont les enfants sont déjà ici". Quant aux assistantes maternelles, quand tu vas sur leur site officiel elles ont douze places de disponibles, mais quand tu leur téléphones elles sont complètes jusqu'en 2021. J'ai envoyé un sms à l'une d'entre elles (dont les infos ont soi-disant été mises à jour avant-hier), elle ne m'a jamais rappelée... J'hésite entre me fouetter avec un bouquet d'orties ou me taper la tête contre les murs <3

Puis je dois avouer que je ne suis pas fan des ass mat en fait, je préférerais une place en collectivité.

 

Au début j'étais catégorique ; la boutique était fermée, fini, plus d'enfant. Mais depuis quelques temps je me surprends à me dire "pourquoi pas, finalement". Et puis ma fille fait une colère, et je me dis "non, plus jamais". Et puis elle est mignonne quand elle regarde son livre de Babar et qu'elle fait un bisou en l'air quand je pars travailler, et je me dis "si si, j'en veux une autre !" Et puis elle refuse de faire la sieste. Et puis je caresse ses frisettes blondes. Et puis elle hurle parce qu'elle veut emmener Monsieur Patate au supermarché. Et puis j'ai envie de la manger. Et puis elle tape violemment sur la table basse. Et puis elle me fait un grand sourire. Et puis elle me fait la grimace. Et puis je me souviens à quel point j'ai mal vécu d'être fille unique... Même si c'est pas si mal que ça en fait. Et puis je me dis que mon homme a plus de 50 ans et que père âgé = davantage de risques de problèmes de santé chez l'enfant. C'est un fait, on ne peut pas le nier.

 

Comme vous voyez, je ne cesse de passer du "oui" au "non", puis du "non" au "oui". Je pense que ma fille aimerait plus tard avoir une petite soeur, mais d'un autre côté on est bien tous les trois. Peut-être que si elle a une soeur elles seront comme chien et chat et ne s'entendront pas du tout. Ou peut-être très proches. Alice est particulièrement colérique (et, je pense, difficile pour un premier enfant) ; je me dis qu'un autre sera forcément plus calme. Ou pas...

 

Détail qui a son importance quand même : mon chéri n'en veut pas. En grande partie, je crois, à cause du caractère très fort de notre princesse.

 

Pour finir, avoir un second enfant signifierait pour nous déménager (et trouver un logement social avec 3 chambres équivaut à peu près à chercher une assistante maternelle. Ou une licorne). On est bien dans le village où on habite, ça me ferait vraiment chier de partir.

 

En résumé : je ne suis clairement pas prête, et mon homme encore moins. Peut-être que nous le serons un jour...